MONSEIGNEVB LE MARESCHAL DE SCHOMBERG
LETTRE CLXXII
MONSBIGNBVB^
)us m'auez fait Phonneur de m'écrire de si obligeantes, et de si s paroles : que ie n'ay pu iusques à cette heure rue résoudre à )ondre; de peur de me faire voir indigne de vos louanges, ou )us en donner qui ne fussent pas dignes de vous. Tout ce que ie puis dire de vostre dernière lettre : c'est que si j'auois tant soit moins de passion pour vous, vous seriez Thomme du monde ne feriez le plus de dépit. Mais ie prens tant de part à tout ce foiB regarde, que la vanité que vous m*ostez de mes lettres , ie prens des vostres : et ie me glorifie des choses que vous escricomme si c'estoit moy qui les auois faites. Au reste , Monseiip, quand vous doutez, si: ie me souuiendray de cricore, ou si 'ouueray vos roues: vous vous deffiez trop de ma mémoire, et ion iugement. Sans mentir, le Prouerbe que toutes comparaisons odieuses , est bien faux en vous. Il n'y a rien de si ingénieux, ie si agréable , que toutes celles que vous imaginez : et vous en rencontrez sur toutes sortes de suiets, vous ne sçauriez rien uer, que vous puissiez comparer aux vostres. Mais comme les îs vous coustent peu, vous ne les sçauriez estimer ce qu'elles it. Nous qui les faisons venir de loin, et qui ne les trouuons uec beaucoup de trauail , nous les sçaurions priser bien dauan- : et nous-nous tiendrions riches, des biens, dont vous ne s pas de conte , et que vous estes prest de desauoûer. En veç'a esté vne bonne fortune pour nous autres, qui faisons des IX esprits : que le vostre ayt esté employé iusqu'à cette heure à mander des armées, et à conduire des Prouinces, et que vostre sance vous destine à vne plus haute gloire, -qu'à celle de bien re. Vous nous auriez bien embarrassez , nous qui ne sçauons autre chose, et qui ne pouuons auoir de plus hautes visées, escouté auec estonnement, auec peur, et auec joye, ce que i auez fait dans Montpellier. Il me sembloit, que ie voyois Roont au milieu de Paris. Car il vous souuient bien, Monseigneur, résista seul à tant de peuple :
Non sasso, merlo, Iraue, arco, o balcstra, Ne ciô che sopra il Sarracin percole , Ponno allentar la valorosa doshn