A MONSEIGNEVR LE COMTE D'ALAIS
LETTRE CLVL MONSEIONEVfi ,
Si vostre affliction est vne affliction publique , et si elle touche eneralement tout ce qu'il y a d'honnestes gens en France : ie pense ue vous ne doutez pas que ie ne la ressente extrêmement; moy jue vos boutez ont obligé plus que personne, à prendre part à tout e qui vous regarde. le sçay. Monseigneur, combien constamment ous la souffrirez. Mais cela ne diminue en rien mon desplaisir : et e qui m'en deuroit consoler, m'afflige dauantage. Plus ie considère luec quelle constance, et quelle grandeur d'ame , vous porterez ce X)up de la fortune : plus j'ay de regret que nous ayons perdu vn Prince , en qui vraysemblablenient toutes ces qualitez-là deuoient reuiurc.ot on la personne duquel jVsperois que nous rouorrions vu
iour les vertus^ que ie crains que nous ne trouuerons (1) plus mais qu'en vous. le souhaite^ Monseigneur^ que nous les y voir longtemps; que la fortune^ quia si cruellement coupé cette branche^ espargne au moins le tronc ^ et qu^elle respecte vne teste aussi cbere et aussi précieuse que la vostre. G'est^ ie vous asseore, autant pour la France que ie fais ce souhait-là , que pour moy, qni suis^ auec toute sorte de respect et de passion^
MoNSEiGNEVB^ VostrCy etc.