‹ Les Ursulines de Québec [microforme]Chapitre 96 sur 156 · ÉTAT DU MONASTÈRE EN · texte numérisé non relu

ÉTAT DU MONASTÈRE EN

La Vén Mère, écrivant à l’ancien missionnaire de la Nouvelle-France, le R. P, Poncet, en 1667, lui parlait ainsi de son cher pays d'adoption : “ Tout y est à présent magnifique, et c’est une bénédiction de Dieu de voir l’union qui estentre Monseigneur notre Evêque et nos Révérends Pères. 11 semble qu'eux et Messieurs du Séminaire ne soient qu'un. M: de Tracy qui m'a déclaré ses sentiments en est ravi, comme aussi de L1 majesté de l'Église, et des grandes actions de piété de ceux qui la servent.

“ Vous verriez vos petits enfants qui commencçaient

de votre temps à connaître les lettres, porter aujour-

(2). Ces précieux manuscrits ne se trouvent plus dans la maison, Ce qui avait échappé à l'incendie de 1686, fut donné, il y a une soixantaine d'années, à des missionnaires qui allaient évangéliser les sauvages du nord.

d’hui la soutane et étudier en théologie. Votre collége est florissant et notre séminaire, qui n’est qu'un grain de sable en comparaison, fournit d’excellents sujets. Vous avez vu de petites filles à qui nous avons depuis donné l’habit religieux ; d'autres à qui nous sommes sur le point de le donner, toutes destinées pour le chœur. Vous pleureriez de joie de voir de si heureux progrès ; et un moment de réflexion sur l’état où les choses ont été et sur celui où elles sont, vous ferait oublier tous vos travaux passés ! Vous nous avez vues trois religieuses qui ont eu l'honneur de faire le voyage en votre compagnie, aujourd'hui nous sommes vingt, et nous en demandons encore en France.”

En 1669, répondant à différentes questions que lui faisait la Supérieure des Ursulines de Mons, elle lui esquissait à grands traits l’état de la colonie et de la communauté : ‘ [l y a, disait-elle, plus de trente ans que nous sommes établies à Québec, qui est le port où abordent les navires de France. Lorsque nous y sommes venues, il n’y avait que cinq ou six petites maisons tout au plus; tout le pays était de grandes forêts pleines de halliers. Maintenant Québec est une ville, au de.à et aux environs de laquelle se trouvent quantité de bourgs et villages, dans une étendue de plus de cent lieues. Dans ces commencements nous étions entourées de sauvages... Dès le lendemain de notre arrivée, l’on nous amena les filles sauvages et celles des Français qui trafiquaient en ce pays, ce que l'on a continué jusqu'à présent. Nous avons pour l'ordinaire vingt à trente pensionnaires françaises, qui nous donnent cent et vingt livres de pension; Nous prenons les filles sauvages gratuitement : encore leurs parents, qui sont passionnés pour leurs enfants,

croient nous obliger beaucoup... Pour les externes, nous avons toutes celles de la haute et basse-ville ; les Français nous amènent leurs filles de plus de soixante lieues d'ici, quoique Mgr. notre Prélut ait établi des maitresses d'école à Montréal...

“ Nous sommes vingt-deux religieuses; en ce nombre il y a quatre sœurs converses. Nous sommes encore six professes de France, les autres ont fait profession en ce pays. Neuf d’entre elles sont filles du pays, les autres sont de France.

“ Madame de la Peitrie est toujours avec nous, c'est une sainte. Îl ne nous est mort que trois religieuses depuis que nous sommes établies en Canada : savoir, ma chère Mère de S, Joseph, une convers. de France (S. S. Laurent) et une de chœur de France, (Mère S. Dominique), sœur du gouverneur de ces contrées, qu’il avait amenée de France avec sa femme, Elle entra parmi nous et y fit son noviciat et sa profession .”

En 1670, la Vén. Mère écrivait à l’Archerêque de Tours: “ Cette nouvelle Église fait tous les jours de nouveaux progrès... La colonie française s’'augmente aussi... Nous avons été obligées d'accroître nos classes, et Mgr, notre Prélat a pris la peine d’écrire en France qu'on nous envoie deux religieuses pour nous donner du secours.” Dans une autre lettre: “ Nous demandons en France quelques religieuses pour nous aider à élever nos filles canadiennes, et aussi pour nous succéder dans les charges; car nous sommes trois ou quatre fort âgées, qui pouvons manquer tout d’un coup.”

Depuis 25 ans, une seule religieuse (la Mère de Villiers de S. André) était venue de France, et les Professes du pays étaient toutes jeunes, d'âge ou de

profession, La Vén. Mère, qui touchait à ses 72 ans, se préoccupait donc avec raison de l'avenir de sa fondation., La divine Providence se chargea elle-même du choix des sujets les plus propres à continner son œuvre.

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