SANTE RS
chacun ou à peu près était dans la gêne, ne restant en (anada que par piété et par zèle du bien, Il y eut des traits de dévouement freppants. En 1646, par exemple, lorsque les Religieuses se trouvaient absolument sans argent, même pour payer un domestique, “ le frère Jacques, dit le Récit, vint de France et se donna à la maison pour faire le jardin, où il a beaucoup travaillé pour le défricher et le mettre en état de servir.” “ Le 16 décembre de cette année 1647, dit encore le Récit, le sieur Pierre Moreau, maçon, s'est donné à la communauté nour la servir en ses besoins. Il était venu travailler jour nous dès l’année 1641, n'étant alors âgé que de 24 ans. Après avoir travaillé six ans à gage, 1l s’est remis de tout à la maison ; nous abandonnant la somme de 190 Ibs. que nous lui devions et dont il eut pu disposer autrement.”
Enfin, après sept années d’eflorts et de patience, le Monastère était terminé. (C'était heureux, car cette même année 1648 la misère fut telle en Normandie, que les Ursulines de Québec durent accorder une grande réduction, dans les rentes de France provenant des biens-fonds donnés par Mme. de la Peltrie, s’occasionnant par là une nouvelle gène.
Le Monastère avait coûté plus de 50,000 livres,
$1l.—PREMIÈRES CONSTITUTIOSS,
Comme la Vén. Mère de l'Incarnation dut se réjouir et remercier la divine Providence d’avoir enfin terminé ce Monastère des Ursulines de Québec ; mais combien plus son cœur dut-1l tressaillir d’allégresse, lorsque en cette même année elle voyait aussi s'élever d'une manière solide et durable l'édifice spirituel, si nécessaire à
l'œuvre qu'.!le était venue fonder de ce côté de l'Atlantique !
Nous avons dit que dans l’antomne de 1641, les principes de l’union des Ursulines de Québec avaient été reconnus en France et en Canada par les parties intéressées. Ce quiconcernait le chant, le jeûne du samedi, un règlement propre pour le jour, étaient aussi admis par les Religieuses de Québec: mais les Constitutions, ces lois si nécessaires à la stabilité de toute Congrégation ou Ordre religieux, étaient encore à faire; et elles devaient être faites d’après les besoins du pays où l'on était. Voilà la grande dificulté, qui ne fut résolue qu'en 1647 par le R. P.J. Lalemant.
À plusieurs reprises, la Vén. Mère de l'Incarnation, par lettres écrites en France, avait essayé de faire parvenir jusqu'à Rome l’objet de ses demandes ; mais on comprit que Rome ne donnerait pas de Bulle d’érection pour les Ursulines de Québec, vu qu'il n’y avait pas d'Evèque en Canada. En 1645, les UÜrsulines de Québec résolurent d'écrire à la reine régente de France, Anne d'Autriche se montra favorable, et daigna répondre aux religieuses de notre Monastère par l'intermédiaire de la comtesse de Brienne ; les troubles politiques empêchèrent néanmoins l'effet de ja bienveillance royale.
De nouveau, pendant l’année 1645, on avait cru voir la fin des incertitudes par l’arrivée prochaine de M. Gauffre comme évêque, en Canada ; mais ce digne ecclésiastique, qui avait donné précédemment trente mille livres pour fonder un évèché dans ja Nouvelle- France, mourut subitement, pendant la retraite qu'il faisait pour connaître la volonté de Dieu.
À ë w JE à 24:
E À L'* M NS EL nt ht # 2 Y 4 À.
| ki | {
Enfin, “l'an: 1647, dit le Vieux Récit, le dernier jour de juillet, les Constitutions particulières de cette communauté, par le R,. P. J. Lalemant, Jésuite, (*) furent reçues du Chapitre.”
En 1648, le Vén. Mère de l'Incarnation écrivait à son fils. À Paris: “ Il faut que vous sachiez que, quelque faveur que nous ayons pu avoir du côté de la Cour, on ne nous a point voulu donner de Buile à Rome qu'il n’y ait un Evêque. Ce refus nous a obligées de prendre d’autres mesures et de consulter les Docteurs sur les Bulles de nos Congrégations. Ils les ont trouvées bonnes, et ont jugé qu’elles se pouvaient légitimement étendre jusqu'ici, avec les assurances et les approbations des Prélats qui nous y ont envoyées. Ainsi, sans autre nouvelle Bulle de Rome, nous pouvous recevoir des novices, faire des professes, et accomplir toutes les fonctions de notre institut, de la même manière que si nous étions en France. Nous sommes déjà dans l'exercice de cette résolution, car nous aurons avec le secours de la grâce deux professes, le jour de Présentation de la sainte Vierge.
En 1647, comme il s'élevait des contestations en certains lieux, le R. P. Vimont, de l’avis des Révérends Pères de Québec, était passé en France pour différentes affaires de juridiction, De France il avait consulté Rome au sujet de nos affaires, et, de l’avis des Révérends Pères de Paris, il s'était fait nommer
(1) Le Récit dit ‘qu’en reconnaissance de cette grâce et des autres reçues de saint Ignace par ses enfants, la communauté continue de solenniser sa fête avec les cérémonies de seconde classe.” Cette fête datait de l’arrivée des Ursulines ; elle fut supprimée en même temps que celle du 2i novembre.
pour plus de sûreté Grand Vicaire (!) de Mgr. l’Archevêque de Rouen l'Ancien, Le journal des Jésuites dit: “ On ne jugea pas toutefois à propos de faire éclater beaucoup cette affaire au dehors”
Telle fut la sollicitude de la Mère de l’Incarnation à l'égard de l'édifice spirituel de:sa communauté ; elle avait su intéresser à l'œuvre tous ceux qui pouvaient en assurer le succès.