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mention dans un écrit dun temps. Cette attention du Chevalier de Montmagny, prouva aux religieuses,
gienses Ursulines et de la dite Dame de la Peltrie, laquelle, mue du zële de la gloire de Dieu de la conversion des âmes infidèles, est venue exprès en ce pays, pour ÿ fouder de ses biens, la dite maison et couvent; et pour ces fins et causes, nous avons reçu avec contentement les dites Révérendes Mères de l'Incarnation, de St, Joseph et de Ste. Croix et Ja Dame de la Peltrie,
« Et pur ces présentes, consentons de notre pouvoir et autorité qu'elles s'établissent en ce pays de la Nouvelle-France, pour y garder et observer leurs règles et institut religieux et vaquer à l'éducation des petites filles, tant des Français que des Sauvages : et pour cet effet, leur avons départ et distribué six arpents ou environ de terre en uature de bois en l'étendue de la ville de Québec, et soixante arpents où environ de terre aussi en nature de bois situés dans la banlieue de la dite ville; pour icelles terres faire défricher, taut pour y bâtir et élever leur dite maison et convent, que pour semer des grains pour leur eutretennement.
‘ Déclarons en outre, avoir êté requis par les dites Révérendes Mères Religieuses Ursulines et la dite Dame de la Peltrie de faire signer au présent acte, le Révérend Père Barthélemi Vimont, qui les a accompagnées en la traversée, À présent Supérieur de la Mission de la Compagnie de Jésus, qui seuls se retrouvent d'.uclésiastiques en ce pays, et pareillement le Révérend Père Paul le Jeune qui l'a précédé en la dite charge. Ce qu'avons fait, et les dits Révérends Pères nous assurant de la vertu et courage des dites Révérendes Mères Religieuses Ursulines et de la dite Dame de la Peitrie, et du zèle qu’elles ont pour instruire la jeunesse, tant Française que Sauvage, à la piété et aux bonnes mœurs, ont avec nous signé le présent acte, Fait au Fort St. Louis de Québec, ce vingt-huitième de septembre mil six cent trente-neuf. ?!
(Signé) , C. H. De Monrmaaxy,
B. Vimonr, Pauz Le Jeunr,
Sr, Marie De L'INCARNATION, Supre.
Sr. Cécire pe Srx. Croix, Asste.,
Sr. MaRie De ST. Josepu, Mapzzxinwe De CHauviany,
MarTiaz Prranve, Sectre. ??
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Ilospitalières et Ursulines, que non-seulement on les attendait avec empressement, mais aussi qu’elles seraient reçues avec honneur.
Ce fut donc le 1er août 1639, que l’on vit s'approcher de nos rives cette sainte troupe si longtemps désirée, et c'était au son des canons, des fifres et des tambours, que ce petit renfort prenait possession du poste que le Seigneur leur avait assigné sur les bords du St. Laurent. Grande fut la joie dans toute la colonie, au rapport du R. P. Le Jeune, témoin oculaire de ce qu’il raconse dans la Relation de cette année-là...
et le brave Charles Huault de Montmagny, dit-il, se transporta au bord de l’eau avec tous les militaires et tout le peuple de Québec, qui, en ce moment, fend l'air de ses acclamations redoublées.” “ Sortant du vaisseau, cette sainte troupe, dit le vieux Récit, se jette à deux genoux, bénissant le Dieu du Ciel, et baisant la terre de leur chère patrie. Tout le monde regardait ce spectacle en silence, On voyait sortir d’une prison flottante ces vierges consacrées à Dieu, aussi fraîches et vermeilles que lorsqu'elles partirent de leurs maisous; tout l'Océan avec ses flots et ses tempêtes n'ayant pu altérer leur santé n1 ieur ardeur.”
Les kReligieuses, accompagnées des militaires et des officiers civils, des citoyens ainsi que des sauvages, se rendirent à la chapelle de Notre-Dame de la Recouvrance (?), bâtie près du fort St. Louis par Champlain en 1633. Lu, le Te Deum, entonné parle R,. P. Le Jeune, fut poursuivi par toutes les voix de Ja foule, tandis que le canon du fort annonçait au loin le joyeux événement, Après le divin Sacrifice, le Gouverneur, suivi de tout ce cortége, mena Îles religieuses
(1) Cette chapelle était sur l'emplacement ou dans le voisinage im-
médiat de la cathédrale anglicane actuelle.—L'Abbé Ferland,
au château St. Louis, où elles reçurent les compliments de tout ce qu’il y avait alors de plus distingué dans le pays. M. de Montmagny invita nos religieuses à prendre à sa table leur premier repas sur le sol canadien. Ensuite on les conduisit avec la même pompe aux habitations séparées qui leur avaient été destinées: les Hospitalières à une maison de la Haute- Ville, appartenant aux Cent-Associés ; et les Ursulines à une toute petite habitation, espèce de magasin, alors la propriété du sieur Juchereau des Châtelets, située au pied du sentier de la montagne, non loin du lieu où fut depuis bâtie l’église de la Basse-Ville. On dit que le Gouverneur leur envoya leur premier souper : quant à leur lit, il fnt simplement formé de branches de sapin ; car le gros du bagage ayant été laissé à Tadoussac et les menus effets n'étant pas encore débarqués, las Ursulines se trouvèrent sans lit, ni meubles, ni provisions, Il y avait de quoi faire songer un peu à la patrie que l'on venait de quitter pour toujours. Ce ne fut pourtant là que le prélude de la vie de sacrifices que menèrent nos vénérables Mères, au sein de cette colonie naissante.
Arrêtons-nous ici un instant pour considérer quel était alors l’état de la colonie, et quelles ressources offrait le Canada à celles qui s’exilaient ainsi de leur beau pays de France,
Champlain était mort quatre ans auparavant, et le pieux fondateur avait laissé sa patrie adoptive bien faible encore dans ses moyens de défense, quoiqu'elle eût fait sous son administration des progrès étonnants, La population française de Québec et des lieux voisins n'était que de deux cent cinquante personnes au plus; dans les environs, au nord du St. Laurent, erraient quelques centaines de sauvages
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Algonquins, dont un bon nombre étaient établis à Sillery. La pêche, à la vérité, était très abondante ; mais on devait compter peu sur les produits de la terre, même dans les environs de Québec, ou sur la chasse dans la forêt: les dangers que couraient les colons étaient tels que personne n'’osait s'éloigner des petits forts, bâtis çà et là, Alors, et durant de nombreuses années subséquentes, la colonie ne put subsister que moyennant les provisions de bouche et les effets apportés de France.
$2.—-visiTe À SILLERY.
Dès le lendemain de leur arrivée, les Hospitalières et les Ursulines furent menées à Sillery, pour y visiter les familles Algonquines sédentaires, que les RR. PP. Jésuites y avaient établies depuis environ deux ans. Écoutons le récit que nous à laissé le KR. P. Le Jeune, au sujet de cette première entrevue des religieuses avec leurs chers sauvages,
“ Le lendemain, on mena les religieuses à la résidence de Sillery, où se retirent les sauvages. Quand elles virent ces panvres gens assemblés à la chapelle, faire leurs prières, et chanter les articles de notre croyance, elles avaient beau se cacher, leur joie se trouvait trop resserrée dans leur cœur, les larmes leur coulaient des yeux. Au sortir de là, elles visitent les familles arrêtées et les cabanes voisines. Mme. de la Peltrie, qui conduisait la bande, ne rencontrait petite fille sauvage qu’elle n'embrassât et ne baisàt, avec des signes d'amour si doux et si forts, que ces pauvres barbares en restaient d'autant plus étonnés et plus édifiés, qu'ils sont froids en leurs rencontres ; toutes ces bonnes religieuses en faisaient autant, sans prendre
garde si ces petits enfants étaient sales ou non, nisans demander si c'était la coutume du pays,
“ On fait mettre la main à l’œuvre aux Pères nouvellement arrivés ; on leur fait baptiser quelques sauvages. Mme, de la Peltrie est déjà marraine de plusieurs,
“ Ces visites passées, les Iospitalières et les Ursulines se séparent après s'être mutuellement embrassées, On dresse des auteis dans leurs maisons pour y dire la sainte messe, et ces bonnes religienses se renferment dans leur clôture pour commencer les exercices de leurs instituts respectifs.” (*)
Aussitôt, les RR. Pères donnèrent à Mme. de la Peltrie pour ses Ursulines, six filles sauvages dont ils avaient commencé l'instruction ; on leur amena en outre toutes les filles tant françaises que sauvages qui se purent rencontrer ; “si bien que les voilà dans l'exercice de leur institut, dit le KR. P. Le Jeune; et si jamais elles ont une maison bien capable, et bien de quoi nourrir les enfants sauvages, elles en auront peut-être jusqu’à se lasser. Dieu veuille que les grands frais ne retardent pas leur dessein.”