‹ Les œuvres de Francoys Villon, texte établiChapitre 9 sur 49 · PR · texte numérisé non relu

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Se, pour ma mort, le bien publique D’aucune chose vaulsist mieulx,

À mourir comme ung homme inique Je me jujasse, ainsi m’ait Dieux !

Griefz ne faiz a jeunes n’a vieulx, Soie sur piez ou soie en biere :

Les mons ne bougent de leurs lieux, Pour ung povre, n’avant n’arriere.

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Ou temps qu’Alixandre regna, Ung homs nommé Diomedès Devant lui on lui amena, Engrillonné poulces et des Comme ung larron, car il fut des Escumeurs que voions courir ; Si fut mis devant ce cadès, Pour estre jugié a mourir.

pré L'empereur si l’araisonna : / « Pourquoi es tu larron en mer P »

L'autre responce luy donna :

« Pourquoi larron me faiz nommer ?

Pour ce qu’on me voit escumer Ên üne petiote fuste P Se comme toy me peusse armer, Comme toy empereur je feusse.

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« Mais que veux-tu P De ma fées Contre qui ne puis bonnement,

Qui si faulcement me fortune,

Me vient tout ce gouvernement.

Excuse moy aucunement

Et saiche qu’en grant povreté,

Ce mot se dit communement,

Ne gist pas grande loyauté. »

Quant l’empéreur ot remiré

De Diomedès tout le dit :

« Ta fortune je te mueray Mauvaise en bonne », si lui dit.

Si fist il. Onc puis ne mesfit

À personne, mais fut vray homme ; Valere pour vray le baudit, :‘ Qui fut nommé le Grant a Romme.

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Se Dieu m’eust donné rencontrer Ung autre piteux Alixandre

Qui m’eust fait en bon eur entrer, Et lors qui m’eust veu condescendre À mal, estre ars et mis en cendre Jugié me feusse de ma voix.

Necessité fait gens mesprendre

Et faim saillir le loup du bois.

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Je plaings le temps de ma jeunesse, (Ouquel j'ay plus qu'autre gallé Jusques a l’entrée de viellesse), Qui son partement m'a celé.

Il ne s’en est a pié allé

N’a cheval : helas ! comment don?

Soudainement s’en est vollé

Et ne m’a laissié quelque don.

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Allé s’en est, et jé demeure,

Povre de sens et de savoir,

Triste, failly, plus noir que meure, Qui n’ay ne cens, rente, n’avoir ; Des miens le mendre, je dis voir, De me desavouer s’avance, Oubliant naturel devoir

Par faulte d’ung peu de chevance.

Si ne crains avoir despendu 7.

Par friander ne par leschier ;22t%"4 eo Par trop amer n’ay riens vendu

Qu’amis me puissent reprouchier,

Au moins qui leur couste moult chier.

Je le dy et ne croy mesdire ;

De ce je me puis revenchier :

Qui n’a mesfait ne le doit dire.

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