VISITE À SILLERY
Dès le lendemain de leur arrivée, les Hospitalières et les Ursulines furent menées à Sillery, pour y visiter D
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les familles Algonquines sédentaires, que les RR. PP Jésuites y avaient établies depuis environ deux ans. Ecoutons le récit que nous a laissé le R. P. Le Jeune, au sujet de cette première entrevue des religieuses avec leurs chers sauvages.
“ Le lendemain, on mena les religieuses à la résidence de Sillery, où se retirent les sauvages. Quand elles virent ces pauvres gens assemblés à la chapelle, faire leurs prières, et chanter les articles de notre EL croyance, elles avaient beau se cacher, leur joie se
trouvait trop resserrée daus leur cœur, les larmes leur coulaient des yeux. Au sortir de là, elles visitent les familles arrêtées et les cabanes voisines. Mme. de la Peltrie, qui conduisait la bande, ne rencontrait petite fille sauvage qu’elle n’embrassât et ne baisât, avec des signes d'amour si doux et si forts, que ces pauvres barbares en restaient d'autant plus étonnés et plus édifiés, qu’ils sont froids en leurs rencontres; toutes ces bonnes religieuses en faisaient autant, sans prendre garde si ces | petits enfants étaient sales ou non, ni sans demander ei c'était la coutume du pays.
‘ On fait mettre la main à l’œuvre aux Pères nou- | vellement arrivés; on leur fuit baptiser quelques sau- | vages. Mme. de la Peltrie est déja marraine de plusieurs.
‘ Ces visites passées, les Hospitalières et les Ursusulines se séparent après s'être mutuellement embrassées. On dresse des autels dans leurs maisons pour y dire la sainte messe, et ces bonnes religieuses se renferment dans leur clôture pour commencer les exercices de leurs instituts respectifs.” (1)
Aussitôt, les RR. Pères donnèrent à Mme. de la Peltrie
(1) Relation de 1639,
pour ses Ursulines, six filles sauvages dont ils avaient commencé l'instruction; on leur amena en outre toutes les filles tant françaises que sauvages qui se purent rencontrer ; ‘si bien que les voilà déjà dans l’exercice de leur institut, dit le R. P. Le Jeune; et si jamais elles ont une maison bien capable, et bien de quoi nourrir les enfants sauvages, elles en auront peut-être jusqu'à se lasser. Dieu veuille que les grands frais ne retardent pas leur dessein.”