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Les annales de ces ferventes Hospitalières nous apprennent qu'ayant perdu la généreuse donation: de Mme. de Bullion, (vingt-deux mille livres) ainsi que les secours abondants que leur avait obtenus Mlle. Mance, elles subirent pendant près de trente ans toutes les incommodités qui se rattachent à la plus rigoureuse pauvreté. Logées dans une chétive petite maison où elles n'étaient à l'abri ni des vents ni de la neige, souvent à leur réveil, elle trouvaient une couche de neige sur leurs couvertures de lit. Bien d’autres épreuves leur furent dans la suite ménagées par le ciel ; mais leur constance (1) fut toujours la même, et leur dévouement brille encore de nos jours du plus bel éclat, comme au temps de notre Mère de l’Incarnation, qui parle beaucoup dans ses lettres de leur grande vertu et édification.
(1) Nous trouvons dans nos annales lors du troisième incendie de l'Hôtel-Dieu de Montréal en 1734. tt Pour témoigner à nos chères Sœurs la part que nous prenions à leur malheur, notre Communauté leur a envoyé cent livres en espèce, et du linge, de l’étoffe, de la vaisselle et autres choses nécessaires à la vie pour la valeur d’environ quatre cents livres.” ‘ Notre volonté, ajoute le récit, eût été de leur donner bien davantage.”
On voit par là que le temps n’a jamais pu refroidir l’amitié qui s'étair établie entre les deux Communautés.
C’est à la suite de cet accident lamentable que les Hospitalières de Montréal se réfugièrent dans une habitation pauvre et incommode située auprès de la chapelle de Bon-Secours, qui, en peu de temps, servit de tombeau à plusieurs d’entre elles. Onze périrent victimes de leur charité dans une maladie épidémique. Parmi ces généreuses Sœurs se trouvaient quelques unes de nos anciennes élèves, entr’autres la Sr. Elisabeth du Gué, qui avait été au pensionnat en 1694, avec Miles. Hélène-Marguerite de Hautmesnil et Marguerite Trottier.
Nos Mères paraissent avoir eu bonne main pour former, non-seulement des Religieuses Institutrices, mais encore des Hospitalières, Par les documents du temps, nous voyons avec beaucoup de consola. tion, que notre pensionnat a fourni presque toutes les premières Hospitalières de Québec et de Montréal.
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