‹ Les Ursulines de Québec [microforme]Chapitre 120 sur 156 · MOTIFS DE CONFIANCE · texte numérisé non relu

MOTIFS DE CONFIANCE

Tout concourait à répandre un baume consolateur dans l’âme des Ursulines, qui purent dès lors entrevoir que Dieu leur rendrait ce qu’il venait de leur enlever.

“ Notre charitable Pasteur non content de ce qu'il avait déjà fait pour nous, nous donna trois mille francs en aumôune, et son exemple anima tous Jes autres à nous secourir. Le jour de notre incendie, il avait luimême prêché à la Cathédrale exhortant le peuple à nous venir en aide ; et comme il devait prochaine. ment partir pour la France, il adressa à tous les curés une circulaire (*) dans les termes les plus tendres et

(1) ‘Jean-Baptiste de Saint-Valier, nommé à l’Evêché de Québec..... A tous ceux et celles qui ces présentes lettres verront, galut en NotreSeigneur.

‘Si l'amour que les Pasteurs doivent à leurs ouailles les oblige à leur procurer dans leurs besoins les soulagements et les assistances qui peuvent dépendre d’eux, il faut avouer que parmi celles-là les âmes consacrées à Dieu par les vœux de la religion, exigent de leur charité des secours d'autant plus abondants qu'elles leur doivent être plus chères, étant comme elles sont, au sentiment des Saints Pères, l’une des plvs illustres portions du troupeau de Jésus-Christ, et entre

les plus forts pour exciter leurs paroissiens à nous faire du bien.

Plus tard, nous reçumes sur le pays la somme de 10,000 francs, tant en argent qu’en bons effets.

“ M. le Marquis de Denonville notre Gouverneur et Mme. la Marquise sa femme, se portèrent avec un grand zèle à uous assister ; outre leur première offrande de mille livres, argent de France, Mme. de Denonville voulut bien prendre la peine de faire pour nous une quête par la ville, allant elle-même de porte en porte, et se faisant un plaisir de nous remettre journellement les offrandes qu’elle avait recueillies.

toutes l’on peut dire que celles qui par leur profession sont dévouées au service du prochain doivent tenir le premier rang.

4 Ces raisons jointes aux grandes obligations que les habitants de la Nouvelle France ont aux religieuses Ursulines, qui se sont employées depuis tant d'années avec beaucoup de zèle et de succès à l'instruction et l'éducation des jeunes filles du pays, nous obligent à vous exhorter et vous conjurer de tout notre cœur, de porter vos paroissiens par tout ce qu’il y a de plus saint, de plus touchant, à leur rendre toutes les assistances que demande la nécessité pressante où l'incendie de leur église et de leurs bâtiments, arrivé depuis peu de jours, les a réduites.

‘6 Ce triste accident qui a effrayé tous ceux qui en ont été spectateurs, et dans lequel tout le Canada 8e trouve intéressé, est une exhortation assez touchante pour exciter toutes les personnes charitables ét reconnaissantes à faire aux dites religieuses, tous les biens qui dépendront de leurs moyens.

{4 C'est pourquoi je n'ajouterai rien davantage à cette lettre, dont vous ne manquerez pas de faire publiquement la lecture à vos paroissiens, me persuadant que votre zèle et leur bonne volonté, suppléeront abondamment au défaut de nos paroles,

Je supplie la divine bonté de vous remplir et eux aussi de ses plus grandes bénédictions.”

(Signé) Jean, Evêque de Québec.

le n-

HISTOIRE DÜ MONASTÈRE. 403

“ Les Messieurs du Séminaire se portèrent pareil:

lement avec affection à soulager notre détresse. Ils nous assurèrent les messes gratis et la remise des di:-

mes pendant trois ans, ayant aussi agréé que leur

donnée Mme. Drouart blanchît gratuitement une année entière tout notre menu linge. Ils nous donnèrent de plus vingt minots de blé.

“ M. l’Intendant et plusieurs autres amis, marchands et bourgvois, nous ont aussi aidées avec beaucoup de charité, plusieurs nous donnant de 150 à 500 Ibs.

“ Les MM. de Saint-Sulpice (*) nous ont fait tenir 250 Ibs., les Mères Hospitalières de Montréal, 200 Ibs., M. Le Ber, 500 1bs, MM. de Coulonge, de Comporté, Hazeur et de la Chesnaye, de 150 à 300 Ibs., etc.”

“ Nos Révérends Pères, anciens et véritables amis, nous ont secourues de toutes les manières les plus obligeantes du monde, pourvoyant à tous nos besoins en bons et véritables pères. Dieu seul connaît toutes nos obligations à leur égard et la reconnaissance de nos cœurs. Notez que depuis l'an 1639, les Révérends Pères ont toujours fait nos affaires de France gratis; ils nous ont dit la messe plus de trente ans, fourni de confesseurs et de prédicateurs, et tout cela gratis et par une pure charité. Le lendemain de ce second incendie, le R. P. Dablon, pour lors Recteur du Collége, nous envoya mille francs en argent, nous

(1) C’est en 1657 que messieurs Gabriel de Quélus, abbé de Loc- Dieu, docteur en théologie, Souart, bachelier en droit sanon, Galinier et d’Allet, de la maison de Saint-Sulpice à Paris, vinrent s'établir là où est actuellement la ville de Montréal. En 1677, ils fondèrent leur séminaire dans le but de former les jeunes lévites destinés au sanctuaire, et cet établissement est maintenant un des plus florissants de l'Amérique du Nord; il en est ainsi du collége qu’ils ouvrirent peu après la cession du Canada.

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témoignant le regret qu'il avait de ne pouvoir faire plus. Les Révérends Pères nous fournirent bien, outre cet argent, la valeur de cinq ou six cents livres en bons effets et autres commodités.

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