CHAPITRE VII
Les Roches-Grises.
Les Roches-Grises, dont il a déjà été qucsiion au commencement de ce récit, n'étaient éloignées du Grand-Chàtel que d'un quart d'heure environ.
C'était une masse imposante déroches dénudées, contre lesquelles un torrent impétueux grondait d'une façon terrible.
Au milieu de tous ces rochers s'en élevait un plus haut, plus effroyable que les autres, sur lequel demeuraient encore debout, après bien des siècles, quelques fragments d'un vieux donjon.
Là avait été, disait-on, le berceau de la famille de Grand-Chàtel.
Ce site grandiose, que la croyance populaire disait ha7ité par des esprits, était fort apprécié des voyageurs, des étrangers et surtout des paysagistes. Tous venaient à l'envi l'admirer de sa base ; mais nui n'osait s'aventurer dans l'étroit et périlleux sentier qui seul conduisait au sommet, pour redescendre ensuite du côté de Saint-Del.
C'était le même sentier que Nel (on s'en souvient) avait suivi la nuit du départ de Maurice, pour aller quérir plus vite le docteur Marc-Brun.
Betty avait eu un but en se rendant aux Roches- Grises. La coquette s'ennuyant au château (la conversation fort intéressante d'ailleurs, bien qu'un peu grave, des deux vieillards et de Mme d'Antre ne pouvant convenir à son esprit frivole), était venue en cet endroit, où elle espérait rencontrer quelques-uns des nombreux touristes qui, dans cette saison, visitaient cette partie de la montagne si justement nommée lapelile Suisse.
« Avec eux, du moins, pensait-elle, je pourrai causer d'autres choses que de littérature, d'art ou de politique! Et puis, j'apprendrai des nouvelles. »
Et voilà pourquoi elle était partie, malgré le soleil, la poussière et une chaleur de trente-cinq degrés.
Cependant son espoir fut déçu : ce jour-là, en effet, la solitude la plus complète régnait aux Roches-Grises.
En y arrivant, Betty regarda autour d'elle d'un air désappointé; puis, ayant aperçu une bonne