UN MOT SUR LES ÉLÈVES FRANÇAISES
Avant de parler plus longuement des séminaristes, disons un mot des élèves françaises qui étrennèrent le premier Monastère.
Laiïssons d’abord la parole À notre Vén. Mère de l’Incarnation. ‘ Voici, écrivait-elle à son fils, un honnête gentilhomme, lieutenant de M. le Gouverneur de la Nouvelle-France, et l’un de nos meilleurs amis. Il m'a promis de vous voir, car il tâche de m’obliger en tout ce qu’il peut. Sa maison, qui est près de la nôtre, est aussi réglée qu’une maison religieuse. Ses deux filles sont nos pensionnaires ; ce sont des jeunes demoiselles qui ont hérité de la vertu de leur bonne mèr?, qui est une des âmes les plus pures que j'aie jamais connues. Je vous dis tout ceci, mon très-cher fils, afin que vous honoriez M. de Repentigny, car c’est ainsi qu’il se nomme. Vous le prendriez pour un courtisan, mais sachez que c’est un homme d’une haute oraison et d’une vertu bien épurée. Il passe en France pour les affaires du pays. Vous voyez qu'il y a de‘bonnes âmes en Canada.”
Parmi les compagnes de classe des demoiselles de Repentigny, nous remarquons Mlle. Marie M. Hertel de Batiscan, Mlle. Jeanne Godefroy, qui fut depuis religieuse ici; Mlle. Geneviève Bourdon, aussi religieuse Ursuline et héritière du beau nom de St. Joseph; Marguerite Bourdon, qui, s'étant faite religieuse à l'Hôtel-Dieu, fut l’une des quatre Ilospitalières choi-
sies en 1693 par Mgr. de St. Valier pour la fondation : de l’Hôpital-Général de Québec; Marie Bourdon, qui se fit religieuse à l'Hôtel-Dieu vers l'année 1655, et qui y mourut saintement en 1660 ; enfin Anne Bourdon de Ste. Agnès, qui se consacra à l’œuvre de Ste. Angèle, et fut la sixième supérieure de ce Monastère. Mais revenons à nos séminaristes.