‹ Les Ursulines de Québec [microforme]Chapitre 111 sur 156 · ROLE ALORS | US · texte numérisé non relu

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naire, elle fut attaquée d’une plaie dangereuse à ls jambe, et nos bonnes Mères voulant hâter son rétablissement, la placèrent à l'Hôtel-Dien, où des opératiovs faites par les plus babiles chirurgiens secondés par les soins tendres des Mères Hospitalières, lui sauvèrent la vie. Rentrée au séminaire, Marie-Anne parut souffrir des suites de sa maladie. On l'envoie à Lorette, mais bientôt elle revient, craignant de se dissiper au village, et de perdre ainsi s8 vocation. Ces alternatives de santé et de maladie se répétèrent pendant trois ans; notre petite postulante revenait chaque année expérent toujours pouvoir se consacrer au service de Dieu dans la “grande maison de Jésus.” En 1677, elle sortit définitivement du séminaire, et continua à servir Dieu avec ferveur au milieu de sa vertueuse famille, où elle mourut jeune encore, parée de tous les attraits de l'innocence et de la vertu. « 510.—LE8 DEUX LOUISE.

“ Le 6 PE de cette année 1688, dit le Récit, décéda à notre pensionnat une petite Iroquoise nommée Louise, Elle n'était âgée que de 6 à 7 ans. Son père était un Français troquoisé, c'est à dire qu'il avait été pris encore enfant par les lroquois et avait été élevé parmi eux, en sorte qu'il ne se souvenait plus de ses parents.

“ Les RR. Pères Jésuites ayant établi nne fort belle mission à la Prairie, où les Iroquois chrétiens, ahandonnant lenr pays, venaient vivre proche des Français, afin d’avoir des missionnaires et yaquer Jibre- ” ment aux exercices de la Religion, () celui-ci y vint,

(!) Les fervents néophytes le cette miesion établie par Jes RR. PP. Jésuites sur la fin du dix-septième siècle, firent revivre an milieu des

déserts qui couvraient alors la frontière eud du Canada, ler prodiges de piété qu’ou avait autrefois adwirés à Sillery, près de Québec.

HISTOIRE DÜ MONASTÈRE. 359 Ayant 6té reconnu par ses parents, (Nosse Mézeray), il nous donna sa petite fille, afin qu’elle fût élevée à la française. Maïs Notre-Seigneur la voulant pour le ciel, la retira de ce monde peu après son baptéme.”

La petite Louise fit paraître dans ses derniers moments, ce désir ardent de voir Dicu qui est ici-bas le gage de la béatitude. Placée dans l’infirmerie des religieuses, cette petite fille de la forêt se montrait extrémement reconnaie:ante des soins dont elle était l'objet. Quand ses souffrances redoublaïent elle disait à l’infirmière : ‘* Mère, donne-moi de l’eau sainte et aidte:moi à faire le signe dé Jésus!” Souvent les religieuses lui disaient agréablement : ‘ Louise, prieras-tu pour nous quand tu seras avec le bon Jésus ?—Mère, répondaitelle avec vivacité, tiens voilà ce que je ferai pour toi :” alors, joignant les mains et lévant les yeux au ciel, cette aimable enfant récitait dans la langue iroquoisé, une petite prière, pour prouver aux religieuses qu’ellé ne les oublierait pas auprès de Dieu. ‘“ Nous avions envie, ajoute le Récit, d’enterrer ce petit ange dans: notre avant-chœur, mais les messieurs du séminniré qui desservent la cure la voulurent enterrer dans leur cimetière, ce qu'ils firent fort honorablement. De notre part, nous lui fimes faire une bière, et nous l’exposâmes dans notre église couverte d’une belle tavaiolle, uné’couronne de fleurs sur la tête. Le clergé vint ia prendre là pour la porter à la cathédrale.”

Notre Récit note dans les termes suivants la sairite mort d'une autre enfant des bois que la grâce avait régénérée pour le ciel. “ Il mourut envore cette année, 1683, à l'Hôtel-Dieu' de cette ville, une jeune fille sauvage qui avait été élevée chez nous ; elle se nommait Louise Tek8erimat, et était petite-fille du grand Tek8e-

rimat, capitaine des Sauvages de Si'lery (1), Eile a fort édifié, pendant sa maladie, les personnes-qui l'ont visitée ou assistée. lle était Agée de 15 à 16 ans, et il y avait déjà quelque temps qu'elle avait quitté le séminaire pour retourner avec ses parents. La maladie les ayant obligés de la mettre à l'Hôtel-Dien pour la faire traiter, elle y est morte très-chrétiennement.”

$11.— AGNÈS 8esk8ks.

Le trait suivant a quelqne chose de particulièrement touchant. Agnès 8esk8es, abénaquise de nation, avait été autrefois séminariste, Le désir de revoir “la grande maison de Jésus, et les filles- vierges,” la poursuit sans cesse ; elle presse ses parents de l’amener à Québec. Ils cèdent enfin et la voilà accueillielavec joie par ses anciennes Mères. ‘“ Etant entrée, dit le Récit, elle sappliqua tout d’abord, avec un soin extrême à se disposer à une confession générale, qu’elle fit dans de grands sentiments de contrition. Le jour de l’Annonciation de la sainte Vierge, elle communia avec une piété extraordinaire.” Que s’était-il passé dans cette intime union de son âme avec son Sauveur et son Dieu? Avait-elle demandé de re plus sortir de la maison des Vierges ?......“ Ce jour même, dit le Récit, elle fut frappée de sa maladie mortelle, reçut avec la plus grande ferveur les derniers sacrements, et s’en alla avec joie à son Dieu, dans les premiers jours d'avril de cette année 1686.

(4 Ce grand chef des Algonquins de Sillery, fut un des premiers sauvages convertis par R. Père Le Jeune, et un der plus beaux types de la nature sauvage ennoblie et sanctifiée par la religion de Jésus-Christ. La Mère de ?’Incarnation l’appelle du nom de Nuël Negabamat; il était du nombre de ‘ces capitaines généreux et vaillants, qui s'agenonillaient devant elle comme des enfants, afin d’apprendre à prier.” 1 LE

r# L'ayant ensevelie à la française, nous l'exposämes dans notre église extérieure, où ses parents, qui avaient été avertis, passèrent toute une matinée à prier près de son corps. Le clergé vint la chercher pour la porter à la cathédrale, et de là au cimetière, Nos séminaristes suivirent en procession leur chère compagne, quatre d’entre elles portant les coins du poële blanc qui couvrait le corps, et toutes des flambeaux ardents. Ces honneurs rendus à notre chère Agnès, remplirent de joie et de consolation ces pauvres sauvages, et les confirmèrent grandement dans leur attachement à notre sainte foi.”

Vers le même temps (1580), la célèbre vierge Iroquoise, Catherine Tegahkouïta, mourut en odeur de sainteté, au Sault S. Louis.

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