‹ Les œuvres de Philippe de VitryChapitre 6 sur 7 · QUATRIEME LIVRE · texte numérisé non relu

QUATRIEME LIVRE

Les filles de Minos ne veulent pas assister aux fêtes de Bacchus et se racontent des histoires. Celle de Nays qui change les hommes en poissons, n*est qu'une allusion aux vices qui prennent les hommes à Thameçon ; c'est le diable, qui tend 1 appit auquel ils vont se prendre.

De Pyranuu ei de ThyM. — Le poète voit dans la mort de Pyramus celle de Dieu, qui vint sur la terre mourir pour Tamour des hommes, et dans celle de Thysbé, le supplice des martyrs morts par amour de Dieu. Au jour du jugement Dieu les arrachera des griffes de la mort, dont le lion est Temblôm^.

Leucothoé raconte ensuite les amours de Mars et de Vénus : c'est une allusion k une aventure galante, ou à la marche des planètes.

Comment Venus te venja de Phebu», gui Vot aeeuiée. — Ce passage renferme une diatribe contre les maux enfantés par

l'amour, et contre les maris complaisants, qui finissent par révéler des désordres qu*ils ont longtemps tolérés. Mars et Vénus sont la débaaohe et la luxure. Phébiis est la sagesse, qui dénonce les vices. Vnlcain et ses filets sont les pièges tendus aux amants par Tamour. — Le poète voit dans Leucoihoé la fidélité , la vertu et le travail : Glithie est la médisance, qui déchire la vertu. Leucothoé changée en encens représente Tâme» qui monte au ciel et jouit de la gloire de Dieu.

Vient ensuite la fable d'Hermaphrodite , que nous publions.

Comment Baeus prUl vengenee des trois filles Minée, — Les trois soeurs, qui sont changées en chauve-souris, représentent l'ivresse , la gourmandise et l'incontinence , qui ruinent la santé de l'homme , vident sa bourse , perdent son âme et le réduisent à n'être qu'une brute.

Cy conte pourquoi Yno la royne fist semer le blé cuit aux viUains du pays, — L'auteur accepte le récit d'Ovide comme celui d*un fait historique : seulement il pense qu'au lieu d'un mouton ce fut un vaisseau, qui emporta Frixus et Belle. — Cette ftble renferme deux allégories. Yno est le type de la méchanceté. Le blé cuit qu'elle fait semer est le péché, qui mène l'homme à sa perte. Le mouton est la vertu de discrétion et d'intelligence. Les deux cornes de sa tête sont la charité envers Dieu, et celle envers les hommes. Ses pieds représentent la force, la justice, la prudence et la modération. Avec de tels auxiliaires on traverse facilement la mer de ce monde. Frixus est le bon esprit qui triomphe des tentations du siècle ; Belle , la tragilité humaine qui succombe. Le sacrifice du mouton , rappelle la lutte que soutient la vertu contre le ^ice, et ses victoires sur les passions. — Yno peut nous représenter Eve qui jeta sur la terre la semence de mort. C'est la vraie marfttre du genre humain , .qui l'a fait bannir du paradis. La mer est le monde; ses abtmes sont ceux dés enfers , et le mouton immolé est le Christ crucifié pour racheter l'homme.

La fable de Léander et de Héro s'amie, — Nous éditons ce morceau-

Comment Junon la déesse prist vengeance de Tno. — L'auteur voit dans Junon l'emblème de la richesse, mère de tous les vices , et il entre ici dans une série d'allégories mystiques sans intérêt.

Comment Cadmus devint serpent. — L'auteur compare la vie de Cadmus à l'histoire du peuple Hébreux, quand il sort

d'Egypte. Le bœuf, qoe Cadmds a saivi , est Moyse. Lt fim* taine , dont il tue le dngon , est la parole de Dieu. Le dngo» est le serpent, qui perd la première femme. Ses dents semées çè et là , représentent la dispersion du peuple juif. Bacchus est te Messie. Cadmus, changé en serpent subtil et prudent, est Timage de la contersion des gentils.

Comment Àcriiiu» tint Thèba aprèê Cadmvs, Cy âécui Jupiter Danaé en pluie d'or. — II s*agit de l'histoire des rois de Thèbes ; la faiblesse do Danaé pronve que la vertu des femmes ne peut résister à la séduction. Au point de vue allégorique, Danaé est le sein de la Vierge. Jupiter représente le Christ dans les entrailles de sa mère. La naissance de Perséos représente celle du Christ : et Acrisius n*est autre que le peuple juif, qui persécute le Sauveur.

Des troii suers Curialis , Slamie et Gorgon ou Meduu, qui n'orent que un oueil. — Trois princesses étaient reines d'un seul royaume. L'une d'elles, Gorgonne , portait des cheveux long» et bouclés. Sa beauté fascinait les hommes, qu'elle se plaisait k ruiner. Persée, à l'aide du bouclier de sapienee, la détrôna. — Gorgonne est aussi la terreur, qui pétrifie le cœur et le corps de l'homme : Perséus est la sagesse savante, qui fortifie l'homme contre les dangers du monde : et Pégase ^t l'image de la gloire réservée à l'homme vertueux.

Cy parle de Bellerophon, fiU Pretus, roy de Lybe. — Ce récit doit être historique : sans doute Bellerophon avec l'aide de Dieu détruisit les monstres, qui désolaient la Sicile. — Au point de vue allégorique, Prétus représente le monde souillé do vices, mais abusé ; Cevolée sa femme est la luxure et l'adultère ; ilellérophon, la vertu ; la chimère, les femmes folies d'amour, orgueilleuses comme les lions, viles et souillées comme la boue, rusées et cupides comme les serpents. La montagne, qu'elle habite, est le siècle qu'agite la vanité, les passions infâmes et la calomnie. La chimère est encore l'image du diable, qui tend des pièges à l'homme : et Bellerophon est le Christ, qui sauve l'espèce humaine et remente aux cieux. Pégase est l'image de sa glorieuse ascension.

Cy parle de Perséus et du roy Àthlas. — Atlas était probablement un astronome instruit ; son arbre d'or est la science, e^ le serpent qui le garde est l'étude. Persée devint savant comme Atlas et le surpassa. — Atlas est encore Dieu le père tout-puissant, qui sait tout. L'arbre d'or est l'arbre de vie conquis par le Christ.

Comment Perséus délivra Andromède, — Andromède est rime en péril, et Perséus le Christ ; le monstre marin est

Lucifer. Le Christ lui arrache r«me ci en fait aon épouac. Les fêles célébrées à roccasion du mariage de Persée et d'Andromède représentent les noees spirituelles du Seigneur et de l'âme, la conversion dn pécheur, la communion, la vie rtligieuse et les joies du paradis quand un mortel revient à Dieu.— L'auteur y voit encore les splendeurs du culte catholique , et les chants des bons chrétiens en l'honneur de réternel.

Pour terminer celte longue analyse, nous empruntons au livre cinquième un chapitre où l'auteur trouve dans le . bouclier de Pallas un emblème de Vécu de la foy : voici le résumé de la description qu'il en fait. L'escu de sainte foy est triangulaire et représente la trinilé. Il est fait de cuir, de colle et de bois; le bois c'est la cïoix , le cuir le corps de Jésus-Christ ^ la colle les liens et les clous, qui servirent & son supplice. — Le diamp de l'escu est blanc et semé de pointes rouges. Le blanc est l'emblème de l'agneau divin : le rouge représente les gouttes de son précieux sang.— Pour peindre l'escu il fallut six pinceaux : ce sont les trois clous , la lance , la couronne d*épine et le fouet. La couleur est le vinaigre , qu'on fit boire au Christ sur la croix. — Sept lambels tracés sur Tesctt figurent les sept sacrements ; à côté sont sept colombes portant chacune une petite fleur : ce sont les sept dons de la grâce , l'humilité, la liesse , la débonnaireté , la miséricorde , la patience , la chasteté et l'abstinence. — On y voit aussi dessinés le soleil et la lune. Le premier estla«cience et la foy du nouveau testament: la seconde est l'ancien testament, la transition entre le passé et l'avenir , le crépuscule du jour, qui a lui entre le culte des idoles et le christianisme. — Sur cet cscu sont encore un homme , un bœuf , un lion et un aigle L'homme représente l'évangile et saint Mathieu , le bœuf la passion et saint Luc, le lion la résurrection et saint Marc, l'aigle saint Jean et les anges dont l'esprit est dans les cieux. — Ces quatres figures étaient accompagnées de douze pains. Il faut y voir les dooze articles de la ffli : et à cette occasion l'auteur paraphrase le Credo. — La guiche ou lanière par laquelle on pend au col l'escti, se compose de dix lacets. Il faut y voir un emblème de TobédieDce au Seigneur et de ses commandements. — L'auteur finit par dire que quiconque est armé d'un escu semblable, marche d'un pas ferme dans la bonne voie et peut défier les embûclies du démon.

(A) Noas avoDs fait de vaines recherches pour voir le sceaa, dont Ph. de Vitry asait comme évêque de îfeaox. Geloî, qu'il apposa aa bas des quittances qu*il donne comme maître des re* qudtes, n*est pas de nature à faire connaître sa famille. Il représente un guerrier barbu , ayant la tête nue , une couronne dentelée k Tépaule droite , Tépée à la main , un boucHer au bras gauche. Son costume est celui des chevaliers romains. Autour de ce sceau bn lit ces mots : Sigillubt.. Phi. II

constitue un cachet de fantaisie.

n y avait en France xi communes du nom de Vitry. On en trouve une aux bords de la Seine à c0té de Paris , deux près d*Autun , une dans Télection d*Orléans , une autre aux environs de Mâcon. Les six dernières sont situées en Champagne : Yîtry ea Bassigny et Vitry en Montagne faisaient partie du diocèse de Langres. Vitry la Ville était dans Télection de GhâIonsHS.-Hame , Vitry le Croisé dans celle de Bar- sur-Aube. Vitry en Perthois ou le Brûlé dépendait de Télection de Vitry le François. Cette dernière commune, bâtie dans le 16^ siècle, ne put donner son nom ë aucune de nos anciennes familles. Citons encore Witry les Reims.

Rien ne nous indique le lieu dont Vh, de Vitry tirait son origine. Deux femilles , au. moins , ont porté le nom de Vitry. Nous ne dirons rien de la baronnie de Vitry érigée en 159i en faveur de Louis de Lhopital. Ses descendants obtinrent le titre de doc de Vitry et portaient : de gueule au coq d'argent , creté , membre , becqué d*or , ayant au col un écusson d*azur chargé d'une fleur de lys d'argent. Nous ne parlerons pas non plus des seigneurs de Vitry en Perthois , issus des comtes de Rethel : cette fomille était éteinte avant le 14* siècle*

Il y avait en Picardie une maison de Vitry dont les armes étaient : d'or li trois boutons de roses de gueule, boutonnées de cinq pointes de synople , placées deux et une , avec deux licornes pour support, et pour cimier une autre licorne naissante. Elle résidait entre Amiens et Doullens. Sa généalogie remontait jusqu'au milieu du 14e siècle : Philippe de Vitry n'y figure pas .

Mais on vit à Paris, pondant les 14«, 15«, i6« et 17« siècles / une famille da Vitry, dont Técusson varia sans doute solvant le nombre de ses branches. Il fut : d'azur au chevron d*or avec trois merlettes de même — ou d'azur à la face losangée d'or avec 3 merlettes de mSme — ou d*azur à la face losangée de 5 ou de 3 pièces d'or, accompagnées de 3 merlettes de mesme «^.les. merlettes étaient posées deux en chef et une en pointe.

C'est k cette maison que se rattache Ph. de Vitry : elle le place en tête de son arbre généalogique conservé à la biblio-. thèque nationale dans le cabinet des titres^ Ses descjBndapts remplirent des fonctions importantes. Plusieurs d'entre eux siégèrent au parlement de Paris (1), è la cour des comptes , à celle des monnaies. Pendant le 1S« siècle surtout Us jouèrent un rôle important : ils furent persécutés pour leur dévonement à la cause royale. Michel de Vitry et son frère , en 1413 , furent jetés en prison par les Bourguignons (2).

Malgré le titre de châtelain ^e Ghauny , qu'elle possédait » cette £uDille ne figure pas dans le nobiliaire de Picardie ; on ne la trouve pas dans celui de Champagne. Longtemps avant leur rédaction elle s'était Sxée à Paris. Mais qu'elle était son origine? Vraisemblablement Philippe de Vitry était originaire d'une des communes, située en Ôiampagne ou en Brie, dont il portait le nom ; autreoMut Eustache Deschamps l'aurait-il salué du titre de Champenois? Nous voyons les membres de cette famille figurer dans les annales Champenoises. Ainsi Jean^ de Vitry , secrétaire du roi Jean , chancelier des foires de Champagne et de Brie, était nommé chanoine de Reims en ISSI ; Jean de Vitry était élu chanoine aussi à Reims le 26 mars 1421. — Philippe de Vitry obtenait le même titre le %i février 1424. — Jean de Vitry, chanoine de Reims dès 1427, était prévôt du chapitre en 1430 et mourut en 1485. — Un autre Jean de Vitry obtenait aussi une des prébendes de Reims' en 1471. — Guy de Vitry ,. chanoine de Reims en 1483 ,

(1) Geoffiroy de Vitry, 4MT. — Jiean de Vttry, 4400. — Thlbantde Vitry, 4444, 4468: 11 était aossl dianolDe de Notre^ame de Paris. ^GnUlauie de Vitry, 4486 k 4479. V. aiancfaard, éloge des présidents au ParlemeU de Paris. Paris , 4647 , iihf«. — Gnillaimie de Vitry était secrétaire dn roi en 4 89f. —Gilles de Vitry était conseiller-général et mattre des monnaies dn roi vers 4400.

(2) V. CSironiqae du règne de Charles VI , par Godefroy , et ceHe de Lefevre de S^-flemy.

céda M pfébéndt en U90 à Jean de Vitry, qui lui domifr^o idow It ctepeUe de Stint-Pieire et SaiotrPinl dont il jouie- Mit dans régkw des Mttbariiu de Paris.

Jean Jôvenal des Unins, né à Troyes, oonseiiler au Chatelet de Paris, épousait en i386 Madeleine de Vitry. Elle mounit le 18 juin 1456. La ftanllle des UnSns foanit an aiège de Reims deux archevêques et plusieurs chanoinee. Il y avait à Troyes une ftmille de Vitry, représentée en 1500 par un l>ettrgeoia nommé Henry de Vitry. (1).

Geoifroy de Vitry est nommé par arrêt du parlement de Paris, en date du l«r septembre 1517 , commissaire pour obliger les bourgeois de Reims à payer les frais du sacre de Louis X. -— Un autre arrêt du 19 décembre 1403, confiait à lean de Vitry, clerc et conseiller du parlement , le soin de terminer un procès qui divisait Tarchevêque de Reims et les rémois, au sujet des fortifications du château de la porte de Mars , détruites lors de l'invasion des anglais en 1558. — Jehan de Vitry était receveur des deniers communs à Reims, Ii35*li58. Il devint depuis chmoine de Reims ~* Thibaut de Vitry clerc , était è Reims élu pour le roy en 1515.

Enfin au 15* siècle (1261, 1269) nous voyons un évêque de Chdlons-sui^Marne, qois*appeUit Conon de Vitry.

(B) « Le plus ancien que je trouve est un ancien titre sans datte prins d*nn vieil livre de la chambre des comptes « intitulé Nosteft portant ces mots: ce sont les noms des officiers dé Thostel le roy , et combien chacun doit prendre de gages. Lé connestable chacun jour qu*il est en cour 25 sols. — • M« Henri Guenattlt , M. Jean Darties , M. G. Bertran , clercs des réquestes , chacun 2 s. 8 d. par jour et 12 s. en parlement.-^ M^ G. Ghaioz, M« H. de Dampierre, J. de Melun, et Philippe de Vitry, chacun six sols par jour k vie. » Traité de la chancellerie par P. de Miraulmont. Paris 1610 , in-8<», p. 88.

(G) Jean ainsné fils du roi..... pour ce que vivres sont chers, et pour que nostre ami féal clerc et conseiller , M« Ph. de Vitry , m« des réquestes de Tostel de nostre dist seigneur et du nostre, puisse plus briefVement délivrer les besoignes desdites réquestes et autres qui lui sont commises , nous avons ordené, par la délibération de nostre conseil et ordenoss par ces présentes que kïsiui M« Philippe ail pow son vivre et antres

(i) GoartaloA de Laistre, t. ii. p. 331,

nécesMlés iQi «. p, par jo«r dès le 8* jour de nty dafreneai passé , que il vint avec nous en oeat présent toiage juaques à ores, tant com U sera aveo nons audit voyage et por aea

retour donné devant Afuillon, le Si may 1346: irigné

Symon.

Jehan ainsné fiJs , lieutenant du roy de France > due de Normandie.* . . Gomme par certaine ordenanoe ftiete aucuns gages montant oultre 3 s. p. par jour ne soient paiez è aucuns depuis le premier Jour d'octobre darrenier passé jusque l'autre premier jour d'octobre proebain venus , savoir vous foisons que nous avons ottroié et ottroions de grftoe espéclal k nostre amé féal clerc et conseiller M« Ph. de Vitri , M* des requestes de l'ostel de nostre dit seigneur et père , et do notre , eu regart aux bons et agréables services qu'il Qips a fais et fkit encore de jour en jour es présentes guerres de Gascogne , esquelles il est en nostre compaignie en armes et chevanx , que ses gages de 6 s. P. par jour , et 10 liv. P. pour ses manteaux à lui assignés ï sa vie par nostre très chier seigneur le roy Gharles que Diex absoille , il ait et preigne depuis le dit premier jour d'octobre jusques à l'autre premier Jour d'octobre prochain venant, nonobstant ladite ordonnance. — Donné en nos tentes, tenant Aguillon , le 10* jour d'aoust 13f6.

(D) Nous avons emprunté les dicts du Franc Gonthier au tome 3 du dictionnaire de Marchand , article de Philippe de Vitry; On les trouve aussi dans la Muse guerrière : en li livres de divers poèmes sur plaisans argumens , avee les hymnes et canti'ques de l'hermitage. Rouen , 1591 , in-16. •— Dans le livre du mépris à la cour , par Antonio Guivare , intitulé : El mono precio dl corte y alabansa de aldea : Jean de Tournes, 1591 , in-16. — Pierre d'Ailly, évêqne de Gambray, publia les contredits de Franc Gonthier aveo cette épigraphe : Combien est misérable la vie des tyrans. Marchand rapporte aussi celte pièce. — Nicolas de Clamanges tradnisit en vers latin les deux morceaux. Il donne Il celui de Ph. de Vitry le titre de : De féUeUate vitœ nutieœ. Ces poésies ont été imprimées plusieurs fois à la suite de Tonvrage d'Antonio Guivare; celles de Nicolas de Glamanges figurenli dans l'édition de ses œuvres données par Martin Lydius : Leyde, Ehevier, 4615. Voyez aussi Hktoria gymnaiHNmfarrœ. T. 3, p. 578 et 579. Quant aux imitations d'Eustache Deschamps , voyez notre recueil de ses œuvres inédites.

(K.) Depuis notre publication des œuvres de G. de Machault, nous avons trouvé deux nouvelles preuves de son séjour è Reims. Les actes, qui la constatent, sont séparés par un intervalle de vingt ans. Le 21 août 1372 , le chapitra de Reims

Autorisait Hugues de ChâtiUon, un de ses membres bononires , à porter l'babit de chanoine, quoiqu'il ne fftt pas dans les ordres. MacbauU prit part à cette délibération. — En 1573 l*archevêque de Reims et les chanoines de la cathédrale ter^ minaient par une transaction , connue sous le nom de charte Johaninne, les différents qui les divisaient depuis longtemps. Cet accord porte la date du 35 mai il renferme le passage suivant : Item dejuridictiotiê damorwn.ei mamionum canonicorum Remeniium, diomui et dedaramui quod et^Uuium,... domo$ habet in eiauêtro et deeem extra elamtnm, vtdeUcet.,, item dûmum in qud inhabitat Guitiermiu de Machaudio iitam jpropè Pourcelettam et rétro domum dieti magistri Stephani, — Domum^ in qud inhabitat magister Stephanm de JuUîiaco, Htam in tneo , par ^m itur de Pourceletta ad Parvisium^ *- Le manuscrit des œuvres musicales de Ph. de Vitry (voyez ci-après) , nous donne sur les morceaux de musique composés par 6. de Machault des renseignements, que nous recueillons ici : il aurait fait la musique des cantiques, motets et ballades, dont voici les premiers mots : Surge , arnica mea. — Le très doux rossignol. — Âve , Virgo , Mater pia. — Âve, Virgo gloriosa. — De fortune. — Ortus, fons pudiciti».

(F) Ce volume provient de ia bibliothèque de l'ancienne commanderie de St-Jean è Strasbourg : classé sons le n^ c. 2S , il est petit in-folio et écrit sur papier par l'infit^fable Henri de Lauffenbourg. Il porte k la fin la date de 1411 , feria lerlta post dominicam palmarum. Comme d*autres manuscrits de. efi savent compilateur, il était destiné à former un recueil de pièces empruntées à diverses origines. Des pages encore blanches attendaient la suite de Touvrage. Les feuillets 1 et 2 contienn^t un répertoire alphabétique des chants latins, allemands ou français accompagnés de notes et contenus dans ce volume. Plusieurs d*entre eux sont du xv« siècle : des additions modernes ont enrichi cette collection de quelques morceaux datant du xvi«.— £n tête du folio 3 on lit écrits en lettres rouges les mots Phil^ppiu de Viairico, Le texte, qui se trouve au-dessous, est écrit sur deux colonnes. L'ouvrage commence par une introduetion dont voici les premiers mots : Quoniam de arte muticali traetare propos mnsKS, «être debemus quid mt muHea et undè dieatuir^ Suivent les chapitres dont voici les titres: — Régula dieeantue. — Sëquntur regulœ fundamenti discantm: et nota quod eeptem mnt epedes concordantim. — Sequitur quoniam istœ têplem species. — Sequitur de figurationibus notularum. — SequUur de modis : et nota quod duo sunt modi. — De temporibw sequitur: et nota quod duo ^nt tempora. — De prolationtfrus. Sequitur de prolattonibtis ^ vbi scicndum — De

puneiU : nota quod ^tuor. — Dé ligatura notularum -^ De eonjunetionOnu notularum. -- SequUur de attêratiùnibOê notularumî pro quo notandum, — Regtêh generalw cognoteant qm canere volunt, etc. — Viefinent ensuite deux textes allemands intereallés par Henri de Lauffenbonrg : en voiei le titre : In dtr menwrali nrniea so heimnd die noten lang, — Ton dem manueordio. -^ Le texte latin reprend ensuite sous les titres suivants : De organiB. Cognita omni eomonawtia fittulanm

— ÀUœ regulœ noitdarum non ligatarum : quatuor sunt, — De Hgaiis primis. — De mediii noiulis. — De uUimis Ugatii.

— De pausis, — Viennent ensuite des metets et des cantiques mis en musique par divers mattres. Ils sont classés chacun sous le nom de leur auteur. Voici les premiers mots de ceux attribues à Ph. de Vitry : Sake, Regina mtsertcord^», — Dominui vMseum : Sequentia aaneti Evangilii seeundum Mathœumt — Salve , mundi Domina, regina iupemorum-^ Ave , Regina fUia, Maria. — Ostende finaliter ob quod te rogamus. — Salve , Maier Jetu Christi , solo verbo conce^isti, -^ Inhae vaUepro^ fundâ. — Patrem omnipotentem , faotorem eœli, •— Ex maire natus e$ de gpiritu sancto. -^ ho ! ho ! ho t venari autem muùeœ, — Veni , sancte spiritus.

Plus loin, sous le no 69, se trouvent ces mots: ApolUnis eedipsatur numquam lux compagatur signorum ministerio bis sext qiUbus harmonica fulget arte tasilica muHeorum coUegto mtitiformibus figuris : ex quo nitei J, de Mûris , modo colorum vario PhUippus de Vitriaco , etc.

Ce volume donnerait de curieux renseignements sur les œuvres musicales de Pb. Royllart , Henry Hessmann , Henric de libero Gbristo , Feltenferd , 6. Dufay , Or Lassus » Henri Helens , Renaud de Firmont, Robert de Palais, Gilles de Moris, Arnold Mastias , Juge Philomene , P. de Bruges , Geoifroy de Barreuil, Gilles de Pasier , Nie. de Mergs , Jean Larlay , de Gambray , Nucel, Gésar , Gilles de Thin , Alanus , G. Liebert et autres artistes. V. notre note sur G. de Macbault. (E)

(G) Voici quelques lignes de cette curieuse épitre : nous les empruntons au recueil des lettres familières de Pétrarque, publié ï Lyon en 1601. V. page 578 à 586: — Amioas aores amicus sermo pulsabit , non tam . blandus quam verax , neque tam eompositus quam fldelis. — La vérité dite par un ami n*o£Erâse jamais. Pétrarque veut combattre les préjugés et la faiblesse d'esprit de Vitry... Non prasagiebas me de manibus suis tuas literas inspectnram ; quod si eventurum cogitasses nonquam perfectè tam molliter , tam démisse , nunquam , ( da veniam viris nominibus)

tm motteMlêr le^ereris Hune ipsun (bminom nofttram

•ifOia» piingts» inerapitu, et nimîB intolenndt mollitie; aon ilMMitian» 86d ut ta voom» ezilintti ^lu dete ; peregrioationemque nnotusimam » el qui glorionor nalU esse potest , exilii cognoniiid deeolOFas. Hase mmirum est ilU seneotos animi , quam in te Ivfto V tmioe : aonquam qao primom mifai tempore notas esse eœpens, ista dixisses 1 Deferbait jssngais , et ille srdor egregios,

qao nolU seonndus videburia lu ne ioter curiositatem «nxiam

nltimam que aegnitien nihil est médium ? Panun tibi distans india videbatur : jam Taprobanam» et si quid orientalis oceanus habet ofr- Cttltiùs, capido metiaberis iogenio : jam ad extremam Thylen ignotis littoribas latitantem sospirabaa ; quooiam Orcades et Hybernia et qaicqaid terraram noster flaotus alloit, ipsa in civitate sordebant. Quid aotem miri si angosta animo lilteratissimi bominis terra

erat f Esse in Italift miserum exiiium reri); extra qaam esae, nisi

qnin omne solam forti patria est, potiùs videri poiset exilinm. Pace toi dixerim , nimis tibi Parvus Pons Parisiensis impreasit testa» dinei soi aroûs el&giem ; nimis aures tuas subterlabentes Seqaana mormure obleotat. Postremo nihil oalceo tuo nisi Gallicos palvis Ineidit.... Hoc tibi persuadere nanc difficile est, qui , ut video, nihil extra Parisios magnificum aut delectabile suspicaris et extremas agelli tui globules, quibus animum addidisti. Gum vero ad te ipse redieris , et prophanis vulgi rumoribus exclusis , te unum percunctari tibi credere malueris , bene de te sperare non desinam. Redde mihi collocutorem meum , redde mîhi pristinom Pihlippum. Me quidem tacente veritas perorabit. At modo non tecum , sed cum allero nescio quo • Philippi illius hoste , conflictatio mihi ista suscepla est.... Tu vero qootiens prata Germani et Genovensem collen contemplabere , ortum solis tibi lustrasse videris et occasum , opinione tua felix ; si tamen ulla

est in errore félicitas Tu viveetvale nostri memor. Salutat

te Marcus Medicus, compatriote Yirgilii. Patavii .xt. kalendat Martis.

(GG) Nous venons de recevoir quelques-uns des détails que nous aurions voulu pouvoir donner sur le poème de Ph. de Vitry possédé par la bibliothèqoe de S. M. Britannique. Il paratt dater du eommenoeibent du xv« siècle. Écrit sur deux colonnes, orné de fleurons et d'initiales de conleun, il oontient le livre de la moralité des nobles hommes psr Jehan de Vigny , le livre de Blélibée et de Dane Pradence, les esovres de Jehan de Meung. -^ Viennent ensaiftB les vers de Ph. de Vitry sens ce titre : Cy après commence le ohappel des flenrs de ly^, par Maistre Phe de Vtttery, jadis évesque de Heaulx. Ce poème, dont nous n*avens pu connaître le s^jet , se compose ée stanees i chacune d'elles renferme six vers ; ces trop eourts rsaasignements, que nous devons à robligeance de M. Henry EUis ,

coDse^ateur du Briiiseh Muséum, tont •vflSMnli pouf donner à notre auteur un titre littéraire de plus.

(H.) Ge fragment est tiré de Thistoire de Lyohaon, au premier livre :

Autre sens peut avoir la fable:

Leu ravissable et dommagent Semblent cilz, qui la simple gent, Pour prendre à son hoir la despouUe , Escorche, desrobe et despouUe , Qui la menue gent dévore.

Ha Dieu ! com de tels leus sont ore , ' Loups , qui Dieu cuident assaier , Loups , que Von ne peut apaier , Loups familleux , lou ravissable , Loups plein de rage et destruisable Loups t qui des pauvres gens manguent Char et sanc, et substance hument.

Loups, qui sur povres gens forsennest , Loups , qui tout desrobent et prennent !

Bailli, Bedel, Prévost et Maire Ne pensent qu'à Tautrui soubstraire Tout sont larron et robeour.

Et tout sont ore escorcheour.

Vivons de touste et de rapine Contre droit, contre loy divine.

Usurier et sermonneur , Et li prestre sont 11 pieur.

Et ceuls, qui ores ont les justices, Àchoisons qnièrent et fourmises, Pour escorchier les justiciables.

Tous sont loups glous et raviisables.

Si sont ore de courre isnel Pour haper brebis et aignel.

Pour mordre et pour tout tupeler , Pour escorchier et pour peler..,.

Mais savez vos qu'en adviendra?

Le Droicturier Juge vendra.

Qui leur soustraira la puisaanoe.

Les vers , qui suivait , «ont empruntés k l'histoire de Phaéton : Philippe compare le soleil au Christ « âoi char à la doctrine évangélique, Phaéton au pape:

Donna Dieux le gouvernement De cel char pour conduire Tomme

A saint Pierre , ptpe de Rome :

Si TolBSt de oharitable oiotuie Poor garder le de maie ardare.

Et li miat la coaronne on chitf .

Mes or y a tant de meochief Que nnlx ne qaiert mes ceat office Fors seulement par avarice D'avoir et de nom transitoire, Par orgueil oo par vaine gloire , Non pas poor le commun profit.

Et souvent cils, qui mains soufflât A ce char conduire et mener, Plus s'efforce et se seult pener Par force de dons ou d'amis , Que soit en cest office mis Contre raison et contre droit.

Ainsi va la chose or endroit.

Citons encore quelques lignes de l'histoire d'Eseulape :

Chascun doit pour Dieu purement

Mettre cure et ouer à aprendre

Poor soy mieulx garder de mesprendre

En foire rien qui Dieu desplaise ,

Si que mieux puisse avoir sa grâce.

Pour ce donna Dieu la science

Que nous eussions congnoissance

De Dieu et plus chier l'eussions

Quant nous mieux le cohoussions.

Mes où sont or li aprentif.

Qui k ce soient ententif?

Ce fist on anciennement:

Mais or va l'estude autrement ;

Nuls ne désire mais savoir

Fors pour louenge, ou pour avoir,

On pour aucune entencion

D'onneur ou de prélacion ,

A quoy s'ateni chascun et fie.

Or corrompent philosophie ;

Car nuls n'a mais de loi que faire,

S'il ne peut mondain pourfit traire.

Poor soy croistre et pour eslever,

Ou pour un sien voisin grever

Aprent l'un loys ou canon :

Ly autre pour aquerre nom ,

Ou bénéfice ou dignité

S'estadie en diviDité:

Ainsi de chasoune sciencKe.

Quant il sont en grant aadieiioe « /

En grant richesse ou en honnour^

Si guerroient nostre Séjour

Des biens que Dieux leur t donnés.

Si ontcuers et corps adonnés.

A toute mondaine délice:

Plains sont d'oi^ueil ei d'avaricA ,

De luxure et de glotonie ,

Et de traïson et d'envie

Mal acquièrent tel science,

Oui si les enfle de boid»ance

Et si les fait oultrecoidier.

Mieux leur venistv au mien <»ii4ier ,

Humble estre, et simple, et mains savoir ,

Et le cuer cbaritable avoir ,

Et Dieu par bonne èntenciton

Servir sans repréhen8ion>

Que monter en oultreeuidanee

Par leur sens et par Jour science^

Et pour cheoir dampn^lement

Ou puitz d*enfer finablement.

(I.) Ce passage est tiré de l'histoire des Pygmées , aa ^

Gniè est oitoaux trop ponrvétbiei, Ei èttson dÊk^ gainer veillàbles, Trop sage et trop bien enseignie.

Quant grues sont en compalgnie , Trop s'en wnt convenablement Par acoM ordénéement, Sanz plaît et sans dlàseneion.

Se vont gouvernail et gnion Hb leur qneve pour droit voler Quel part ^ii'elles veulent aler.

Et s'elles Veulent sommeiller , Une establissent pour veillier , Qui diBs périls les garde et gaite :

De celby Ibnt leur esehaugàlte Polir dormir plus saavement.

U gaite Ait assemblemest -, Soikbc ses piéz^ de pierres, Pooir ce qo'estint derme gueres ; Si i|ii*elle voist toat chancelant

ta

Quant de dormir H pient Ulent ; Ainsi yeille uns double avoir Qae nul les puisse décevoir....

Cigonine a mainte qualité

Que li pluseurs oîziei n*ontmie,

Qui retraient i lecherie.

La Cigouine seult son nid dire

An plus apperissant repaire

De la ville, où elle converse.

Elle n*a pas de langue : ains verse t i)

Son bec sur sa groupe derrier :

Si fait son bec trop fort cltqnier ,

Et bault noisier qusnt il li plaist.

La Cigouine ses poncins paist

Et soi de morceaux vils ei ors ;

Raines, serpens, et poissons mors

Sont sa soustenance et sa v*e.

Sur ces maires gaite et espie

Se crapaudine trouvera.

(Jj Le volume, qui nous sert k donner eette édition, vient du fonds Gange , où- il portait le n* 15 A la bibliothèque nationale il figure sous le n» 7230-3: de format in-i», écrit sur velin ; il renferme par page deux colonnes , et dans chaque colonne 30 vers. Il compte 347 feuillets , et par suite 68,000 vers environ. On y remarque des initiales grandes et petites, tracées alternativement avec de Tazur ou de Tamarante. Quelques-unes de ces lettres sont feites à la plnme avec de Tenere noire et représentent des tdtes d'hommes et des animaux.

Le premier feuillet est enrichi d'une grande vignette divisée en quatre sujets disposés sur deux lignes parallèles. A la gauche du lecteur se trouvent les mots fahuiaris hittaria. Au-dessus |

est une miniature qui représente le chaos ; il est indiqué par '

son nom. Dieu apparaît pour créer le monde , et , quoiqu'il soit i

ici la divinité payenne , sa tête est ornée d'un nymbe crucifere. An-dessous se trouve la seconde vignette destinée à la feble: |

on y voit Prométhée employant le feu pour former l'homme. A la droite du lecteur on lit les mot tûkgaria hiito,\ Sur la première vignette de cette colonne on voit le monde créé, c'est-à-dire la terre , l'eau , le ciel , dns poissons , des reptiles, des oiseaux , des quadrupèdes et même des maisons. La miniature sise plus bas représente l'Étemel tirant Eve du côté d'Adam. Ces siiyets sont exécutés k l'aide de traits noirs « fins .et spirituels. L'artiste y a joint quelques teintes vertes , bleues et roses.

Les textes traduits d'Ovide sont signalés par le mot hïatoire. Quand le poètA prend la parole ponr expliquer la fable , le scribe place les mots allégorie ou VauUur, En mar|^ sont des notes, qui reproduisent tantôt des hémistiches' ou des vers empruntés a Ovide , tantôt des titres en français. Le livre est illustré d'une grande vignette, qui représente les miises et leurs rivales changées en pies. L'histoire d'Orphée a obtenu deux importantes miniatures: la première contient trois sujets , denx dans sa partie supérieure et la troisième sous les deux autres. On y voit les noces d'Orphée, la mort d'Ëufidice et la descente d'Orphée aux enfers. Les costumes sont ceux du 1i« siècle. Le tout est gracieux et plein d'intelligence. Au verso du f» 96 se trouve un joli dessin qui nous montre Orphée charmant les arbres , les fleuves et les animaux. A la fin du manuscrit se trouve iine liste des preux de la fable et des héros des romans carlovingiens et de ceux de la Table-ronde : elle donne 9i noms.

Les métamorphoses d'Ovide moralisées durent avoir un grand succès , si l'on en juge par le nombre des manuscrits qui les reproduisirent. Toutes les bibliothèques prinbières en voulurent posséder une copie. Plusieurs de ces exemplaires ne sont connus que par la mention, qu'en font d'anciens inventaires. Ainsi le catalogue de la librairie des ducs de Bourgogne {i) indique , sous les no> 15 19 et 1320 : V un livre en papier couvert de euir rouge, escript à deux coulombes et en rimes , et intitulé : Le premier volume de Ovide de métamorphose, quemanchant au 2* feuillet après la table : en l'oef ce me semble à trois choses : et le dernier feuillet : seront en moult grant aventure. — 2* Ung livre en papier couvert comme dessus, intitulé au dos: Le second volume de Ovide de métamorphose escript à 2 coulombes et en rime : quemenchant ou second feuillet : La ter ay a genoux bastie , et ou dernier : Et je prie Dieu que par sa grâce — Ces deux volumes , dont le texte paraît semblable à celui que nous publions, furent retrouvés lorsque le 15 novembre li61 on fit un nouvel inventaire en la chambre de la garde des joyaux, siie en l'hostel du roy , è Bruxelles.

L'inventaire de U67 signale encore dans le chapitre des livres non par&it» , sous le n» iâ,iiO , neuf quayen de Ovide mitamorfore àUgoriée,

(\) BibL protypogTaphiqne des libraires des Bis da roi Jean. J. Barroia

Paris, ISBO. p. 498.

(t) Id. p. 2ae.

(i) Bibl. *protyp. Barrois , p. es-es.

Ces volume» û'exUlent plu» dans la bibliothèque royale de Belcrique Mais on y voit un autre exemplaire des métamorphose» moraûséc» : il figure »ous le no 9659 du caUlogue publié par M le chevalier Maichal par ordre du gouvernement. Il date du commencement du iS» aiècle , et porte la signature Charles . comte de Chimay. Ce aeigneur le donna , avec d'autre» manu- BCriU , »oit k Philippe le Beau , soit k Charles Quint ; et depuis ce curieux volume n'a pas cc»»é d'appartenir aux souverain» de a FUndre. Il renferme 392 feuillets , y compris ceux des tebles. qui précèdent le texte. Quelque» passage» que M. Marchai a bien voulu nous transmettre . prouvent que cette copie est complète et qui'il s'agit bien du texte dont nous nous occupons. Du reste , rauteur ne se fait connaître nulte part ; et aucun paasage ne peut aider k découvrir son nom.

Le duc de Berry, ce grand protecteur des lettres et de» callicraphe» au U- siècle . possédait deux exemplaires des métamorphoses d'Ovide. Dans IHnventaire de sa bibliothèque, bit en U16 , nous trouvons (1) sous le no 541 la mention suivante: Un petit livre appelé Ovide méteraorphorios , escrit en françois de lettres de court et glosé en plusieurs lieux , couvert, de cuir vermeil , prisé 2i Uv. Par. — et sous le no 852 cette indication : Un livre d'Ovide métemorphorios écrit en françois rymé , prise 25 liv tournois. Nous ne savons ce qu'est devenu te premier de ce^ volumes ; le second , »i nou» ne nou» trompons , doit se trouver k U bibliothèque nationale. Nou» en parlerons bientôt.

J. Ualet dans son inventeire de» terres de Charles VI fait te 7 Janvier 1409 inscrivait sous te no 419: Donest. Le» accidente. Les guerres. Le Chatonet. Theodolet. — Ovide , des remèdw. — Thobie. — Et les XV livres de Ovide te grant. H s'agit du travail que nous éditons; du moins nous le présumons (%.

Quoiqu'il en soit , te riche collection de manuscrite réunie par nos rois possède plusieurs exemplaires des métomorphoses d'Ovide moralisées et mises en rimes : te plus beau de tous sans contredit est celui qui appartint k Jean de France, duo de Berry. Il porte le no 6,986; il est écrit sur vélin. Chaque feuillet reiH ferme deux colonnes et chacune d'eUes 46 vere. A te fin du volume est celte mention : ce livre est au duo de Berry. On y voit la signature Jehan : c'est celle de ce pnnœ. Ce texte esl complet. En marge sont de nombreuses notes , les unes en

(4) BiW. protypog. Barrote, p. »4. (a) idem.

frajçiis, les autres en latin. Les premières indiquent le codfenu des passages près desquels elles se trouvent. Les secondes sont de deux natures: les unes sont des vers fournis par les métamorphoses d^Ovide pour signaler le passage que Tauteur traduit : généralement elles se composent des premiers vers de la Cible traduite. Les autres sont des citations empruntées par Tauteur aux pères de Téglise, k Tancien et au nouveau testament k Tappui des allégories morales, qu'il développe. Quelque fois la marge présente des commentaires en français ; nous citerons par exemple , celui qui accompagne la métamorphose de Daphné en laurier. Cette note renferme une longue et curieuse allégorie.

Mais ce qui donne surtout de la valeur h ce précieux volume, ce sont les 15 vignettes dont il est décoré. Elles sont peintes en grisaille. Cependant Tartiste a mis des reflets roses sur les chairs , blonds sur les cheveux , bleus sur le ciel et vert sur la terre. Les costumes des personnages sont fournis par les modes du xiv« siècle. La première miniature représente Saturne. Nous signalerons la seconde, où Ton voit Jupiter foudroyer les géants habillés en hommes d'armes du temps de Charles V , et la troisième où Ton a peint Junon avec des vêtements de reine, des paons à ses pieds, un sceptre de fleurs à la main et un arc-ra-ciel au-dessus de la tête. La septième nous montre Diane en dame de cour se livrant au plaisir de la chasse. Sur la neuvième on reconnatt Hercule couvert d'une peau de lion : il porte une couronne k l'épaule. La dixième est consacrée è Vénus ; elle prend un bain et se plonge dans l'eau jusqu'à la ceinture : le cristal des ondes laisse voir h surplus. La déesse joue avec des fleurs et des oiseaux. Aux bords du bassin voltigent trois colombes. A côté se trouvent l'Amour assis , vêtu d'une longue robe , et les trois Grftces , complètement habillées. Sur la onzième on voit Mercure en costume de varlet ; il va trancher la tête d'Argus. Mars occupe la douzième : il est armé comme on l'était sous le roi Jean. La visière de son casque est baissée , comme celle de Pallas ( vignette 6» ). Il monte un char de guerre traîné par deux chevaux. La treizième est dédiée à Apollon , aussi vêtu comme un varlet. Sur la quatorzième est représenté Neptune en habit bourgeois et couché au fond des eaux. La quinzième appartient au dieu Pan. Ce magnifique volume est illustré d'initiales , de filets et d'arabesques rouges et bleus, et de fleurs de lys d'or et d'azur.

Sous le même numéro 6986 , la bibliothèque nationale range un autre manuscrit du même ouvrage, sur papier et k deux colonnes. On n'y trouve ni la préface ni les dernières pensées de l'auteur. Ce volume n'a rfcn de remarquable.

M. P. Paris , daDs ses recherches sur les manuscrita français de la bibliothèque nationale , décrit encore deux copies de notre texte , que nous nous bornerons à citer. Sous le qo 7230 figure un vol, petit in-folio , écrit sur vélin , contenant 277 feuillets. Sur chaque page se trouvent deux colonnes de vers. Ce manuscrit , pauvre de miniatures et dMnitiales , vient de la bibliothèque de Fontainebleau. Un autre volume , originaire du fond' Golbert , n« 630 , in-quarto magno , contient 342 feuillets aussi à deux colonnes. On y voit des miniatures li sujet et une vignette en lête de chaque livré. H date de la &n du 14" siècle et appartient k M. Dubosc , conseiller-secrétaire do roi et gentilhomme servant de la reine On lui en avait fait don en 1656*

La bibliotlièque de l*Arsenal possède aussi un assez beau ma> nuscrit intitulé le Roman des fables d*Ovide. De format grand in-folio , il renferme trois colonnes par pages et un très grand nombre de vignettes. Malheureusement , elles ont peu de mérite et ne valent pas celles » que nous venons de décrire. Ce volume ne nous a rien révélé sur le nom de son auteur.

On trouve quelquefois des manuscrits renfermant la traduction des Métamorphoses par Ph. de Vitry , dans lesquels on passe les moralités , la préface de Tauteur et sa péroraison.

(K) L'existance de ce texte a été indiquée pour la première fois , par Jean Senncbier dans son catalogue raisonné des manuscrits de la ville de Genève {i). Gomme son examen avait , une grande importance pour notre publication nous avons eu recours au savoir et à l'obligeance de M. L. A. Privat-Bory, bibliothécaire de la ville ; et avec un empressement, dont nous ne saurions trop le remercier , il nous a donné les notes nécessaires pour compléter et rectifier au besoin la description de Sennebier. — Ce volume in-folio , écrit sur vélin , compte 392 feuillets et paraît dater du xiy« siècle. En tête se trouvent plusieurs feuilles d'un vélin qui parait différer de celui, dont est composé le corps du poème. Au sommot de la première page on lit cette mention: cy commencent les rubriches d'Ovide le grant dit métamorphosées , translaté de latin en Français par Grestien Legouays , de Saincte More vers Troye (2). M. Privat-Bory nous apprend que l'écriture de ces lignes n*est pas semblable à celle du corps de l'ouvrage. Elle est tracée avec une encre plus noire et avec plus de perfi^tion.

C«) « vol. in-P». Genève 1780 , 5« partie, m»** fraiçais. N*» ns, p. 429. (2) Senncbier avait lu ii tort : Gretien (Te Gouay^.

Vient ensuite une table des sommaires des chipitres composant les 15 Unes des métamorphoses : elle reproduit mot pour mot les titres des chapitres du texte , occupe 4 pages , et se termine par ces mots : Nota que plusieurs fables et mutations sont contenues en ce livre, dont aucune meacton n*estiliicte et rubriehes préeéden , qui apprendrdnt aux lisans. Sur le feuillet à gauche de cette mention se lit cette note : ce présent livre nommé Ovide de métamorfose est an comte de Montpensier danlphin d'Auvergne ; signé : Gilbert. — Gilbert de Bourbon , comte de Montpensier, dauphin d'Auvergne, mourut en 1496. Plus tard , ce volume appartint ï Alexandre Petan , conseiller au parlement de Paris , flls «de Paul Peteao , aoissi magistrat et célèbre antiquaire. Sur la reliure du volume se trouvent les armes de la &mille Peiau avec cette mention: ex libris Alexandri Petavii in Francorum euriS consiliarii Pauli fllii. Aucune note ne confirme ni ne conteste la véracité de la mention, qui commence le manuscrit : dans le corps de ronvjrage on ^ne voit nulle part le nom de l'auteur.

Pour ne pas laisser de doute sur. l'identité de ce texte avec ceux conservés en France nous en publions les premiers et les derniers vers :

Se l'escripture ne nus ment , Tout est pour nostre enseignement.

Quant qu'il a es livres escript ; Soyent bien ne mal li escript.

Qui bien y veult prendre regart , La mal y est que l'en s'en gart , Le bien pour ce que l'en le fasse .

Et aux dieux donne cuer et grâce De conquérir sens et savoir, 11 ne doit pas sa bouche avoir Trop chière i^u bien dire et espandre Car nul ne doit sen sans respandre Car ne vault sen que en enserre Ne plus qu'avoire muciès en terre :

Pour ce me platt que je commans Traire du latin en romans.

Les fiibles de l'ancien temps.

Ce début publié par Sennebier a été vérifié par M. Privat-Bory , qui l'a trouvé exact : voici la fin qu'il a bien voulu nous transmettre :

Et Dioux par sa gse mercy

Dont tel grâce à ce livre cy ,

Que n'y ait riens, qui li déplace,

Né par droU à reprendre Uice Et qu'il fie polMO estre effitoié» Ans ne perdus nedespeeûte lie par viellace en oubli mis!

Ains soit .publiés el leu»

Par tout le monde amenœos Teat que ce siècle, durera Et que mon eorps. s*acuitera Vers la mort, qui sen taaage Pmnl sur tous sans (aire avantage, Et sans nul bomme déporter !

Dioox en face m*ame portw Aux sums cieux en sa compeingnie Pour vivre en pardurable vie Et mou nom. soit eacript ou livre Où Dieux foitiaes amis escripre.

ExplieU les fables d*Ovide avec Us exposieions et les alégùries. Et hic finis.

Ces fragments révèlent un copiste infidèle et peut-être étranger.

(L) Le manuscrit dr Tabbaye Saint-Victor est in-4o et porte les nos 866 et Ilii. Les premiers feuillets sont en peau de vélin. Tous les autres sont d'un très beau papier, dans la pftte duquel est imprimée une fleur de lys allongée. Chaque page contient deux colonnes de texte. L'écriture , un peu pftlie , est nette et date du commencement du 15« siècle. Le volume commence par plusieurs feuillets, qui servent de table. Au sommet du premier feuillet destiné au texte , on voit les armes de l'abbaye an milieu des mots. Jhesus, Marie, S. Victor, &. Augustinus. Au bas on lit ce distique :

Bic liber estSancti Victoris Parisfensis :

Inveniens quis , ei reddat amore Dei.

Sur le recto d'un feuillet de parchemin qui sert de, garde , se trouve la mention suivante :

Liber in gallicè et rithmicè editus a Magistro Philippe de Vi- Iriaco , quondam Meldensi episcopa, ad requestam domine Johanne , quondam regine Francie , continens moralitates. contentorum in 15. libris Ovidii methamorphoseos. Cujus jibri tituli singulorom capitulbrum dictorum 15. librorum habêntur in quatuor foliis primo positis sig. quotatis etc.

Cette mention fut écrite vers le milieu du 15* siècle. D'ailleurs le parchemin, sur le revers duquel elle se trouve , est un fragment de titre > qni paraît appartenir à cette époque.

(M.) Metamorpliosis Ovidiana monliler a aaïUtro Thomas wàleya, aaglioo, <i« prolB8ii<Ni4 preilioatonim aub sançtiMiaiO patn Domioico, axpteoiia: F^ IMgPMlk i515, «m La laU», qai eomjDienca le voIoom , nk 4estiné^ aB^li^nent ais monUté»w A la fia une maia du 16« aiècli^ a coaweagé ub* table te ftèlat ; elle »*arréte i la lettre C. Oa trowiat dans 1* pMBièaa d|» titres très curieux : e» voici qiiel<iUtft-iws : AbMentia preliftl^ eet cauaa moltorum malocam , f» 97. -^ AdioMÉi babeiit avaritiam ensptiabilem , f» 10. -p- Âffectio nalierom, eifi «^rilM aso», &> 102. — Vide ibi bonas trulba da&laitate Butiemm^ — ^ Ballivcpuni' tria sant gênera, fol6. — f Barbam homilitatU et coaataBtis dtbeni prelati habere, fi» ioi. — - Barbatoa filios imberben paitrafl» indeqMi» esthabere. — Id. Gonspiratorea» oollegii torbatona. dabat pva» latus sub pedibus calcare , f» 6. — llalier> non potasi sUenttuai^ tenere, f» 31. — Mulier non potest cuatodiri» f^ i5. — - MttUaMa^ fornicatrices , utinam tali signe signarentur, qnam ad modiuiii soror Gorgonina , f» 45. — Principes mundi in deliciis naJiirQ noscsntur, f» 15. etc.

Incipit liber primas metamorphoseos Ovidii moralizate. : In nova fert animas mutatas dioere formas, corpora , etc. — • Ovidius in primo libre metamorphoseos prémisse prologo traetat mondi creationem secundu^i opinionem Anaùgore :. posteà qu6 Promefiieus de limo t^rre fecit unus hominem in similitndinem ac effigiem moderantum ouncta Deomm. Hanc de quattuor etatibus secali, et quattaor temporibus anni» etdeviciis subintrantibns. His ita premissis, tiactat qn6 Gigantes afiTeotaverunt regnnm céleste : et ut ad celnm possent attingere, oongesse-

runt et aggregaverant montes super montes rêvera taies

Gigantes sont hodie Tjfranni divites et avari» quibus non sulficit aase in statu sno , nec in statu subjectiçnis et humilitatis imo in celnm id est ad statum alte prelationis et dominationis nijtuntur ascendere, sicut patet in ambitiosis. Esaie XIIII,: ascendam in cœlum : super astra oeli exaltabo solium meum. — Istud. patet. in avaris , qui oupioent esse milites et jud^ces , et locum altum juridictionis cupicent occupare. Sapientie ; XYIII : usque. ad calum attingebat stans in terra.

Lib: quartus. Fab. Vlir Hermopbro4|t9«i.

Ift(). Ôje^rq^pi^ditas, dlius MorcHrii* potejit figurfire Qfli QUam aup<^. om,^aj speciosoiQ,. qui a principio. propriaqi patriani»». idi est Par^disom, dimitten^. dacravit. Et. ad aji^ lo^, t/M^. ad nimo4ttm* ^ lrml<en» et ibi in, «Aaâ,4e Igvaire. Î^j^a ilM Gen : XII : eg^edere de terra tua et dff oongitatioi^e* tua. -r-- Ista nympha ociosa potest figurare naturam humanam ocio de* ditam etc.

(N.) Gy commenct Ovide de Salmonen son livre intitalé métemorphoee , oontenant yv livres partlealiere, moralises par M. Thomas Waleys.... translaté et composé par CSolard Mansion. — Fait et imprimé en la noble ville de Bruges en Flandres, par Colard Mansion citoyen de ceste ville » an mois de may Tan de gnce .m <{aatra ans un xx et un. grand in falio gothiqne à 2 colonnes. •*- Ce volume contient 17 grandes gravures et H vignettes plus petites sur bois. A sa tête on trouve une préfoce , la table, une seconde et une troisième préftees. Les vignettes nous paraissent empruntées au manuscrit du duc de Berry : seulement les costumes des dieux ont subi quelques changements ; ils ont suivi la mode et revêtu les formes adoptées au xv« siècle sous Lous XI. Quelques citations, que nous sommes forcés d'abréger , vont établir le plagiat de Mansion.

Cy commence Ovide son Iwre ouquel, U invoque /'ayde de ta Saincte Trinité :

In nova fert animus : etc. — 11 m'est venu en corage, dist Ovide, de dire comment les formes furent mueez en corps nouveaux: quelques uns ont esté» qui s'entremirent de corrigier uostro acteur, disans qils entendirent les corps en nouvelles formes muez. Mais teles ftbles ne doivent avoir lieu en homme raisonnable : car ains que Dieu créast le monde, il n'estoit chose qui receust aucune fourme. -^ Aspirate meis etc : Ovide au commencement de son livre appelle et invoque en son ayde Dieu en plural et dist : — aydiez moy , Dieux , à ce dittier faira, qui les formes muastes, quant les donnastes aux nouveaux corps. Dès le commencement du monde cootiDuellement Jusques a mon temps, perpétuer ce présent dittier et volume que je entens foire. — Car quoyque les payons croient plosieura Dieux, se devons nous fermement croire qu'il n'en n*est que un en trois personnes, d'une qualité , d'une essence , et d'une éternité, Père Filz et Saint Esprit. Tout créèrent ces trois peraonnes:et perdus est qui ce ne croit. — Le Filz descendy des cieulx par l'émission du Père et devint vray homme pour salver et racheter les perdus. — Aussy fut le Sainct Esprit vous et muez en forme colonbine au Filz babtisier. Et la voix du Père y fut oye venant jusqnes aux humains disant : Hic est fUius meus dilectus, in quo michy benè complacui: Ipsum audite : Gest mon trèsamé fils , c'est mon désiré , ou quel jay mise ma plaisance : Ainsi s'apparurent ensemble ces trois peraonnes lesquelles peuvent estre divisées sans diviser leur unité et sans changier leur deité. Et si se monstrèrent en un moment en trois

guises. Pour o6 peut racleur prier la Trinité en pluralité , non pas pour ce que trois Dieux soient , car les trois ne font que ung seul Dieu. Et toujours étemelleoient seront

FabU d'Orphée et d'Enridice. — Il (Orphée) tenoit sa harpe sntre ses bras et en touçoit les cordes , et de sa bouche se prist II chanter tele chanson .

vous , dieux de la chartre obscure , Où toute humaine créature, Que riens nulle ne le vous toit , Vient et descent ou tart ou tost , Se me loist et se vous 02 dire , Je ne viens pas pour eest empire Visiter , ne pour vous véer , Ne pour vos tourmens assayer ; Car de tout ce n*ay je que faire.

Venus suy autre chose faire :

Euridice , que prise avoie A femme est cause de ma voye , etc.

Plus loin , Mansion reproduit le chant d'Orphée au milieu des arbres et des animaux.

Sens moral à la fable de Hermofrodiie , de la henmU inearnadon de Nostre Sauveur /. C.

Gestui enfant Hennofroditus,fils de Mercure , peut signifler le benoist fils de Dieu , bel par dessus toutes choâes. Lequel du commencement décréta laissier son propre païs , assavoir Paradis , et se transporta k autre lieu , c'est en t^rre , à se baigner en la pure et clere eaue.... Geste nimphe Salmacis oyseuse peut signifier Tumaine nature lors donnée à oyseuse.

Sene allégorique dessus la fable dessus dicte : -— De Hermofroditus vous diray et expôseray la signifianee. Avis m'est que la fontaine est le lieu où la semence s'assamble , qui vient de la chamele mixtion de homme et femme. Ge lieu est appelé matrix , qnî doit être si grant et si large que vu chambres y puissent être , trois à dextre , trois à senestre et ung an milieu. Alors doit naistre Hermofroditus , c'est demi masle et demy femele ,. et les mascles i dextre et les femeles à senestre. Les moiens ont Tune et l'autre nature. Mais quant est à l'œuvre de nature le membre féminin peut plus que le masculin. — Par Salmacis est entendue femme , qui met sa cure et entente à elle fiirder , peigner et parer de joiaux et d'aoumemens pour abuser les musars , et veult user toute sa vie en vanilez et désirs de la chair. Folz et desvoiez sont ceulx qui ne les eschievent et fuient.

TdCm^Qons noji clUtions par la cooclasion du volume : A i*«yde de nXwf- ompipotent Diea , qai fui caaae et commen*

cernent de ceale noaire œnfre , sommes veout k parfoicte et sa* liïiilifeQp. Auquel j(».9iipplie » ensemUa à tous cejulx qui le liront (tjBQHWKtlire, que sa je ai y apostille onijousé aucune chose non estre digne d'escripre, ou que elle vaulsist mleulx estre teu que dicte ou sceute , aucune chose qui ne tende ne dresohe les catholiques à vrtjeo et Meneurée fin ; qu'ils le me veulent pardonner et le veulent bénigiement ledrescher et interpréter en meilleur sens que je ne Tay sceu fiiire. Et ceites touchant au texte , je n'y entons avoir toudiié ouUre ce que je Tay trouvé bien et très congruement translaté par mcUeurs clercs et plus salges que moy.

Ne peut-on pas voir dans ces derniers mots un aveu tardif des obligations , que Colart Mansion avait k Tœuvre de Ph. de Vitry.

(0) De tous les auteurs du vieux monde „ le plus populaire au moyen-lge fut sans contredit Ovide. Virgile , Boèce , Gicéron plaisaient aux clercs: mais les légendes amoureuses du paganisme avaient pour la foule , pour la jeunesse surtout , d*irré* sisiibles attraits ; aussi , nos premiers poètes français qnt-ils été lui demander des inspirations et des chances de succès. Benoit de Sainte-More , Chrétien de Troyes » des trouvères encore aiqourd*hui sans nom traduisirent Ovide ou Timiitërent : des philosophes , des esprits sages et religieux , s*^empressèrent d*éclairrcir ou d^obscurcir de leois commentaires ses vers harmonieux. Ph. de VUry ne fit que suivre une voie ouverte devant lui : mais ifl l'élargit , aplanit les difficultés qui l'embarassaient encore et mit k fin I» traduction des métamorphoses entreprise et abandonné!» par tant d*^utres. Sies travaux servirent aux gens de lettres , qui lui succédèrent. Geoffroy Ghaucer, ce grand translateur, comme l'appelli» Suataohe Deschamps , neoumi k la traduction de Vitry povF mettre en ven' anglais quelques-unes des fhble» d'aide.

En i370 Qiovanne de Bonsignori traduisaU en italien les métamorphoses. Son œuvre ne fut imprimée qu'en ii97(l).

Mais d'autres traductions moins anciennes peot-^tre, avaient été plus tôt publiées : k leur tête figurent celles données à Bologne en U71 par Franmeus PtUeolanus, k Venise en t413 , k

■WtW^— ^p^i^^WW^TW^T-^— <^^ iiii M .11 . mm 1. I II " » " ' "'

(A) A Venise chez Zo«ne Rosso ad instantiam de Lonis Lucaii-

tonlo Zonta Florentino. — vol. ih-f*. h a colonnes , orné de vignettes gravées sur bois.

Lyon eu 1417 par DomiHuê CtOderimu , h Milan lett 1417 pH^ Bonus Atfùunitis.

Bientôt le texte d*Ovide fut livré aux commentatenn , et les moralités de Ph. do Vitry , déjà étudiées par Waleys et Colari Maosion, inspirèrent plufi d^un littérateur émdit ou religieux. Louis Hain , dans son répertoire bibliographique des ouvrages imprimés jusqtt*en 1500 , donne aux œuvres d*Ovide et à leurs traductions 122 éditions. Celles qui contenaient des explications allégoriques, historiques ou morales «dnt au nombre de 25. Kous citerons les métamorphoses traduites eo espagnol , dédiées ^ Jeanne d*Arragon et accompagnée d^allégories et de moralités "composées par Miguel Bonaventure. Ce curieux ouvrage ftit publié à Barcelonne en 1494. (No 1267.)— Hain nous indique encore, n» 12,170, Tédition des métamorphoses augmentées des commentaires de Raphaël Regius, dédiée ï François de Gonzague, duc de Mantoue, imprimée à Venise en 1495. — Nous ne parlerons pas ici des auteurs, qui se sont bornés à faire sur Ovide les métamorphoses des travaux philologiques ou historiques comme Jacques Gonstantins (1508). Joannes Sprengius , (Paris 1570). Jos: Scaliger , J. Gruler, D. Heinsins (5 vol. in-16 1629; nous ne dirons rien non plus de ceux qui ont cherché dans les fables d'Ovide des allégories comiques ou ridicules comme d*Assoucy (2j etL. Richer (5). Mais à ceux qui seront curieux de savoir ce que les modeilies ont pu emprunter à Timagination et à la philosophie de Vitry , nous signalerons les travaux de Barthélémy Aneau (Lyon 1556). — De Raymond et de Charles de Massac (Paris 1617, in 8o). — De Nicolas Renouard (Paris 1619, 1625, 1653. — De Pierre du Ryer (Paris 1655, 1668). — De la Barre de Beaumarchais (Lahaye 1728). — De Morven de Bellegarde (Paris 1701). D*Antoine Banier (Amsterdam, 175ip. De Bochart, d*Huet , des pères Thomassin et Kircher. ;n est glorieux pour Vitry de se trouver I la tête d'une pareille liste et d*6tre devenu chef d*école.

(P) Nous n'avons pas besoin de &ire remarquer au lecteut toute l'importance de ce passage satyrique. Il signale des abog que nos poètes du moyen-lge attaquent rarement. Les reproches

(^ L'Ovide en belle hmiieor.* Parts 4«5S, 46BO.

(t) Ovide boaffon on les mètarmorphoses en vers burlesques, Paris

4S49, 4Sia^ IC65.

de Vitry sont justiftés par les chroniques et les monaments de noire vieille jurisprudence. L'usage de partager les objets saisis sur on voleur, quelle qu'en soit l'origine , nous reporte au temps de la barbarie la plus sauvage. Il remonte k la naissance des tribunaux de la féodalité , alors que les principes du bon sens et de l'équité la plus simple périssaient avec les débris de la civilisation Romaine ensevelis sous les ruines du trOne Garlovingien. Vitry en signalant les réformes , que réclamaient la raison et la Justice prouve, qu'il savait allier le dévouement au prince avec la franchise , et que la crainte de perdre ses ibnetîens ne l'empêchait pas de servir la cause sociale.

Page 1