‹ Les œuvres de Francoys Villon, texte établiChapitre 10 sur 49 · CRE · texte numérisé non relu

CRE

Bien est verté que j’ay amé Et ameroie voulentiers ;

Mais triste cuer, ventre affamé

Qui n’est rassasié au tiers,

M'oste des amoureux sentiers.

Au fort, quelqu’ung s’en recompence, Qui est ramply sur les chantiers ; * Car la dance vient de la pance.

Nr Hé ! Dieu, se j’eusse estudié Ou temps de ma jeunesse folle, Et a bonnes meurs dedié, J’eusse maison et couche molle.

Mais quoy P je fuyoie l’escolle, Comme fait le mauvais enfant.

En escripvant ceste parolle, À peu que le cuer ne me fent.

Main Le dit du Saige trop le feiz Favorable, bien n’en puis mais, Qui dit : « Esjoÿs toy, mon filz, En ton adolescence » ; mais Ailleurs sert bien d’ung autre mes, Car « Jeunesse et adolescence », C’est son parler, ne moins ne mais, « Ne sont qu’abus et ignorance ».

Fou Mes jours s’en sont allez errant Comme, dit Job, d’une touaille Font les filetz, quant tisserant En son poing tient ardente paille :

Lors, s’il y a nul bout qui aille, Soudainement il le ravit.

Si ne crains plüs que rien m’assaille, Car a la mort tout s’assouvit.

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