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UN MOT SUR LES RELATIONS

En voyant le succèsréel et constant de ces premières institutrices des sauvages du Canada,on s'étonne peutêtre qu'il n’en soit dit que peu de chose, en certaines

années, dans les Relations. Voici en quels termes la LA judiciense et charitable Mère de l’Incarnation rend He compte de cette lacune : “ Lorsqu'on envoie les exemplaires d'ici, dit-elle, l’on en retranche en France beaucoup de choses. Madame la duchesse de Sennesay m'en manda, l’année dernière, le déplaisir qu'elle en avait,” Nos Mères, en effet, écrivaient tous les ans des mémoires dont on retrouve encore les restes précieux dans quelques-unes des Relations. Mais lorsque M. Cramoisy, libraire de Paris et imprimeur, recevait ces écrits des RR. PP. Jésuites, il en retranchait souvent les plus belles pages. Au reste, si nous voulons connaître le sentiment de la Vén. Mère de l'Incarnation à ce sujet, écoutons ce qui suit: “ Je vous envoie, écritelle au R, P. Vimont, quelques détails pour satisfaire à l'obéissance. J'ai eu de la difficulté à m'y résoudre, parce que si on voulait dire tout ce qui peut donner de l'édification dans nos filles sauvages, ce ne serait jamais fait. Vous connaissez d’ailleurs le gros du séminaire et combien il y entre de filles, tant passagères que sédentaires, Vous savez, dis-je, mieux que moi, si Dieu peut être glorifié dans les petits services que lui rendent ses servantes, en la personne des pauvres petites filles sauvages, Je sens bien que nous ne sommes nullement satisfaites de tout ce que nous faisons, n'étant que des personnes inutiles, moi trés-particulièrement, comme vous le sarez bien. C’est ce qui me faisait souhaiter que vous ne fissiez aucune mention de nous ; suffit que Dieu, qui est notre père, sache avec quel amour nous servons nos néophytes. C’est assez que Lui seul connaisse ce qui se passe en cette petite maison, sans qu'il soit produit aux yeux des hommes.

Nous sommes trop heureuses que nos fatigues se passent à la vue de notre Maître, qui est si bon qu'il nous fait espérer le pardon de toutes nos fautes.”

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