DE LA MÈRE MARIE DE ST. JOSEPH
A f ANS les routes ordinaires de la vie > È DS chrétienne, c’est une bien triste chose SS
LS que de faire un dernier adieu, et de rendre les devoirs suprêmes à une | personne qu'on aime et qu'on révère.
Au sein même de la vie religieuse, les âmes les plus pieuses ont souvent ps) peine à se rassurer en présence du grand mystère de la prédestination ! Comment MAT done expliquer cette joie toute céleste, f cet “ avant-goût du paradis” qui se répandit dans le Monastère au jour mémorable de la mort de notre bien-aimée Mère St. Joseph ?...... C’est qu'il plut au Seigneur de faire luire au milieu des ombres de la mort, un rayon de son ineffable béatitude, et que ce Dieu de majesté, dont la vue est inaccessible aux yeux des mortels, daigna faire sentir sa présence au milieu de ses servantes, lorsqu'il se pencha vers la terre pour recevoir dans son sein cette âme prédestinée, ‘ Dieu nous fit sentir un petit échantillon de sa gloire par une onction intérieure si douce et si savoureuse, qu’elle remplit nos cœurs de joie. Il n’y eut pas une de nous qui ne ressentit l'efficacité d’une grâce très-présente et comme une certitude que nous avions une nouvelle avocate dans le ciel.” (1) Voyons comment cette ‘“ vierge appelée à suivre l'Agneau partout où il va,” a su parcourir la “ voie étroite,” sans jamais se lasser ni perdre un seul instant de vue le terme où elle aspirait, et pour cela repassons ensemble les principaux traits de la vie de la Mère St. Joseph.
(1) Lettres spirituelles.
Naissance et prentiers instincts D'une enfant de Marie.
Mademoiselle Marie de la Troche naquit au château de St. Germain en Anjou, le 7 septembre 1616. Elle eut pour père, M. J. de la Troche, seigneur de St, Germain et de Savonnières, et pour mère, Mme. Jeanne Raoul, dont la famille tenait aussi le premier rang parmi la noblesse du pays. Tous deux se faisaient gloire de donner à leurs enfants l'exemple le plus parfait des vertus chrétiennes; mais Mme. de la Troche surtout était par sa piété l'ange gardien de sa famille, Au moment de la naissance de cette enfant, que Dieu destinait à de si grandes choses, cette pieuse mère l'offrit à la Ste. Vierge, et lui fit donner au baptême le nom de Marie ; bientôt ; on eut lieu de s’apercevoir que la Mère de Dieu l'avait en effet adoptée pour sa fille.
Suivons attentivement cette enfant de bénédiction dès les premiers pas qu’elle fit au sortir du berceau, et voyons jusqu’à quel point elle fut douée de cette vertu si délicate et si exquise que l’on nomme ‘ pureté de cœur.” Toute jeune encore, il semble qu’elle eût reçu du Saint-Esprit l'intelligence de ces paroles du divin Maître: ‘“ Bienheureux les cœurs purs car ils verront Dieu;” de là cette horreur pour les caresses qu’il est pourtant si naturel de prodiguer à l'enfance toujours disposée à y répondre. Nous pouvons en juger par le trait suivant. A l’âge de dix-huit mois, un des domestiques de son père eut ordre de la porter au jardin où l'attendaient ses parents : chemin faisant, il embrasse la jolie enfant; mais la petite Marie éclate en sanglots et quelque effort que l'on fit pour la consoler, elle fut au désole pour le reste du jour. A mesure qu'elle avançait en âge ce sentiment se fortifiait au fond de son cœur et il est beau de voir comme “l'Enfant de Marie ” se défendait À l’âge de quatre ans contre les caresses.
Un gentilhomme fort intime dans la famille, voulant s'amuser un peu à ses dépens, la saisit entre ses bras pour l’embrasser, mais cette enfant prévenue de la grâce, bien loin de répondre à ce témoignage d'amitié, lui donna au visage un tel soufflet de toute la force de ses deux petites mains, qu'il ne fut plus tenté de l'atta-
quer de nouveau, Témoin de ces saillies si peu ordinaires à l’en-
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