‹ Les Ursulines de Québec [microforme]Chapitre 97 sur 156 · D13.—ARRIVÉE DE QUATRE URSULINES DE FRANCE ; VISITES; PÈLE- RINAGE · texte numérisé non relu

D13.—ARRIVÉE DE QUATRE URSULINES DE FRANCE ; VISITES; PÈLE- RINAGE

Au printemps de l'année 1671 s’annonça le secours si ardemment désiré ; tous les préparatifs étaient faits pour le voyage de quatre religieuses. Enfin ‘le 15 septembre, dit le vieux Récit, M. Buasire étant arrivé de France, nous apporta l’henreuse nouvelle qu'il avait laissé sur son vaisseau, à l'Ile aux Coudres, quatre religieuses Ursulines qu’il nous avuit amenées de France,

“ Voyant que les vents contraires retarderaient beaucoup le navire, l'empressement que nous avions de les voir et posséder, nous fit chercher les moyens dehâter leur venue. A cet effet, nous envoyâmes une chaloupe au-devant du vaisseau leur porter des rafraichissements, et nous les invitâmes à venir dans ce petit bâtiment que nous avions confié aux soins du bon frère Juchereau, Jésuite. M. de Dombourg ('}, frère de deux de nos religieuses, voulut bien pour nous obliger se mettre à la tête de cette ambassade. Outre les matelots, nous avions aussi envoyé un de nos domestiques. Quelque diligence que püt faire cet équipage, ils ne furent de retour que le 19 du même mois. Elles arrivèrent enfin sur les cinq heures du soir, un samedi, et furent sccueillies dans notre Communauté avec des sentimeuts de joie qui se penvent

(> Fils de M. Bourdon, frère des Mères S. Joseph et Ste, Agnès.

bien sentir, mais non pas exprimer. Il y avait deux religieuses du grand couvent de Paris: la Mère Marie LeMaire des Anges et Sr. Marie Dieu de la Résurrection, converse. Les deux autres étaient du couvent de Bourges en Berry ; l’une se nommait Mère Marie Gibault du Breuil de S. Joseph, l'autre était la Mère Marie Drouet de Jésus.”

Douées d'une piété digne de leur haute vocation, et de toutes les qualités désirables en des religieuses missionnaires, ces nouvelles sœurs furent considérées, comme des anges envoyés du ciel pour soulager nos saintes Fondatrices. Jamais la joie ne fut plus vive au Monastère que dans ces mois de septembre et d'octobre de l’année 1671 ; on était loin de se douter du grand malheur qui allait bientôt frapper cette heureuse famille.

Mme. de la Peltrie, tonjours gracieuse, et alors encore bien portante, voulut accompagner ses nouvelles filles dans leur visite à l'Hôtel-Dieu. “ Quelques jours après leur arrivée, dit le vieux Récit, nos sœurs sortirent par ordre de Monseigneur pour rendre visite aux Rév. Mères Hospitalières. Elles y furent reçues avec une bonté charmante, et toutes les marques de la plus parfaite charité.”

Outre les Hospitalières et les nouvelles Ursulines ce jour avait encore réuni à la même table Mme. de la Peltrie et Mme. d’Ailleboust, femmes chrétiennes qui avaient porté jusqu’à l'héroïsme l'exercice de la vertu, et qui avaieut vieilli dans la pratique des bonnes œuvres, heureuses de finir leurs jours dans la solitude en compagnie des épouses de Jésus-Christ.

Nos Mères, en visitant l'Hôtel-Dieu, acquittaient une dette contractée l’année précédente, où “ pour obéir à la bonne coutume,” comme dit le vieux Récit, trois

nouvelles Hospitalières étaient venues passer la journée aux Ursulines. “La Rév. Mère Marie de la Nativité, supérieure de l'Hôtel-Dieu, la Mère JS, F, Juchereau (!) de S. Ignace, et trois religieuses nouvellement arrivées de France, les Mères Marie de S, Charles, Marie de S, Augustin et Marie du Sacré-Cœur, sont venues nous faire visite. Elles furent reçues avec toute la joie et affection possible. Elles visitèrent tout le Monastère et les classes, et nous luissèrent fort édifiées de leur vertu et modestie.”

Nos Mères lirent ausei le pèlerinage de Notre-Dame de sainte Foye (à une lieue de Québec), où le R,. P, Chaumonot avait établi une chapelle célèbre, sur le modèle de la sainte chapelle de Lorette en Italie, Après avoir accompli le vœu qu'elles avaient fait dans un danger éminent sur mer, la pieuse troupe se rendit à Sillery, où Mme, de la Peltrie, notre digne Fondatrice, visita pour la dernière fois ses chères familles sauvages.

$14.—DÉVOTION À SÉSUS-ENFANT,

Voici une de ces fêtes de famille dont nous aimons à conserver le souvenir, c'est l'inauguration de la chapelle de l'Enfant-Jésus. Cette petite chapelle, qui se trouvait au-dessus de l’avant-chœur dans une tri. bune, fut bénite le 25 novembre 1671, et l’on y fit, après la cérémonie, un salut solennel. Le chant du Lauda Jerusalem et de quelques motets analogues à la circonstance étant terminé, le R. P. J. Lalemant, alors directeur de la Communauté, “ nous dit que tant que ce Monastère subsisterait, le sacré Verbe Incarné y serait honoré dans l'humble état de sa divine Enfance.” Cette parole fut comme une prophétie, car le cuite

(1) Connue depuis comme annaliste de l'Hôtel-Dieu. Elle était cousine de notre Mère Juchereau de S. Denis.

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