INTRODUCTION, XXV
Veuve à ving-deux ans, et sans enfants, elle ne pensa plus qu'à se consacrer aux œuvres pieuses, Sa position élevée lui facihita les moyens d'aborder les plus hauts personnages. Non crédit auprès de Henri IV était puissant, et plus d'une fois elle ent le conrage de lui donner d'utiles avis, avec cette hardiesse qui ne peut déplaire aux esprits droits, parce qu'elle est le cachet du zèle et de la vérité, M, Sainte Foi va uous le dire : “ C'est bon à vous autres, lui disait un jour le roi, de ressentir les tendresses de la dévotion: car vous avez été nourries dès le berceau dans la religion catholique, Mais moi, qui suis un guerrier élevé dans la licence des camps et du calvinisme, et instrait depuis peu, comment voulez-vous que Jjaie de si grands senti ments de piété ?=Nire, [ui répondit-elle judiciensement, si Votre Majesté n’a pas la tendresse de la dévotion, elle peut en avoir la force; c'est en eile que consiste la vraie dévotion, et Vous'n’en aurez que plus de mérite,” Eclairée par Dieu et ses directeurs, aidée aussi par sa cousine, Mme, Acarie, qui établit les Carmélites à Paris, Mme. de Nainte-Benve foudu, au faubourg St. Jacques, le premier Monastère d'Ursulines pour l'éducation solde et toute catholique des
jeunes filles, et elle leur procura les premières élèves,
“ On serait embarrassé pour faire un choix parmi les pieuses fondatrices de l'Ordre, tant la vie de chacune est une reproduction exacte des conseils évangéliques, Ce qui saisit surtout le lecteur, c’est l'économie providentielle des moyens dont Dieu use pour perfectionner les âmes qu'il se choisit.
“ En étudiant une société religieuse, nous découvrons les convenances et la force invincible qui conduisent dans chaque ordre et communanté, ceux qui doivent en comprendre l'esprit et en goûter les règles,