ÉLOGD DES SAUVAGES PAR LA MÈRE DE L’INCARNATION
Pour nous former une idée du bien qui se faisait et des progrès étonnants des élèves sauvages, il suffit de lire quelques passages des lettres dc la Vén. Mère de l’Incarnation, en date du mois de septembre 1641.
“ Il faut que je vous parle non de la barbarie de nos sauvages, car il n’y en a plus dans cette nouvelle Eglise, mais on y voit un esprit tout nouveau qui porte je ne sais quoi de divin... Nous avons des dévots et des dévotes sauvages comme vous en avez de polis en France: il y a cependant cette différence qu’ils ne sont pas si subtils et si raffinés que les vôtres, mais ils sont dans une candeur d'enfance, qui fait voir que ce sont des âmes lavées et régénérées dans le sang de Jésus-
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Christ. Quand j'entends parler le bon Charles Montagnais, Michel et Tek8erimat, je ne quitterais pas la place pour entendre le premier prédicateur de l’Europe |... Il y a quelque temps Michel me disait: “Je ne vis plus pour des bêtes, moi, comme je vivais autrefois, ni pour des robes de castor. Je vis et je suis pour Dieu. Quand je vais à la chasse, moi, je lui dis: Grand Capitaine Jésus, détermine de moi; encore que tu arrêtes les bêtes, et qu’elles ne paraissent pas devant moi, j'espèrerai toujours en toi! Situ veux que je meure de faim, j’en suis content.”
Dans cette même lettre, faisant allusion aux travaux de ses religieuses, la Mère de l’Incarnation ujoute: La Relation de 1641 vous en dira quelque chose, mais, sans mentir, si elle disait tout on ne le croirait pas... Que pensez-vous que mon cœur dise de tous ces progrès ?...... Pensez-vous qu'il ne chérisse pas les petits travaux du Canada ?.... Quand j'étudie les langues, et que je vois que cette étude est pénible à la nature, j'y trouve des douceurs si divines ensuite de ces pensées, qu’elle enlève mon esprit plus que ne font les plus sublimes lectures.”