STE, CLAIRE
Les Ursulines de France n’oubliaient pas leurs
pauvres sœurs de Québec : celles de Paris surtout déb
siraient vivement partager leurs souffrances et leurs travaux, Grâce aux instances de leur généreuse supérieure, la Rév. Mère Ste. Madeleine, née Béron, Mgr. l’Archevêque de Paris se laissa enfin persuader, et donna la permission si longtemps désirée, pour le départ de deux Religieuses. Ce fut le 7 juillet 1640, que ces deux courageuses Ursulines arrivèrent à Québec. Elles étaient accompagnées de deux Hospitalières pour l'Hôtel Dieu, la Mère Jeanne Nupli de Ste, Marie, et la Sœur Catherine Vironceau de St, Nicolas, Ces quatre jeunes religieuses avaient été confiées aux soins du Rév. Père René Menard, S. d,, et l’on voit, par la lettre charmante (') que ce pieux missionnaire écrivit, à son arrivée sur nos plages, à la Rév. Mère Supérieure des Ursulines de Paris, combien les saints savent se rendre aimables, lorsqu'il s'agit de J'intérêt des âmes et de la gloire de Dieu,
Nos bonnes Mères de Paris se montrèrent en cette occasion vraiment nobles et généreuses, défrayant tontes les dépenses de ce long voyage, et donnant outre les hardes, les meubles, etc. cinquante écus de rente viagère. Les deux jeunes missionnaires qui se donnaient ainsi à nos vénérables fondatrices, étaient la Mère Marguerite de Flécelles de St, Athanase, et la Mère Anne le Bugle de Ste Claire, La première de ces bonnes mères succèda en 1645, à la Vén. Mère de l’Incarnation dans la charge de Supérieure, et, par son administratio: judicieuse et sage, elle répondit # pleinement à la confiance de la Communauté. Elle fut i.. toujours, dans ces temps difficiles, un vrai trésor, nonseulement par ses vertus religieuses, mais aussi par la bonté de son cœur et par les ressources de sa haute intelligence. ‘Toute la noble famille de Flécelles con-
€) Voir les Chroniques de l'Ordre de Ste. Ursule.
courut à la prospérité de notre Monastère, comme nous le verrous plus tard, Eu tout et partout, la Mère Murguerite de Fléceiles de St, Athanase fut le modèle et la consolation de ses sœurs, les assistant de tout son pouvoir et les servant dans leurs maladies avec une tendresse incroyable.
La Mére Anne de Ste, Claire, compagne de la Mère St Athanase, rendit aussi de grands services à notre maison, surtout durant les longues années qu'elle fut dépositaire, Que de fois elle se trouva sensiblement secourue par la douce et bonne Providence ! Souvent elle se vit entourée de troupes affamées de sauvages qui, n'osant aller à la pêche ou à la chasse par la crainte qu'ils avaient de leurs ennemis, venaient avec une conliance inépuisable à leurs bonnes amies, les Ursulines, qui tenaient marmite au feu tant qu'il y avait quelque chose à y mettre, Parfois, à la vérité, les provisions étaient rares dans le magasin des pauvres religieuses, Sans se déconcerter, la pieuse et bonne dépositaire livrait à ‘ses chers sauvages ?” tout ce qu'elle avait, puis s'en allait se prosterner devant l’autel, demandant humblement à Dieu le pain de chaque jour pour la Communauté ; et lorsqu'on s'y attendait le moins, les provisions arrivaient en abondance, Nous donnons 1e1 à nos lectrices la seule lettre manuscrite qui nous reste de la Mère Ste, Claire ; sans s'en douter elle s’est peinte dans ces lignes telle que ses sœurs
connue.
ère Ste, Olaire à une de ses sœurs Ursulines de Puris ; elle ine les détails de son voyage, de sa réception à Québec, etc.