‹ Les Ursulines de Québec [microforme]Chapitre 89 sur 156 · ENT NN TRE 7 CUT TT · texte numérisé non relu

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frère M. Madry, médecin du Monastère, (:) négocia son entrée auprès de ses parents, qui avaient grand’peine à faire leur sacrifice.

Le 15 août suivant, entrait Mlle. Marie-Madeleine Pinguet dite de l’Assomption, fille de sieur Noël Pinguet et de Mme. M.-Madeleine du Pont, Sa notice biographique nous dira plus tard l’aimable stratagème de cette petite postulante de 14 ans, pour gagner sa

‘cause auprès de la Vén. Mère et de Mme, de la

Peltrie, qui la trouvaient trop jeune et trop délicate pour tenter les rigueurs auxquelles les condamnait encore la pauvreté du Monastère.

Le 14 octobre de la même année se présentait Mile. Charlotte Godefroy, en religion, du S. Sacrement, fille de Messire Jean-Paul Godefroy et de Mme. Madeleine Le Gardeur de Repentigny. Elle était âgée de 17 ans. D'après son acte de réception (?), signé “ à la grille du Couvent,” en présence des religieuses, par son aïeule maternelle et un de ses oncles, on voit qu'elle était orpheline, Elle poursuivit sa carrière religieuse audelà d'un demi-siècle. X (4 7 | «aan o-d

(1) ‘Le 3 juillet 1669, dit le vieux Récit, notre sœur Agnès Duqnet de la Nativité fit profession, et le 26 du même mois, M. Madry son beau-frère, premier Chirurgien du Roy en ce pays, se noya, montant en canot aux Trois-Rivières. Notre Communauté perdit en sa personne un bon et fidèle ami, dévoué à ses intérêts en toute rencontre, nous donnant généreusement les secours de son art sans aucune rétribution, ce dont nous lui restons fort obligées.”

(2) ‘ Nous roussignés, consentons que Damoiselle Marie Charlotte Godefroy. fille et héritière de feu Jean Paul Godefroy Ecr. et de Mme, Marie Madeleine le Gardeur, partage avec nous au sixiènie sur la succession de feu Pierre Le Gardeur Ecr. Sieur de Repentigny, qui congiste en cent soixante arpents de terre, estimés huit mille livres, une maison, sise en la haute-ville de Québec, estimée quatre mille livres, dix ou onze mille livres étant sur la communauté de toutes lesquelles

L'année 1668 amena an Monastère deux autres postulantes d’un mérite distingué.

Mile. M:rie LeBer, fille de M. Robert Leëer et de Mme. Colette Cavelier, née à Pitre en Normandie, s'était exilée sans regret de son beau pays de France par pur dévouement pour ces missions lointaines, sur les bords encore sauvages du S. Laurent. Elle était âgée de 25 ans, lorsqu'elle se présenta à notre noviciat le 14 octobre 1668, après avoir passé deux ans à Montréal (*) chez son frère M. Jacques LeBer. Elle fit

choses, comme dit est, nous consentons qu’elle partage au sixième, et en outre elle a en son particulier, de la succession de feu son pére et sa mère, mille livres sur la communauté qu’on a déjà fait toucher aux Révérendes Mères Ursulines, à déduire sur la somme de dix mille à onze mille livres, nommée ci-dessus: une maison en la hauteville de Québec, avec neuf arpents de terre, vendues ci-devant par son feu père, trois mille livres, et la moitié de la maison de la basse-ville, six ceuts livres; quatre chapous et quatre livres de rente, pour cent arpents de terre, donnés par feu son père, située en la côte de S, Michel: huit chapons de rente en la côte de Beaupré; de toutes lesquelles choses sus-dites, nous demeurons d'accord, que la dite damoiselle Godefroy, persistant dans sa vocation d’être religieuse, les Révérendes Mères Ursulines entreront dans tous ses droits pour paiement de sa dot, en cas qu’à l’arrivée des dermiers navires de ceux qui doivent venir en l’année 1663, cn ne leur parfournisse pas en argent où assurance la somme de quatre mille livres qui est le prix conveuu pour sa dot.

4 Fait à Québec, ce 23 décembre 1668,

(Signé,) #6 Manik Favery, De RePenriaxy, Le GarDeur D& ViLLié.”

(?) Parmi les premiers colons de Montréal, il y avait environ trente familles d'origine fort bonorable. Entre les nobles, on compte les de Bellêtre, Lambert Closse et Migeon; au nombre des négociants, les LeMoyne, les LeBer et les Charly-Saint Ange, et parini les artisans et les cultivateurs, les Gervais, les Tessier, les Caron, les Barbier, les Archambault, les LeDuc, les Cuvelier, les Décari, les Pottier, les Trottier, ete.

ses vœux le 15 octobre 1670, sous le nom de Marie de l’'Annonciation, avec une ferveur dont les échos du cloître sont encore embaumés. Nous verrons plus tard ce que fut cette parfaite Ursuline, et aussi les grands exemples de vertu que donna sa nièce, Mile, Jeanne LeBer, la célèbre recluse de Ville-Marie. Quelques semaines avant Mlle, L:Ber, le 8 septembre, s'était présentée au noviciat une petite postu lante, à peine âgée de 14 ans, faible, délicate, et que tout le monde cherchait à dissuader de son entreprise, la regardant comme une témérité. “ Rien n’est fort comme une vocation.” Dieu aidant, la petite postnlante entra, fit profession, et donna pendant plus de 60 ans Les plus beaux exemples de dévouement et de vertu. C'était Mile. Marie de Lauson, petite-fille du gouverneur de ce nom (1), l’ainée des trois filles de ce

Quant aux familles LeBer et LeMoyne, leurs chefs furent, comme on le sait, anoblis pour leur vaillance par Louis XIV, Il dut cependant en coûter un peu plus à M. LeBer qu'à son beau-frère le Baron, car comme il avait la réputation d'être l’homme le plus riche de Montréal, on exigea de lui la somme de six mille livres, avant de lui livrer, en 1696, ses lettres de noblesse.

Cet homme de bien ne jonit qu’une dizaine d'années de ces honneurs passagers. Toujours prêt à se sacrifier pour son pays adoptif, il exposa cent fois sa vie dans les expéditions organisées de son temps pour sauver la colonie. Nous verrons plus loin comment il sut crucifier pour Dieu son cœur de père.

(1) M. de Lauson, ancien intendant de Vienne en Dauphiné, conseiller d'état et l'un des principaux membres de la Compagnie des Cent-Associés de la Nouvelle-France, s'était offert pour venir gouverner le Canada en un temps de crise pécuniaire, causée par les dettes de la compagnie. Deux de ses fils arrivèrent à Québec avec lui en 1651, L'aîné, Jean de Lauson, plus connu sous le nom de ‘‘ Sénéchal,'’ était un des plus braves officiers de son temps. En France, il avait servi avec honneur dans les régiments de Navarre ei de Picardie, où il parvint au grade de capitaine. Peu après son arrivée en Ca-

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vaillant Sénéchal de la Nouvelle-France, Messire Jean hl: | He de Lauson, dont la mort fut à la fois si tragique et si | glorieuse (?). En 1664, sa veuve Mme. Anne des Prés,

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nada, il épousa Mlle. Anne des Prés, sœur de Mine. du Plessis, femme | du gouverueur des Trois-Rivières. |

Plein de bonne volonté, M. de Lauson travailla sérieusement à l’a. mortissement de la dette publique. L'insolence des [roquois ne faisant que s’accroître, et ne 8e trouvant pas assez fort pour leur résis- i ter, il demanda son rappel. Avant désigné son second fils, Charles de Lauson Charny, comme Lieutenant-Gouverneur, M. de Lanson reprit avec juie la route de son pays, laissant ses trois fils en Canada où ils s'écaient déjà attachés par les liens si forts de la famille, M. de Lau-on passa les dernières années de sa vie auprès de son fils qui était Chanoine de la cathédrale de Notre Dame. Ce pieux gentilhomme mourut à Paris le 16 février 1666, âgé de quatre vingt-trois ans, l'après M. l'abbé Tanguuy, il avait épousé en secondes noces Mile. Barbe d’Aiileboust, fille unique de son prédecesseur,

(2) Voici comment la Vén. Mere raconte ce triste épisode du 22 juin 1661 : ‘ Entre les Français qui ont êté tnés, M. le Sénéchal Jean de Lauson, fils du précédent Gouverneur, est le plus considérable. C'était un homme brave et généreux, toujours prêt à courir sur l'ennemi, et toute la jeunesse le suivait avec urdeur, Lorsqu'on eut appris la nouvelle des meurtres commis à l'Ile d'Orléans et à la côte de Beaupré, il y voulait aller à toute force pour chasser l'ennemi, on l'en empêcha avec raison. Mais sa belle-sœur, Mine. de l’Espinay dont le mari était alié à une partie de chasse dans lesenvirons, n'eut point de repos qu’elle n’eût trouvé quelque ami pour aller le délivrer. Jean de Lauson voulut en cette occasion signaler l'anntié qu'il Jui portait. Il part avec six jeunes gens dans une chaloupe; étant arrivés vis-à-vis la maison du Sieur Maheu, qui était au milien de l'Isle et qui avait été abandonnée depuis quelques jours, 11 la fit échouer à marée basse entre deux rochers qui forment le sentier conduisant à cette habitation, Il y envoya deux de sa compagnie, pour découvrir s'il n’y avait point d'Iroquois. La porte étant ouverte, l’un d'eux y entra et y trouva quatre-vingts [roquois en embuscade, qui le tuèrent et courant après l’autre, le prirent vifuprès qu'iise fit Lien défendu, Ces barbares allèrent ensuite assiéger la chaloupe, où il n'y avait plus que cinq Français, qui se défendirent jusqu'à la mort. M, de

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avait épousé en secondes noces M. Claude de Bermentde la-Martinière ; mais les soins et la tendresse de cet excellent beau-père n'empéchérent pas les trois Sœurs de se donner à Dieu dans la maison de la Vén, Mère Marie de l’Incarnation. Le noviciat de Mlle. de Lauson dura quatre ans ; entrée le 8 septembre 1668, elle ne fit ses vœux que le 14 septembre 1672, ce retard ayant été occasionné, en partie par la faiblesse de sa santé, et aussi à cause d'une ordonnance du Roi (Ordonnances et Défenses de Louis XIV), qui avait pour but de réduire les droits des jeunes personnes qui se consacraient à Dieu. Mlle. de Lauson prit à sa vêture le nom de $S. Charles, sans doute par reconnaissance et affection pour son oncle et tuteur M. Charles de Lauson Charny, qui avait été ordonné prêtre en 1659,

Lauson, qu'ils ne voulaient pas tuer afin de l'emmener vif en leur pays, 8e défendit jusqu’au dernier soupir. On lui trouva les bras tout meurtris et hachés des coups qu'on lui avait donnés pour lui faire mettre bas les armes; cependant il ne se laissa pas vaincre et jamais ils ne le purent prendre. Après sa mort ils lui coupèrent la tête qu’ils emportèrent dans leur pays. Ainsi furent massacrés nos sept Français, mais ils tuèrent un bien plus grand nombre d’Iroquois, dont on trouva les ossements lorsqu'on alla lever-les corps des nôtres ; leurs gens ayant brûlé les corps de leurs morts selon leur coutume et laissé entiers ceux de nos Français,

{6 Après cette horrible boucherie, ces barbares s’étant aperçus qu’on envoyait des troupes à leur poursuite se sauvèrent à la hâte, Par malheur le secours arrivait trop tard : car M. d'Argenson. Gouverneur, n’eut la nouvelle de ce désastre que par M. de l’Espinay, celui même pour lequel on s'était mis au hasard qui, ayant entendu le bruit des fusils, fit voile vers Québec pour avertir qu’il y avait du danger. Mais quand il sut que c'était pour lui que ces vaillants gentilshomimes s’6taient ainsi exposés, il faillit mourir de douleur. Son propre frère, M. Couillard de l’Espinay était du nombre de ceux qui avaient êté massacrés, et tous jes autres étaient des principaux habitauts qui voulaient en cette occasion rendre service à M. de Lausou.”

trois ans après la mort prématurée de sa femme Mme. Louise Giffard.

La vêture de la Mère Marie de Lanson deS,. Charles et la profession de la Mère Marie LeBer de l'Annonciation, furent les dernières auxquelles assistèrent la Vén. Mere de l'Incarnation et Mme. de la Peltrie,

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