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chera plus ‘“ Celui qui a tout fait,” et que c'est dun fond de son cœur qu’elle vent se faire chrétienne. Elle salue sa lille adoptive Marie, ainsi que toutes les Mères. Et inoi j'ajoute, qu’elles prient Dieu pour son entière conversion, “ Votre très-humble serviteur en “ Notre-Seigneur, ‘ ECHON.
(C'est Le nom que les Iroquois donnaient au Père ©.)
“ Rév. Mère de l’Incarnation, “ Ursulines de Québec.”
En l'année 1656, il y eut une telle affluence de séminaristes sauvages que la maison ne se trouva pas assez grande pour les loger, ‘“ Au commencement de février, dit le vieux Récit, sont entrées en notre séminaire six filles Huronnes. En même temps y sont entrées six filles Algonquines...... En ce même mois de février et an mois suivant sont entrées nombre d’autres séminaristes Algonquines.”
}'est une vérité publique que depuis notre rétablissement après l'incendie, écrivait la Vén, Mère, le séminaire sauvage est sensiblement augmenté. Le nombre de nos filles s’est tellement accruet nous avons été si surchargées, que j'ai été contrainte à mon grand regret d'enrefuser nlusieurs, qui s’en allèrent les larmes aux yeux tandis que je pleurais dans le cœur ('). Je vous assure que sans un miracle nous ne pourrions subsister. Cela est vu et connu de tout le monde; il est encore plus vu et connu de Dieu ; il nous assistera par les voies qu’il plaira à la Providence d'ordonner ”
Cependant le travail de nos Mères devait s’accroître encore,
(1) Les Religieuses instruisaient dans les parloirs ces pauvres enfants qu’elles se trouvaient ainsi dans l'impossibilité de recevoir,
$3.—CLAsse SPÉCIALE DE HuRoNNES À L'ExTernatT—Lr PAIN 8E MULTIPLIE ENTRE LES MAINS DE LA VÉN, Mère — DÉSORDRES CAUSÉS PAR LE£& BOISSONS ENIVRANTES.
‘ Ce fut cette année 1662, aussi bien que dans les précédentes et encore dans les suivantes, dit le Récit, que les Hurons étant tous rassemblés dans un fort, qu'on leur avait fait bâtir dans la ville entre la cathédrale et le château S. Louis, pour les garantir desincur: sions des Iroquois, leurs filles au nombre de soixantedix à quatre-vingts venaient tous les jours en classe comme nos élèves externes. Après leur avoir fait dire leurs prières, chanter des cantiques, répéter le catéchisme et fait l’instruction ou l'explication de la doctrine chrétienne, on leur distribuait à manger de la sagamilé. Chacune apportait son “ouragan ” (1) et sa cuillère, et ces enfants après avoir rendu grâces à Dieu, s’en retournaient en leurs cabanes, emportant à leurs parents les restes de Jeur repas.”
Nos lectrices ne se demandent-elles pas ici si les ressources des Ursulines avaient augmenté, pour sufire à ce surcroît de dépense, après les pertes excessives qu'elles avaient subies. La Compagnie de la Nouvelle- France ou des Cent-Associés avait fait à la vérité des concessions de terre (?) assez considérables, mais le gouvernement français avait rarement alloué annuellement plus de 800 1bs. en argent. Les sommes reçues (*) des communautés et personnes pieuses de France, de 1652 à 1672, montent à 19,520 Ibs., c'est-à-dire en moy-
(2) Espèce d’assiette faite d'écorce de bouleau.
(?) La compagnie des Cent-Associés, qui avait le droit de distribuer les terres du pays en fiefs et seignearies, administra les affaires de la colonie de 1627 à 1663, époque où le Roi établit un gouvernement sous son contrôle direct.
(8 Voir Liste des Bienfaiteurs à la fin du Vol.
enne, mille livres par année, On recevait aussi différents effets en aumône; mais qu'était-ce en face des besoins incessants, surtout si l’on considère que ces aumôues devaients’étendre non-senlementaux sauvages, mais aux filles françaises des familles pauvres (et presque toutes l’étaient plus on moins à cette époque), auxquelles an tenait à inculquer an moins les principes des vertus chrétiennes, “et qui coûtaient sans comparaison plus à nourrir et à entretenir que les sauvagesses, ” disait la Vén, Mère.
La bonne Providence continua sans doute la merveille que les religieuses remarquèrent (*) pour la première fois à l’époque de la dispersion de la nation Huronne, lorsque ces malheureux étaient par centaines à la charge des trois communautés de Québec ; c’est à dire que le pain se multipliait entre les mains de la Vén, Mère Marie de l’Incarnation à mesure qu'elle le distribuait. ‘“ Elle s'en apercevait bien elle-même,” ajoute D. Claude Martin, d’après le témoignage des religieuses, “aussi disait-elle par fois en coupant ce pain : Je pense que Dieu le fait multiplier en faveur de ces pauvres gens, et pour les tirer de la nécessité.”
Mais revenons à nos petites Huronnes externes, Dans les beaux temps, c'était sous des toits d’écorce dans le voisinage du vieux Frêne, que se faisait cette classe spéciale, Ces enfants donnèrent d’abord beaucoup de consolation, mais la passion des boissons enivrantes continuant ses ravages, elles ne se ressentirent que trop des vices de leurs parents, Les Religieuses leur ayant représenté les suites de leur mauvaise conduite, toutes les coupables disparurent, ‘“ Le naturel des sauvages est comme cela, dit la Vén. Mère: ils font ce qu’ils voient faire aux sutres en ma- (1) Vie de la Vén. Mère par D. C. Martin.
tière de mœurs, à moins qu'ils ne soient bien affermis dans la morale chrétienne.” Les marques sensibles de la colère de Dieu, dans les épouvantables calamités des années qui suivirent, ramenèrent ces pauvres gens à la raison et aux pratiques de la foi, À part cette défection momentanée (') parmi les filles sauvages externes, qui se trouraient sous le contrôle immédiat de leurs parents, tout allait bien au séminaire,
$3.—TRAITS ÉDIFIANTS DES SÉMINARISTES—MANXGUERITE HABENHONTONA.
Nos séminaristes sédentaires nous donnent tous les contentements possibles; écrit la Vén. Mère, L'une d'elles me disait il y a quelque temps: “ Je parle souvent à Dieu dans mon cœur, je prends grand plaisir à nommer Jésus et Marie. Ah ! que ce sont de beaux noms !”....., Un jour, plusieurs d’entre elles se demandaient les unes aux autres quelie était la chose pour laquelle elles pensaient avoir le plus d'obligation à Dieu, L'une dit: “ C’est parce qu'il s'est fait homme pour moi, et qu’il a enduré la mort pour me délivrer de l'enfer ;” l'autre ajoute : “ C’est de ce qu’il m'a faite chrétienne, et de ce qu'il m'a mise par le baptême au nombre de ses enfants.” Une petite fille qui r’a pas plus de neuf ans et qui a fait sa première communion depuis un an et demi, haussa la voix et dit: ‘“ C’est de ce que Jésus se donne à nous en viande au S. Sacrement de l’autel!”
(1) Nous ne savons comment M. l'abbé Faillon a pu conclure, à propos de la disparition momentanée des éièves externes dont il est ici question, que nos Mères ne réussissaient aucunement auprès des
filles sauvages, et surtout comment il à pu étendre cette conclusion aux séminaristes ou élèves sauvages pensionnaires.
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L'espace ne nous permet. pas de citer daväntage. Au reste, nos lectrices peuvent s'édifier amplement à ce sujet dans les lettres de nntre Vén. Mère. Elles trouveront entre autres à l’année 1664, le tonchant épisode de la pieuse Geneviève.
Sortons un instant du Monastère et voyons un exemple des fruits que portaient au loin les travaux des Ureulines, dans la personne de Marguerite Ha8enhontona. Ce trait est tiré des Relations et se rattache à un épisode des cruelles guerres Iroquoises, en 1668.
Deux Français avaient été pris par ces barbares aux environs du fort Richelieu. Emmenés aux Cinq Cantons, ils furent couverts de plaies affreuses et ils allaient être mis à mort quand, sur l'avis de Garakonthié, l'ami des Français, on leur donna un guide pour les ramener en leur pays, Mais ce guide les abandonna au milieu de ces terres inconnues. Exténués et à demi-morts, ils invoquent la sainte Vierge, et trouvent assez de force pour se traîner jusqu'à l’entrée d'un village d'Onneyouths, Que faire? Allaientils se livrer à la merci de leurs plus cruels ennemis? Ils invoquent de nouveau la sainte Vierge et se sentent inspirés d'aller se réfugier dans une cabane qui se trouvait à l'écart. O Providence! Une jeune femme vient à leur rencontre, les accueille avec toute la charité possible, leur parlant bon français et les rassurant sur leur sort. Elle prépare du feu, leur présente à manger; puis elle panse leurs plaies et va même chercher des racines pour en faire un appareil qu’elle applique sur leurs plus dangereuses blessures. Ces malheureux ne doutent plus que ce ne soit un ange envoyé du ciel par leur céleste Libératrice, et ils demandent à cette charitable femme qui elle est. “ Je suis, dit-elle, la pauvre Marguerite HaSenhontona,
bien connue des Robes noires de qui j'ai reçu le baptême, et des saintes filles les Mères Ursulines de Québec, chez lesquelles j'ai été élevée. J'en ai reçu de si bonnes.instructions que nonobstant ma malheureuse captivité, je ne quitterai jamais la foi dont elles m'ont enseigné les principes avec une éducation de plusieurs années. 1l est bien juste que je vous rende en partie la charité dont elles m'ont comblée quand j'étais avec elles. Elles m'ont appris à parler français ; n'est-il pas raisonnable que je vous console maintenant dans cette même langue, et que j'aie pour vous de la bonté comme elles en ont eu envers moi? Ce peu que je fais pour vous n’est rien en comparaison de ce qu’elles ont fait pour moi.” (!') Et cette bonne Marguerite entrait de la manière la plus touchante, dans les petits détails du soin qu'on avait pris d’elle aux Ursulines, ajoutant qu’elle s'employait de grand cœur à panser leurs plaies à l'exemple des autres saintes filles qu’elle avait vues servir les malades avec tant de charité, entendant par là les Religieuses Hos-' pitalières.”
Marguerite n'eut pas la consolation d'assister longtemps ses hôtes; des traitres la dénuoncèrent et les deux Français se virent encore à deux doigts de la mort. Cependant la sainte Vierge ne les abandonna pas, et malgré bien des contre-temps, ils arrivèrent enfin dans leur pays, où ils rendirent un beau témoignage des fruits que portait au loin l'éducation donnée pas nos Mères à leurs chères séminaristes, $5.—ARRIVÉE D'UNE PROFESSE DK MAGNY ET D'UNE POSTULANTE