‹ Les œuvresChapitre 115 sur 149 · A MONSIEVR **\ LETTRE XXIII · texte numérisé non relu

A MONSIEVR **\ LETTRE XXIII

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> n'ay point d'autre excuse à vous donner du long-temps que esté «à vous escrire, et à m'acquitter de ce que ie vous dois; ma paresse. Outre la mienne naturelle, j'ay encore contrado e du pays où ie suis; qui passe sans doute en fainéantise toutes Nations du Monde. La paresse des Espagnols est si grande, on ne les a iamais pu contraindre à balayer deuant leurs portes : 1 en couste quatre-vingt» mille escus à la Ville. Quand il pleut, «t qui apportent du pain à Madrid, des Villages, ne viennent int, quoy qu'ils le vendissent mieux : et souuent il y faut ennoyer [ustice. Quand le bled est chef en Andalousie , s'ils on ont en jtille, ils ne prennent pas la peine de l'y enuoyer; ni les autres n venir quérir; et il faut qu'on leur en porte de France, ou illeurs. Quand vn Villageois qui a cent arpens, en a labouré cinmte : s'il croit en auoir assez, il laisse le reste en friclie. Ils laisit les vignes venir d'elles-mesnies, et sans y rien faire. Vn Ita- I qui tailla la sienne, en trois ans la racheta de prix. La Terre Ispagne est tres-fertile : leur soc n'entre que quatre doigts dois; et souuent rapporte quatre-vingts pour vn. Ainsi s'ils sont lures; ce n'est que parce qu'ils sont rognes et paresseux.***

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