‹ Les Ursulines de Québec [microforme]Chapitre 109 sur 156 · AFFILIATION DES URSULINES DE QUÉBEC AUX URSULINES DK PARIS · texte numérisé non relu

AFFILIATION DES URSULINES DE QUÉBEC AUX URSULINES DK PARIS

Nos lectrices se rappellent que nous avons déjà parlé

‘des ‘ Constitutions,” ce code de lois particulières ou

“ Évangile expliqué ” qui régit tout ordre religieux, et elles se demandent peut-être si ces constitutions primitives, faites pour les circonstances où se trouvait alors le pays, sont encore en vigueur au Monastère. La question donne presque la réponse. En effet, dans l'espace de quarante anus, le pays avait bien changé, il u’offrait plus un sigrand coutraste avec l'Europe, et une bonne partie des règlements concernant l'instruction des filles et des femmes sauvages, cessaient d'être né-

cessaires. Plutôt que de mutiler ces Constitutions composées par le R. P. Jérôme Lalemant, il fut résolu par les autorités ecclésiastiques, d'accord avec celles du Monastère, que l'on adopterait en tout, à Québec, les Constitutions du grand Couvent de Paris, auquel notre Monastère s’affiliait par cet acte.

Ces Constitutions de Paris, imprimées pour la première fois en 1623, différaient peu au reste de celles que l’on observait, les Ursulines de Québec en ‘ayant déjà pris, par l'acte d'union de 1641, ce qui concernait le vœu d'enseignement ; les différences les plus saillantes se trou’ ‘aient dans ‘ l’ordre du jour” et la forme d'habit.

Voici ce que dit le Récit à l'occasion de ce nouvel ordre de choses: ‘ Au commencement de mars 1681, Mgr. Frs. de Laval, premier Évêque de Québec, commença sa visite en notre maison, et après avoir parlé à toutes les sœurs, il en fit la conclusion le 17 du même mois, ordonnant à la Communauté de laisser les Constitutions particulières que l’on avait composées pour cette maison, après son établissement, pour prendre les,Constitutions ét Règlements de la Congrég. tion de Paris, nous uuissant à la dite Congrégation. Nous avons commencé lo 20 mars à suivre l’ordre du jour tel qu'il est marqué dans les Constitutions ; le 25 du même mois, nous primes la coiffure et la ceinture de cuir; pour le reste de l’habit, les cottes et les manteaux, ne se trouvant pas d'étoffes convenables, il fallut attendre qu'il en vint de France, et l’on en demanda cette année.”

Plus tard l'acte d'acceptation fut signé par tout le chapitre, c’est-à-dire par toutes les religieuses de chœur ayant un éértain nombre d'années de profession, et qui avec la supérieure ont la direction des affaires.

HISTOIRE DU MONASTARE, 351

Le tout avait été ratifié par les Ureulines de Paris.

Voici l’acte d'acceptation de nos Religieuses,

“ Nous soussignées, Supérieure et Religieuses Vocales du Monastère de Sainte-Ursule de Québec en la Nouvelle-France, avons accepté et acceptons de grande affection, toutes unanimement et d'un commun con:sentement, les Constitutions, Règlements, Directoires et Cérémoniaux, l’habit et autres coutumes de la Congrégation des Révérendes Mères Ursulines de Paris, situées au faubourg S. Jacques de la dite ville, pour les garder le plus exactement et religieusement qu'il nous sera possible, moyennant la grâce de Dieu, suivant l'ordre que nous en avons reçu de Mgr. l’Illustrissime et Révérendissime François de Laval, Évêque de Québec, en la visite qu’il a faite en ce Monastère le 18 mars l'an mil six cent quatre-vingt-un. En foi de

quoi nous avons signé ce préseut acte le 11 novembre,

1682. Sr Marie de Jésus, Sup, Sr. M. de S. Athanase, Assist, elc.

A l’époque où nous écrivons (1878), les Ursulines de Québec observent encore à peu près intactes les Règles et Constitutions des Ursulines de Paris : de temps en temps, de loin en ioin, il y a eu certaines modifications apportées à quelques ponts, surtout depuis 1830, suivant les besoins du pays, et les devoirs nouveaux que semblait demander la société,

Ce pouvoir de se prêter aux exigences des temps et des circonstances, est un des traits caractéristiques de l'Ordre de Sainte-Ursule, destiné à ‘renouveler sa jeunesse comme l'aigle”: le testament même de la bienheureuse fondatrice sainte Angèle y a pourvu, « Je désire, dit-elle, que vous demeuriez inviolablement attachées à ce que la grâce de Dieu m'a inspiré de vous prescrire, particulièrement à tous les points de la règle.

11 pourra survenir des femps et des circonstances qui exigeront quelques changements. N'en opérez aucun si ce n’est d'après de sages conseils et une mûre délibération.”

$8.—LE SÉMINAIRE SAUVAGE ; SÉMINARISTES DU COMTE DE FRONTENAO ÉT AUTRES.

Nous avons rendu compte du séminaire sauvage jusqu’à l'époque de la mort de la Vén. Mère, qui eut la consolation de bénir une “belle troupe” de ces pauvres enfants; nous mentionnerons les entrées des élèves les plus remarquables à partir de cette époque jusqu’à l'incendie. Nous ne savons si nos bonnes Mères avaient le don des langues, mais nos lectrices seront sans doute étonnées comme nous, de les voir enseigner nos saints mystères à des enfants de cinq nations différentes.

Dès son arrivée en 1672, le Comte de Frontenac s'était appliqué à gagner la confiance des sauvages par des actes de conciliation et de générosité. Un moyen entre autres qui lui réussit parfaitement, fut celui d'adopter, comme on disait alors, les petites filles des chefs sauvages, et de pourvoir à leur éducation, C’est ainsi qu'au retour d’un de ses premiers voyages à Catarak8i (avjourd'hui Kingston), il amena à Québec trois petites [roquoises qu’il piaça dans notre séminaire.

“ Le 8 août 1674. dit notre registre, le R. P. Chaumonot vint avec M. le Chasseur, Officier de l'Etat-Major du Comte de Frontenac, et accompagné de plusieurs sauvages, nous amener trois petites Iroquoises, Marie Ursule, Marie-Françoise et Marie-Madeleine, pour être instruites au séminaire.

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“ L'année suivante, au mois de juillet, le Gouverneur devant faire le voyage de Catarak8i, emmena avec lui ces trois petites Iroquoises pour voir leurs parents ; à son retour au mois de septembre, ces enfants sont revenues avec lui; elles furent ramenées au séminaire dimanche au soir par le Capitaine des Gardes, et passèrent encore une année dans notre séminaire.

“ En 1675, le Comte de Frontenac plaça au séminaire, Barbe Corlar et Cecile-Agnès Aochiati, Iroquoises, ainsi que Barbe et Michelle, Algonquines, filles de Jean-Baptiste, Capitaine des Sauvages de Tadoussac.

“ Au mois de juin 1676, deux jeunes filles de la nation des Esquimaux sont entrées au séminaire. Elles se nomment Térèse-Benedic et Martine,” La tribu à laquelle appartenaient ces élèves, habitait les environs du détroit de Belle-Isle, et leur famille était fort considérée des missionnaires et des Français, tant pour la bravoure du chef que pour la bonne conduite de tous ses membres,

“ Le 26 mai 1683, dit notre Récit, le R. P. Jacques Bigot S. J. qui a soin de la mission des Abénaquis, a mis en notre séminaire deux petites Abénaquises ; l’une s'appelle Denise, l’autre Théodosie.

“ Le 27 juillet de la même année, le même R, P. J. Bigot nous a amené deux autres Abénaquises ; l’une se nomme Geneviève, l’autre Charlotte,

Le 15 janvier 1684, le R P. J. Bigot S. J. nous a amené la petite Anne-Térèse. Le 19 dun même mois, il nous a amené Agnès 8esk8es, abénaquise de nation.

Quelque temps après leur première communion, ces dernières élèves, déjà en état d'instruire et d’édifier leurs compatriotes, s’en retournèrent chez leurs parents, qui demeuraient à la mission de Bécancour.

Plusieurs de ces petites. filles sont restées un temps considérable au Monastère : ‘ Le 15 juillet 1682, dit le Récit, Marie Durant.est sortie du séminaire, après. 14 yavoir été nourrie et entretenue environ dix.ans. La ‘114 petite Barbe, Iroquoise d'Agnié, est venue au séminaire le 7 janvier 1677, et.elle est sortie ponr retourner chez, ses parents, retirés À l’Ancienne Lorette, le 8 mai 1683.”

Dans le recensement du Canada fait on 1681 par M. du Chesnau, Intendant, on, ne, voit que neuf séminaristes, tandis que nos registres en donnent douze. C'était toujours très-peu en comparaison, du passé, PE ï notre Vén. Mère en ayant laissé cinquante au sémi- HE. naire, neuf ans auparavant. Les Intendants qui succédèrent à M. Talon travaillèrent à détourner les (1 sanvages de se fixer, à Québec, et parmi eux M. de

4 Meulles se montra des plus animés. Au reste, vers 1683, les débris de la nation huronne s'étaient retirés He | à Lorette sous la direction du R. P. Chaumonot ; les RUE Algonquins de Sillery se concentraient au Saguenay,

41 et les Montagnais s'étaient fixés dans les îles du Grolfe S: Laurent, Restaient les Iroquois chrétiens dont l’affluence devait naturellement se porter vers Montréal.

Cependant, sous la longue administration du Comte de Frontenac, nos Mères eurent toujours au pensionnat de petites Iroquoises, adoptées et protégées par lui, ainsi que d’autres petites filles sauvages; mais comme nous l'avons dit, le nombre en était considérablement diminué.

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