‹ Les œuvresChapitre 124 sur 149 · LETTRE DE MONSIEVR COSTAK · texte numérisé non relu

LETTRE DE MONSIEVR COSTAK

miçrs traits j furent y^lus aduïirées et plus estimées de la Grèce curieuse, sçauante, et polie, que toutes les autres pièces que m grauds Peinires auoient le plus ii auaillées et le plus finies. Pline adjouste : Quippe in ijs linmimnta reliqua^ ipsœque cùgitatimi artificum ^pectanturt atque in lenocinio cmnm^ndationu doloresU manus càm idagerent esûlinetœ^ desiderantur, le vous allègue œ latin, Monsieur, parce que ie n'en ay pu faire de François qui fusl de mn prix et de son mérite^ quelque effort que j'aye fait dans ma première deffense, d'eu exprimer toute la force, quand j'ay dit ;

« Tout ainsi que la pieté consacre les plus belles choses, quacd u elles ont touché les corps des Saints , ou seulement leurs os et « leurs cendres; de mesnie, radmLaion et l'amour se font des a Idoles, de tout ce qui porte le nom des hommes extraordinaires; « qui leur ont esté rauis : et comme si chacun estoit capable deU « mesme deuoiion et du raesme culte, elles les proposent en uma ration à toute la terre , et à tous les Siècles . Il ne leur est poiûl a échappé de billets si peu importans ny si négligez^ que leurs Par- <£ iisans passionnez ne regardent comme de précieuses reliques de m ces grands Esprits, digi: j auées dans le marbre et dmis

a le bronze, et de passer j« deraiere postérité. Surtout,

u s'ils découurent quelques -,t^intîasj quelques parties dVn corps a qui ne soit que demy formé, quelques commencemens grossiers a d\ne pîec^ qui soit demeurée imparfaite; c'est alors^ que le de- « sespoir de la posséder iamais toute entière, resueillanl rafOiction « de la perte de TOuurier, met vne haute enchère à son ouurage, et a en releue le prisjusques à rinfiny : outre que TimaginatiQU qui « ne manque point, quand on lajaisse en sa pleine liberté, degrosa sir et d'agrandir les objets au de-là du naturel, se figure des grâce ces, des beautez, et vne certaine idée de perfection, qui est au « dessus des exemples; et qui surpasse le génie de 4'Artisan, et « souuent mesme la puissance de son art. »

Mais pour reuénir à nostre Roman, asseurez-vous Monsieur que la Cour luy fera vn tres-fauorable accueil , quoy que la suitte et la conclusion, y soient à désirer : et que ce qui luy manque, sera cause que les sages diront, encore auéc plus de vérité qu'ils n'ont fait jusques icy, que les plus belles choses du Monde sont imparfaites. On ne peut rien voir à mon gré , qui soit écrit plus, galamment. Sans parler de la judicieuse œconpmie du dessein; de l'agreable variété de Féuenement ; et de la richesse des descriptions: les entretiens sont tout ensemble si naïfs et si fins, si délicats et si forts, si iustes et si détournez, si naturels et si Surprenahs; que

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