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et plusieurs en ont été fort malades. Pour nous, il nous mena dans l'équipage où nous étions dans sa maison, et nous mit dans la salle où l’on parle aux séculiers, On nous donna en chemin, par aumône, deux ou trois paires de chausses pour quelques unes de celles qui étaient nu-pieds. Mme. notre Fondatrice était du nombre ; et pour le reste, elle a perdu aussi bien que nous tout ce qu'elle avait en Canada. Le KR, Père donna des chaussures à tontes celies qui n’en avaient point : car de nous toutes, il n'y en avait que trois qui en eussent, parce qu'elles s'étaient ainsi couchées le soir pour mieux résister au froid
“ Les Rév. Mères de l'Hôpital, ayant appris que nous étions chez les KR. R. Pères, et que l’on nous voulait mener au Fort, nous envoyèrent quérir pour nous loger en leur maison, et le R. Pere Supérieur, jugeant que cette retraite serait plus convenable aux personnes de notre condition, nous y mena lui-même. Ces bonnes Mères, avec qui nous avons toujours été unies trèsétroitement, étaient plus sensibiement touchées de l’état où nous étions, que nous-mêmes. Elles nous revêtirent de leurs habits gris, et nous fournirent de linge et de toutes nos autres nécessités, à quinze que nous étions, avec une cordialité admirable, car n'ayant rien nous avions besoin de tout.
“ Le lendemain de notre incendie, le KR. P. Supérieur accompagné de M. le Gouverneur, nous mena voir cette pitoyable masure, ou plutôt cette effroyable fournaise, de laquelle on n'’osait encore approcher. Toutes les cheminées étaient tombées, les murs de refend abattus, et les principales murailles toutes crevassées et calcinées, jusque dans les fondements.”
Le R. P. Ragueneau, rendant compte de ce désastre
dans la Relation de 1651, s'exprime ainsi: “ Ce fut beaucoup pour elles qu’elles eussent pu se tirer du milieu des flammes pour se jeter au milieu des neiges. La charité de quelques-unes de ces méres vraiment tendres fut plus active que le feu, C'était un plaisir digne des yeux des anges de les voir traverser les flammes portant dans lenrs bras ces petites innocentes pour les mettre en lieu de sûreté ; et retonrner incontinent au milieu du péril, sans cr:inte d'y être brûlées, Elles voyaient tout se réduire en cendres bénissant Dieu de ce que le feu accomplissait ainsi sa volont Elles se mirent à genoux tout au milieu de la neige, et firent une offrandie à Notre-Seigneur avec un œil si plein de joie et un cœur si paisible, que les Français et les Sauvages qui étaient accourns de toutes parts, ne pouvaient contenir leurs larmes, Les uns étaient touchés de compassion pour celles qui ne pleuraient pas leur propre malheur; les autres pleuraient de joie de voir que Dien avait d' servanies si vertueuses et si détachées d'ellesmêmes pour n+ vouloir que ce qu'il voulait.”
Telle était, en effet la disposition le ces ferventes religieuses, de notre admirable Mère en particulier, “Mon âne, dit-elle, n'eut jamais une plus grande paix qu’en cette occasion ; je ne ressentis pas un mouvement de peine, ni de tristesse, ni d'ingrietude ; mais je me sentais intimement unie à l'esprit et à la main de Celui qui permettait et opérait en nous c: tte Circoncision. J'avais cette pensée que nes sœurs et moi, nous devions prendre cette perte universelle de notre Monastère et de tout ce qui était dedans, dans l'esprit des Saints, ayant une vue intérieure de ceux tant du vieux que du nouveau Testament, qui ayant
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l'esprit d: componction s'accusaient eux-mêmes, et supportaient les peines temporelles que Dieu leur envoyait, en le bénissant et chantant ses louanges.”