‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 78 sur 199 · GENEVIEVE OU LA PAUVRE VEUVE · texte numérisé non relu

GENEVIEVE OU LA PAUVRE VEUVE

‘“ Entre les séminaristes que nous avons eues cette année en notre séminaire, dit encore la Mère de l’Incarnation, (1) il y a une bonne veuve assez âgée, nommée Geneviève, Algonquine de nation ; laquelle sachant bien que nous n’en recevions »°7 de son âge, nous fit prier par le Révérand Père qui gouverne ies so mien de l’admettre par charité. Depuis vingt-trois ans q: i sommes en ce pays, je n’ai point encore vu de sauvage au ivente que cette bonne femme. Geneviève nous suivait tout le jour aux observances du chœur où elle récitait des chapelets à diverses intentions et entr’autres pour le salut des Algonquins. Lorsqu'elle en avait dit plusieurs, elle faisait des oraisons jaculatoires sur son chapelet, et ne se lassait point de prier Dieu, non plus que de s’instruire sur les mystères de notre sainte foi. Geneviève nous racontait souvent ses aventures ; voici ses propres paroles : “ J'ai fort souvent expérimenté, disait-elle, le secours de Dieu dans la ferme créance que j'ai en lui ; il m'a gardée partout. Voyageant de notre pays (aux environs du lac Nipissing) pour venir en ces lieux, nous fimes rencontre des Iroquois. Saisie de terreur, je me jetai contre terre. Ouaboukina, mon père, avait une grande frayeur, et notre troupe épouvantée fuyait ça et là dans les bois. Je disais à mon père : ‘“ Prends courage, Ouaboukina, sois ferme, crois en Celui qui a tout fait ! Il nous sauvera | Il nous gardera de tous nos ennemis |” “Sans cesse, dit-elle, je l'exhortais, pendant que les balles et les fusillades siffaient de tout

(1) Relation de 1664,

he at a

2 08 ÉD ir Li 4 an a MAR

RE le

DT D has rs ARS

Page 1