‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 36 sur 199 · RER · texte numérisé non relu

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temps absente de St. Joseph, disait-elle, je ne me suis point trouvée aux instructions, j'ai perdu de mémoire ce que je dois savoir.” À chaque article que lui ex-. pliquait la bonne Mère qui lui fut donnée pour maîtresse: ‘ Voilà justement, disait-elle, ce qu’on m'avait enseigné, je n’ai point d'esprit, je ne saurais retenir ce qu’on me dit; en vérité, tu me fais plaisir, je te remercie. Ah! que j'étais affligée autrefois, ajoutait-elle, quand quelques uns de mes enfants venaient à mourir! Je ne trouvais point de consolation au monde ; mais depuis que je suis baptisée, je n’ai plus ces ennuis, car je dis en mon cœur: ‘ Dieu a de l'esprit, il est bien sage, il est bon, il sait tout ce qu’il fait, peut-être qu’il voit de loin que si mon enfant vivait plus longtemps, il ne croirait plus en lui et qu’il serait brûlé; voilà pourquoi il le prend de bonne heure, laissons-le donc faire, car mon enfant n’est pas mal d’être avec lui. Quand j'en vois mourir quelqu'un, je dis: “O Dieu! détermine de moi aussi si tu veux ; fais tout ce que tu voudras de mes enfants. Tu me veux peut-être éprouver, tu veux voir si je crois en toi; quand tu m'afiligeraïis cent fois davantage, j'y croirai toujours, je t’aimerai et t’obéirai toujours, je veux tout ce que tu veux: et puis, m'adressant à mon enfant, je lui dis: “Prends courage, va-t-en voir Dieu, et quand tu le verras dislui: ‘“ Ayez pitié de ma mère!”...........Prie-le pour moi afin que j’aille au ciel avec toi ; je prierai pour ton âme afin que tu ne sois pas longtemps en purgatuire.”

Sa maîtresse lui parlant un jour des indulgences qu'on pouvait gagner avec une médaille, elle s’écria avec autant de joie que si elle eut trouvé un trésor : “ Voilà la première fois que j'entends parler de cette doctrine; en vérité, ma mère, disait-elle, tu me fais plaisir, je te remercie; oh! ce que tu dis est bon! Je

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mien souviendrai tous les jours de ma vie, surtout quand je communierai.” Elle prit la médaille, qu’on lui donna, avec une vive reconnaissance, disant à la religieuse: “II ne se passera pas de jour que je ne prie Dieu qu’il te récompense de ia peine que tu as prise de m'’enseigner.” Ce n’est pas tout, ajoute le Rév. Père Vimont, plusieurs sauvages de l'Isle, de la nation d’Iroquets (dans les environs du lac Témiscaming) et d’autres endroits étant venus se camper assez près de Québec, allaient tous les jours dans la chapelle des Ursulines, où le Père de Quen leur faisait l’aumône spirituelle; on en a baptisé quelques uns dans cette petite église, aprés les avoir suffisamment instruits. Or, comme la misère accablait ce peuple, l'aumône spirituelle étant faite, suivait l’aumône corporelle ; les Mères au sortir du sermon donnaient à manger à quatre-vingts personnes, charité qu’elles ont continuée environ six semaines durant. Voici la reconnaissance de ce bienfaits; les femmes venaient encore en d’autres temps visiter les Mères Ursulines; elles entraient dans la classe des filles sauvages, où l’on ne cessait de leur apprendre à prier Dieu. Les hommes entraient au parloir pour le même sujet, leur ferveur payait et récompensait la bonté des Mères, et comme un bienfait dispose un bon cœur à en faire un autre, elles ne pouvaient renvoyer ces bonnes gens sans une seconde aumône. Quel moyen de voir de grands corps affamé: sans les secourir? Qui donne à Dieu doit ouvrir son cœur et ses mains pour recevoir ; il veut être le maître et avoir le dessus en tout. Qu'il soit béni dans le temps et dans l’éternité.”

Rare re : metre ns.

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