ONSOLATION SUR LA MORT DE L'AUTHEUR
SONNET
C'est trop pleurer un mort^ à qui les Destinées Firent un si riant et si tranquille cours : Qui sçeut si bien vser des momens de ses iours^ Et vit de tant d'honneurs ses veilles couronnées.
Yne suitte^ en viuant, de Grâces enchaisnées, De leurs dons plus exquis ornèrent ses Discours ; Et Fart à leurs beautez adjoustant son secours^ Sur un parfait modelle accomplit ses années.
Il est vray que la Mort par qui tout est détruit , Trop tost du noir bandeau de Fetemelle nuit A voilé sa belle Âme^ et siilé sa paupière :
Mais sans plus rien deuoir au céleste flambeau^ Brillant dans ses Escrits de sa propre lumière, Ne va-t-il pas reuiure en dépit du tombeau ?
De Pinchbsnb.
A MONSEIGNEVR LE PRINCE
SONNET
Prince le plus vaillant de tout ce qui respire. Et qui de nostre Trosne est le bras triomphant ; Qui fais céder l^pagne aux armes d'vn Enfant, Sous qui bien-tost le Ciel ordonne qu'elle expire.
Toy qui guides ses pas à marcher à TEmpire , Qui donnas la Victoire à son règne naissant; Et qui ieune aux combats des premiers te poussant, As fait cent Actions que tout le Monde admire !
Que te reste-t-il plus après tant de beaux-faits ^ Pour rendre tes désirs et nos vœux satisfaits ^ Que de trouuer en France vn Héraut de ta Gloire ?
Tu Fauois en celuy qui traça ces Escrits, Si grauant ta Valeur au Temple de mémoire^ Trop tost pour Tacheuer^ la Parque ne Teust pris.
Db Pinchesne.