‹ Les œuvresChapitre 64 sur 149 · LETIKES · texte numérisé non relu

LETIKES

Pour vous dire la vérité^ hors qu'il n'auoit pas les pieds si bieofaits que vous, ie vous trouue assez de son sàr : et quand vous aœz l'espée à la main ^ ie crois que vous luy ressemblez encore dauantage. Mais^ Monseigneur^ peut-estre qu'à l'heure que vous lisez cecy^ vous aucz encore quelque autre chose aussi importante à faire, et ie vous arreste icy par une trop longue lettre. le vous supplie tres-hun)blement de me faire Thonneur de me mander^ si^ enfiD, l'affaire du Pont Saint-Esprit^ est acheuée; ce qu'il faut que mon neueu fasse^ quand il partira; où il ira; à qui il s^âdressera. Doralice me cherche par tout, et m'enuoye quérir tous les iours pour me parler de vous. le la nomme Doralice sans mauuais augure, et sans imaginer aucun Mandricard. le suis,

MONSEIGNEVB , VostrC , StC.

A Paris le 6 Aoust 1646.

A MOINSKIGNEVR LE DVC D'ANGVIËN.

LETTRE CLXXIII

MONSEIGNEVR

Lors que ie croyois auoir la plus grande affliction du monde, et toute celle dont vn esprit est capable : l'appréhension que j'ayeue pour vostre Altesse, m'a fait voir que ie pouuois estre plus malheureux que ie ne le suis, et quequoy que l'eusse extrêmement perdu, il me restoit encore infiniment à perdre. le ne vous puis dire, Monseigneur, quel trouble ce fut en mon ame, de penser le hazard oii vous estiez; ny quel desordre et quelles ténèbres ie m'imaginois qui estoient prestes d'arriuer dans le monde. J'auois bien tousiours quelque espérance que le Ciel, qui donne beaucoup de signes de vouloir la prospérité de cet Estât, ne vous osteroit pas si tost à la France, et qu'il conserueroit vue personne, par qui il semble auoir destiné de faire encore beaucoup de miracles. Mais, Monseigneur, cette malignité du Destin , qui en veut aux hommes qui s'eslèuent au dessus de leur nature, et la nécessité des choses humaines, de tomber quand elles sont en leur plus haut point, me donnèrent beaucoup de sujet de crainte. Les courtes et précipitées prosperitez de Gaston de Foix ; la mort du Duc de Veimar au milieu de ses triomphes ; et celle du Roy do Suéde qui fut tué comme entre les

DE MONSmVH DE VOITVRE. 345

bras de la gloire et de la fortune : nie reuenoient à toute heure dans Tesprit; et ne presentoient à mon imagination que de fimestes {u^esages. Enfin^ Dieu s'est contenté de menacer les hommes : et il ne semble leur auoir donné cette alarme^ que pour leur faire nûeux considérer quel présent il leur a fait en vous^ et combien vous estes important à la Terre. La plus belle de vos victoires^ ne vous a pas donné tant de joye^ que vous en auriez, de sçauoir l'estonnement où ont esté icy tous les esprits à la nouuelle du péril où vous estiez^ etauec combien de larmes^ et de quels yeux vous auez esté pleuré. le seray bien aise^ Monseigneur^ que vous le sçachiêz : afin que si vous ne pouuéz-rien appréhender pour vous, vous appreniez au moins à craindre pour la considération des personnes qui vous ayment^ et que vous deueniez meilleur ménager dVne vie qui est la vie de tant d'autres. Parmy tant de vœux qui ont esté faits pour elle, ie vous supplie tres-humblement de croire, qu'il n'y en a point eu de plus ardents que les miens, et que de tant d'hommes qui reuerent Vostre Altesse, il n'y en a point qui soit plus que moy,

MoNSEiGNEVB, Vostre, etc.

A MONSEIGNEVR LE DVC DE LA TMMOVILLE.

LETTRE GLXXIV.

MONSEIGNEVB,

Vous ne vous contentez pas de me faire tousiours de nouueaux bien-faits ; c'est tousiours auec de nouuelles grâces : et vous les accompagnez de circonstances si obligeantes, qu'il faut auouêr qu'il n'y a que vous au monde qui le sçache faire de la sorte. le vous rends^ Monseigneur, mille tres-humbles remercimens de toutes les iMXitez qu'il vous plaist auoir pour moy. le voudrois bien auecque la démission de mon neueu que ie vous enuoye, vous pouuoir enuoyer vn acte public de ma reconnoissance : par lequel ie pusse témoigner à tout le monde, et la grâce que vous m'auez faite, et le ressentiment auec lequel ie l'ay receuë. Mais cela ne se pouuant pas, ie vous supplie très-humblement, Monseigneur, de vous contenter de l'asseurance que ie vous donne icy, que ie seray toute ma vie à vous, auecque toute la fidélité que ie dois : et que rien ne sera jamais si auant dans mon cœur iiy dans mon esprit, que la mcMuoirc

de vos bien-faits. Quoy que ie sçache^ au reste^ que le jugement que vous faites des vers que ie vous ay enuoyez est trop fauorable pour moy : ie vous auouë que ie ne me puis empescher d'en aamr beaucoup de vanité. Ce que vous me faites Thonneur de m'en mander^ et ce qu'il vous a pieu escrire de moy à Madame vostre femme, me touche plus sensiblement que ie ne le vous sçaurois expliquer. A dire la vérité^ il n'y a rien de plus obligeant. le suis si peu intéressé^ que ie préfère l'honneur de vostre approbation à tout le bien que vous m'auez fait^ et tout celuy que vous me sçauriez iamais faire. Cependant vous me permettrez de vous dire^ Monseigneur^ que les louanges que vous me donnez sont telles^ et escrites en tels termes^ que j'aimerois mieux sçauoir louer ainsi^ que d'estrc loué de la sorte : et que ie serois plus glorieux de les auoir données, que de les auoir receuês. le tascheray à m'en rendre digne le plus qu'il me sera possible : et si ie ne le puis d'autre sorte, ie m'efforceray, au moins, de mériter l'honneur de vostre bien-veillance, par la fidélité parfaite, et le respect extrême avec lequel ie seray toute ma vie,

MONSBIGNEVB, VostrCj CtC.

A MONSEIGNEVR D'AVAVX.

LETTRE CLXXV

MOINSEIGMEVB,

Y a-t-il rien de plus beau ny de plus grand, (fue le commencement de vostre lettre? En vérité, il n'y a pas tant d'honneur à ne point faiUir, qu'il y en a à s'accuser de la sorte : et cette franchise d'auoûer en vous des deffauts, que vous pourriez excuser ; ne peut partir que dVn admirablement bon fonds, et d'une ame riche, libérale, et justement confiante. le ne sçay si c'est qu'vn si honneste exorde m'ait entièrement gagné, mais ie suis demeuré persuadé de tout ce que vous dites en suite : et j'ay releu vostre lettre trois fois auec grand plaisir. l'y ay remarqué vne beauté, vne netteté, et vn agrément qui m'a fait souuenir de ce que dit QuintiHen : Messala, nitidusy et cavulidus, et quodammodo prœ seferens in dicendo nobiliiatem suant. Mais auec vostre permission, vous ne vous estes pas scrny (hi mesine esprit pour in'accuscr. La dernière partie (h'

e lettre est bien plus foible que l'autre : et au contraire de ce lit Cieeron, de Cœlio meliùs ohiiciente crimina, quùm defeni : bonam sinistram habes, malam dextram. Premièrement^ »5t sanscause^ et sans mécontentement^ que vous auez esté tant ois sans me rien répondre^ et que vous m^auez refusé vn billet ois lignes; sans mentir. Monseigneur, vous n'auez pas vsé en ie vostre bonté ordinaire : principalement en vn temps, où les 3s que vous auiez faites pour moy, vous obligeoient, ce me Ae, à me traitter plus ciuilement ; de peur qu'il semblast, cpie vous reposassiez trop sur le bien que vous m'auiez fait ; car, y'quoy que j'estime vos bien-faits, j'aime encore mieux vos ises : et si Pon ne pouuoit estre de vos Commis et de vos Amis lesme temps ; ie pense que vous me faites bien l'honneur de e, que ie ne delibererois guère sur ce choix. Que si c'est à cause uelque mauuaise satisfaction que vous auiez de mby, que vous demeuré dans vn si long silence, j'ay encore plus de sujet de tonner, que vous ayez gardé cela si longtemps sur vostre cœur re moy : qui depuis mon enfance vous ay tousiours aimé, ho- , estimé si constamment, si parfaitement, si hautement, que »bstant beaucoup de grandes et importantes amitiez que j'ay s depuis, il n'y a eu pas vn de mes amis, qui n'ait jugé, et qui. veu, que de tous les hommçs du monde, vous estiez celuy qui j^auois le plus d'inclination, et auprès duquel j'aimerois IX passer le reste de ma vie. Cependant, après tout cela, et s vne amitié de vingt-cinq ans : s'il court vn bruit qui vous dée, vous jugez que c'est moy qui en suis Tautheur, parce qu'il trouué conforme à l'interprétation que j'auois faite de vostre nae. Et cela vous paroist plus vray-semblable, que non pas que de gens qui sont de delà, ou qui sont icy, et qui inuentent les iours tant d'autres contes, ayent donné crédit à celuy-là. re lettre me sembloit extrêmement jolie. Ce zèle que j'ay en 38 choses pour vous, fit que ie la leus à deux de mes amis, et ie leur dis le sens que ie donnois à la ligne, que vous auiez §e en blanc. Ny eux ny moy ne crûmes pas que cette explicavous fust desauantageuse, et ne le croyons pas encore. Mais il lUt point vous le disputer dauantage. Vous auez vostre honneur rder : et ie loué cette modestie, pourueuque vous ne me teniez capable d'vne extravagance. Si vous ne faites cas de moy. Mouleur, qu'à cause que Ton dit que j'ay quelque sorte d'esprit , le ie sçay faire quelquefois vne belle lettre : vous ne m'estimez par la qualité que j'c^stimc le moins. Ceux qui me connoissent

icy, me loùeut d'auoir beaucoup d'amitié, de foy, de discrétion, et de probité. Toutes lesquelles choses, si vousn'auez comiuês en moy, vous y en deuez au moins auoir veu les semences dés ma première jeunesse. Enfin, j'ay beaucoup de raisons de me plaindre de ce que vous m^auez crû assez inconsidéré, pour auoir donné lieu à vue médisance, puisque vous la nommez ainsi, et de ce qu'ayant cm que ie Tauois faite, vous ne me Pauez pas plûtost pardonnée; car sans mentir, vous ne m'aimez pas la moitié de ce que vous deaez; si vous n'estes capable de m'en pardonner bien d^autres. le vous supplie de me défendre mieux vne autre fois devant vous mesme, et de me regarder comme vne personne qui a pour vous vne passîoD saïis exemple, et qui est parfaitement,

MoNSBiGNEVB, Fostre ^ etc.

AV MESME

LETTRE CLXXVL

MONSEIGNEVB,

Quand j'aurois eu quelque colère contre vous, les premières lignes de vostre lettre m^auroient appaisé, et m'auroient remis à la raison. le suis si amoureux de tout ce que vous faites , et les choses que vous m'écriuez ont de si grands charmes pour moy : que quand ie me plaindrois de vostre humeur, ou de vostre amitié ; dés que ie verrois quelque chose de vous, vostre esprit me regagneroit, et ie serois contraint de reueniràvous, comme on Test quelquefois d^ymer une maistresse cruelle. Il est vray. Monseigneur, que. lors que ie vous fis toutes ces reproches, et que j^escriuis rahiosulas illas satis fatuasy comme dit Ciceron en quelque lieu; j'étois extrêmement irrité contre vous : et sans mentir, quelque obligation que ie vous aye, j'auois quelque droit de le faire ; au moins

Si quid longa fides , canaque iura valent.

Et n'auois-je pas raison de trouuer estrange que vous, le meilleuv, et le mieux faisant de tous les hommes,

Qui largiris opes veleri fidoquc sodali , . me refusassiez cinq ou six lignes? et qu'estant libéral de toutes au-

très choses^ vous fussiez seulement auare de vos paroles? Cependant après y auoir bien pensé^ j*auouë que vous estes excusable d'en estre bon ménager; si vous sçauez^ aussi bien que moy^ ce qu*eUes valent. Car, à qui s'y connoist bien, et qui sçait le vray prix des choses, y a-t-il rien de si beau, de si riche, et de si précieux, et vostre dernière lettre seule ne vaut-elle pas tout ce que vostre Surintendance me sçauroit iamais donner? L'elegance Attique dont vous me parlez, fut-elle iamais plus pure à Athènes; ni Tvrbanité {dus agréable et mieux entendue à Rome? Que vous m'auez fait de plaisir, de m'alleguer cet endroit de TArioste, dont ie ne.m'estois pas souuenu, il y auoit plus de vingt ans. Et ce trait. Si ie tiens la plume avec Monsieur ***, il me querelle; si ie la laisse à Monsieur Voiture y Use dépite , ne vaut- il pas tout seul vn liure de belles lettres? Auec quelle vigueur, au reste, quelle force, et quel esprit, soustenez-vous vostre paradoxe? et tous ceux de Giceron ensemble, valent-ils le vostre? le ne laisse pas de demeurer en ma première opinion, et de croire qu'vn homme qui sçait escrire de si belles choses, a grand tort de ne point escrire à vn autre, qui les sçait si bien connoistre. Panui^e dit en vne pareille rencontre à Epistemon, qui auec de belles raisons, luy vouloit prouuer vne chose peu croyable : FentenSy et me semblés bon Topiqueur, et affecté à vostre cause. Vous m'vsez icy de belles grafides^ et diatiposes; et me plaisent très'4>ien. Mais preschez et patrocinez d'icy à la Penteeoste : enfin, vous serez ébahyj comment rien ne m^aurez persuadé, rauoûe pourtant que vos raisons m'ont esbranlé en quelque sorte. Mais, plus ce que vous escriuez est fort et persuadant, et ingénieux ; plus ie trouue que ie suis excusable, de vous auoir pressé de me faire l'honneur de m'escrire. le sçay, Monseigneur, que ce desir-là, quoy qu'accompagné peut-estre de trop d'ardeur, ne vous sçauroit déplaire : et il est difficile que vous ayez mauuaise opinion d'vn homme, que vous ne sçauriez contenter, en luy donnant quatre mille liures de rente , et qui est tout prest de rompre auec vous, si vous ne luy enuoyez de vos lettres. 11 n'y a rien, pour vous dire le vray, dont ie me passasse plus volontiers; rien que ie n'aimasse mieux qui me fust retranché.

Quid vis facîlius passus sim quàm in hac re me deludier.

Pen auois veu ces iours passez d'autres de vous ; vne à Monsieur ***, vne à Madame la Princesse, et vne à Monsieur***. Auec quelle force , quelle gentillesse, et quelle beauté ! Te suis au desespoir, do n'estre point à la source de toutes ces belles choses , de ne poinioir

estre auprès de vous ; et de ne pouuoir ramasser ce que vous dites tous les iours. Vous en croirez ce cpill vous plaira. Mais quelque bien qui me puisse arriuer de vostre bonne fortune^ ie vousiore que ie vous aymerois mieux cent fois Marguillier à Sainct NieolaSi que Surintendant et Plénipotentiaire. Cond[)ien de fois m'arriae4-fl dans ces ruelles dont vous me parlez^ de dire en moy-mesme :

0 ubi campi VesphaliîB !

Car enfin , quoy que vous disiez de la Barbarie de ce païs-là : il n'y a point de païs barbare quand vous y estes.

omitte mirari beatœ, Fumum et opes, strepitûmque Romœ.

Les plus beaux ^ les plus agréables , les plus délicieux fruits de la Grèce et de Fltalie , vous les faites naistre

Veruecum in patria-, crassoque sub aëre.

Neque miror Cœlum et Terras vim suam, si ita tihi conueniat, dimittere. Mon Dieu, que cet homme qui tecum decertare voluU rontentione scribendi , a choisi deâ armes desauantageuses !

Verbosa et grandis Epistola venit.

Mais pour parler de choses plus agréables : vostre lettre a mis delà division entre deux Dames, sur Texplication de cet endroit^ oii vous me parlez des inspirations qui me viennent dans la Ruelle de Madame la Marquise. Madame de Rambouillet prétend que c'est pour elle, et Madame de Sablé luy dispute. Que vous auez d^obligation à cette dernière de ce qu'elle vous ayme y et de ce qu'elle vous haït ! Car Fvn n'est pas moins obligeant que l'autre. C'est vue chose merueilleuse de l'impression que vous faites^ dans Tesprit de toutes les personnes à qui vous voulez plaire :

Adeô-ne hominem tam venustum et fœlicem.

Gelle-cy est entièrement irritée et reuoltée contre vous du peu de soin que vous auez eu d'elle : et ne se peut empescher de s'en plaindre en toute rencontre , ni de vous loiier en mesme temps ; Mais de quelle sorte louer?

Mieux, sans mentir, que ie ne sçaurois faire.

ie ne suis pas pourlaiit d*auis, que vous luy escriuiez, pour \ou>

CDoder. Car aussi bien vous retomberiez , sans doute ^ dans le ) qui vous est si cher. Mais mandez-moy^ s'il vous plaist , 16 chose pour elle. le vous demande aussi vn mot de c(HnpUpour Monteur Tubeuf. Si vous voulez vous passer de l'vn et litre, îe le veux bien. le suis content de vostre dernière lettre : vous demanderay rien de six mois. Conseruez-moy seulement leur de vostre souuenir, et me croyez tousiours ,

MONSEIGNEVR,. VoStrC, CtC,

A MONSEIGNEVR LE DVC D'ANGVIEN.

LETTRE GLXXVII.

MONSEIGISEVB,

stre Altesse n'a rien fait en toute cette campagne de si hardy, e que ie fais à cette heure. Car sçachant à quel point vous estes it; combien il y a peu de lettres qui vous plaisent : j'entre- . de vous en faû^e vne, sans avoir rien de bon, ni de plaisant à dire. Que ie meure, si ie n'aymerois mieux estre obligé à tuer )mmes de ma main , ou à me tenir auprès de vous , à relervne sortie des ennemis. Cette action, pourtant, Monsei- % où il paroist tant de hardiesse : ce n'est que la peur qui me it faire. Tay tâché tant que j'ay pu à m'en exempter : et plûtost le vous écrire vue lettre ordinaire, j'auois résolu de ne vous ) point du tout. Ce qui eust esté sans doute le plus court, et 3iUeur. Mais Madame de Montausier, que j'ay consultée là is , m'a intimidé : et m'a dit que ie ne m'y louasse point ; rous n estiez pas vn homme à qui il faloit manquer, et que [uemine que vous en fissiez, vous m'en voudriez mal dans e cœur. Or, Monseigneur, d'estre mal dans ce cœur, dont toute Te parle : ie vous auoué que ie n'ay osé m'y bazarder. Cette te a suiTOonté l'autre, qui me retenoit : et j'aime mieux vous jr voir, que j'ay moins d'esprit que vous n'auez pensé; que de donner lieu de douter que ie manque de zeïe, et de respect vous. Et certes il seroit bien estrange, que moy, qui ay tousaymé Achille et Alexandre, que ie n'ay iamais veus ni conet pour les choses seulement que j'en ay leuës , manquasse ission pour vostre Altesse , de qui nous voyons tous les iours

tant de merueilles, et dont j'ay receu tant dhonneur et timt de grâces. le vous asseure^ Monseigneur^ que les sentimens que j'aj pour elle , sont au point où ils doiuent estre, et que ie ne puis exprimer ni le plaisir ni la peine ****♦♦.

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