CHAPITRE XII
Le lendemain.
Le lendemain de la promenade en barque, à cinq heures du matin, les garçons des deux villas voisines étaient debout. Il ne s’agissait pas de perdre son temps à dormir. La veille tous les enfants s’étaient couchés très tôt, harassés qu’ils étaient après une journée pleine d’aventures. Avant d’éteindre les lumières, on s’était fait beaucoup de signes, d’une villa à l’autre, sans élever la voix pour ne pas éveiller l’attention.
Lisbeth, du balcon de 1’ « île mystérieuse » avait agité un mouchoir blanc ; Yves avait lancé à l’aide d’une flèche une belle rose qui était tombée aux pieds de Mme Plumet. Puis les lumières s’étaient éteintes, et chacun était parti dans le pays des rêves et de l’oubli.
Yves attendait ses amis sur la plage. Il était en costume de bain.
« J’ai simplement escaladé la grille. Comme ça, ni vu ni connu. Ah! le pauvre Lequerq, il était à moitié fou hier soir quand nous sommes rentrés. Il croyait que nous nous étions enfuis et qu’il ne nous reverrait plus!... Il en aura sûrement la jaunisse! Tante n’est pas revenue.
— Alors peut-être qu’elle ne reviendra pas aujourd’hui. Allons nous baigner. Savez-vous bien plonger et faire la planche?
— Oui, dit Pierre, mais nous ne sommes pas très forts en natation parce qu’il n’y a pas longtemps que nous sommes ici.
— Eh bien! nous allons nous exercer. »
Ce fut un bain incomparable. On fit la planche, des plongeons, des concours de vitesse en nageant; enfin, complètement moulus, les quatre nageurs reprirent pied et s’étendirent sur le sable, au soleil, pour se sécher.
Lisbeth, ayant suivi le même chemin que son frère, vint prendre son bain à son tour; mais il fut court, car elle avait hâte de rejoindre les garçons qui commençaient déjà à lancer leurs flèches.
Ils plantèrent un piquet dans le sable. Sur ce piquet ils fixèrent une cible, et, placés à une vingtaine de mètres de distance, ils commencèrent à tirer,
LE LENDEMAIN
Yves et Lisbetk étaient de première force. Ils ne rataient pas un coup et chaque fois atteignaient le centre du but. Pierre se montra assez adroit, Jean et Jacques beaucoup plus forts ; quant à Paul ses flèches allaient toujours s’égarer dans le sable, derrière le piquet.
Lorsqu’ils eurent assez de ce jeu, on construisit un fort.
« Ce n’est pas aussi amusant que l’autre jour, lorsque vous avez lancé votre drapeau... de votre fenêtre.
— C’est votre chambre, Yves?
— Non, « l’île mystérieuse » n’est pas notre chambre. C’est une pièce où tante ne vient jamais parce qu’elle ne peut pas monter les étages. Mariette non plus. Nous y plaçons tout ce que nous avons de plus précieux.
— Quoi donc?
— D’abord le portrait de papa. Et puis des plantes grasses, des poissons rouges, mes oiseaux, des étoffes que papa nous avait rapportées de ses voyages, des livres que nous relisons toujours, des coussins, des babouches, des sabres... tout enfin... les cadeaux de tante.
— Elle vous en fait souvent?
— Oh! oui... A moi, elle donne ses bijoux, à Yves de l’argent. C’est pourquoi, hier, nous
avons pn louer cette barque. Les pêcheurs ne voulaient pas nous laisser aller seuls ; mais devant le billet d’Yves, ils n’ont pu résister.
— Cette chambre doit renfermer des trésors !
— Oh! oui.
— Nous voudrions bien la visiter, dirent Jean et Jacques en ouvrant tout grands leurs yeux.
— Si l’étage n’était pas aussi haut, avec une échelle de corde... voilà qui serait amusant.... Attendez, si on essayait.... » dit Yves.
juisbeth se mit à danser en rond en battant des mains.
« Oh! les Plumet dans « l’île mystérieuse! » C’est ça qui serait merveilleux! »
Yves de nouveau escalada la grille et disparut dans la maison; deux minutes après il était sur le balcon de l’« île mystérieuse » en faisant signe à ses amis d’approcher.
« Écoutez, leur cria-t-il à mi-voix. J’ai envoyé Lequerq chercher des pastilles de chlorate de potasse sous le prétexte que Lisbeth avait mal à la gorge. Je descends et vous allez monter, dépêchez-vous.... »
Les Plumet ne se tenaient pas de joie. Collés contre la grille, ils attendaient Yves.
Lorsqu’il revint, il dit :
LE LENDEMAIN
« Il faut passer par votre jardin et le trou que j’ai fait dans la haie... mais vite... vite.... » Et voilà Lisbetk, suivie de Pierre, de Jean et de Jacques, de Paul, de Louis et de Rose qui traversent en courant le jardin de la villa Joyeuse et arrivent près du trou de la haie. L’un après l’autre ils y passent, non sans grands dommages pour leurs vêtements qui ne sortirent pas intacts de l’aventure. Toujours l’un derrière l’autre, ils se précipitent vers le perron, le gravissent, et, d’une haleine, grimpent les deux étages de l’escalier. Les Plumet n’eurent pas le temps de remarquer l’obscurité qui régnait dans la maison. Lisbeth s’arrêta devant Yves qui se tenait à l’entrée de 1’ « île mystérieuse » pour recevoir ses amis.
Le soleil entrait en plein par la fenêtre grande ouverte d’où l’on voyait la mer immense. Cette vue était tellement magnifique que tous, en entrant, poussèrent un cri d’admiration.
« Oh! que c’est beau! »
Puis ils se mirent à courir à droite et à gauche, regardant tous les objets avec curiosité.
« Ah! ces poissons! Quelle drôle de forme ils ont!
— Ces plantes, comme elles sont joliment assemblées dans cette caisse!
— Et ces petits serins!
— Oh! mais vous avez un véritable navire, s’écria Jean en découvrant un bateau à moitié construit qui semblait la copie d’un cuirassé. C’est vous qui avez fait ça?
• — - Oui, répondit Yves.
— Alors, ce n’était pas difficile pour vous do faire une girouette!
— Oh! les gentilles petites pantoufles, s’écria Rose, en découvrant près du divan, des babouches orientales de couleurs bariolées.
— Prenez-les, dit Lisbeth.
— Oh! non... je n’ose pas... et les yeux de Rose brillaient d’envie.
— Si, ça me fera tant de plaisir!
— Et ces coussins! Et cette cassolette! Et cette robe! Dieu que c’est amusant ici.
— Vous en avez des livres! dit Paul avec un soupir.
• — Oui, mais j’ai lu tous ces livres, au moins cent fois, alors ils ne m’intéressent plus. Je peux vous les prêter si vous le voulez, ils sont à moi.
— Oh! merci, merci....
— Je crois, dit tout à coup Pierre, le plus raisonnable de la bande, je crois que nous ferions bien de nous en aller....
LÈ LENDEMAIN
iôl
— Oh! quel dommage! encore un instant....
Non, non, il faut partir. Voyez-vous si
Lequerq nous voyait et s’il le disait à Mariette!
— - Oh! entendez-vous, une voiture!... Si c’était notre tante!... s’écria Lisbeth en pâlissant.... Oui, c’est elle.... Que va-t-on faire?
— Pour commencer, dit Yves en gardant son sang-froid, il faut s’assurer si c’est bien notre tante; ensuite, il faut surtout se taire. »
Les Plumet terrifiés n’osaient remuer. Yves ouvrit la porte et regarda du haut du palier.
« C’est vous, Lequerq?
— Oui, monsieur Yves. J’ai les bonbons pour Mlle Lisbeth; je les monte.
— C’est bon! »
Et Yves descendit l’escalier rapidement.
« Donne, donne. Et tante, elle n’est pas encore là ?
— Si, monsieur, elle vient d’arriver. Elle était fatiguée et n’a pas appelé tout de suite monsieur et mademoiselle. Maintenant, elle désire vous voir.
— J’appelle ma sœur. Est-ce que Mariette est auprès d’elle?
— Oui, monsieur.
— C’est bon. Dis à tante que nous descendons. »
En deux bonds, Yves retourna dans « l’île mystérieuse. »
« Écoutez, dit-il tout bas, tante est là....
— Oh! s’écria Lisbeth, qui se mit à pleurer, je ne veux pas descendre, je veux rester avec les Plumet; Yves, je t’en prie, continua-t-elle en se jetant au cou de son frère....
— Voyons, Lisbeth, dit Yves fermement, il s’agit de faire sortir les Plumet. C’est plus sérieux que ce qui nous concerne.... Et puis, maintenant que nous les connaissons, tout est bien changé. Nous allons pouvoir leur envoyer des messages. Voyons, Lisbeth, écoute-moi.... Tu vas descendre chez tante....
— Non....
— Si, Lisbeth, dit Yves en prenant les mains de sa sœur et en la regardant d’un air sérieux. Descends auprès de notre tante et tu forceras Lequerq à rester dans sa chambre. Moi, je maintiendrai ferme la porte pour que Mariette ne puisse sortir de la pièce, et pendant ce temps nos amis fuiront.
— Oui, dit Pierre, je me charge de faire filer la bande.
— Sous les fenêtres de tante, il faudra vous mettre à quatre pattes pour que Mariette ne vous aperçoive pas.
LE LENDEMAIN
— Entendu, soyez sans crainte. »
Lisbeth se précipita sur chacun de ses nouveaux amis et les embrassa impétueusement, malgré les gestes d’impatience de son frère.
« Elle nous perdra ! Et qu’arrivera-t-il alors ? » Les Plumet n’osaient prononcer un mot.
Enfin Lisbeth se décida à descendre l’escalier ; on l’entendit ouvrir la porte de la chambre de sa tante tout en disant à Lequerq.
« Entrez, ma tante vous demande aussi. » Yves, sur ses talons, saisit le bouton de la serrure et prestement les petits Plumet passèrent devant la porte et gagnèrent le jardin où, suivant les indications d’Yves, ils longèrent la maison en se mettant à quatre pattes, traversèrent les massifs, et passèrent enfin par le trou de la haie. Ils étaient sains et saufs!
Ils coururent aussitôt raconter à leurs parents leur sensationnelle équipée dans la villa Silencieuse.
« Je ne vous gronde pas, dit M. Plumet; mais vous n’auriez pas dû pénétrer dans la villa. Qu’aurait cru la tante de ces enfants si elle vous avait surpris? »
Il ne fut question toute la journée que de cette aventure et on eut beaucoup de peine à
se décider à faire une grande promenade. De la fenêtre de « l’île mytérieuse » ne vint aucun message. Et malgré le désir de Jean et de Jacques, qui voulaient à toute force y lancer un billet à l’aide d’une fronde, les Plumet attendirent les événements dans un morne silence.
L’avertissement vint, alors qu’ils ne l’attendaient plus.
Après le dîner, alors que Rose et Louis étaient déjà couchés, pendant que Pierre et Paul faisaient une partie de loto et que Jean et Jacques, sur une carte, traçaient des itinéraires nouveaux dans tous les pays du monde, trois petits coups retentirent contre les volets.
« Oh! ce sont eux! » s’écrièrent les quatre garçons bondissant et en faisant rouler leurs jetons par terre. En un instant ils furent près de la fenêtre et l’ouvrirent vivement.
« Vous!
— Nous!
— Venez, venez, entrez. »
Lisbeth et Yves escaladèrent la balustrade de la fenêtre et les Plumet et les O’Reneck se jetèrent dans les bras les uns des autres.
« Les petits sont déjà couchés? dit Lisbeth tristement.
• — Oui... il est tard.
LE LENDEMAIN
Ah ! tante ne nous lâchait pas, et Mariette
n’allait pas se coucher.
Comment avez-vous fait pour sortir?
— Nous avons passé par la fenêtre .
— Par la fenêtre de « l’île mystérieuse, » dit Lisbeth triomphalement.
— Mais comment?...
— A l’aide d’une corde à nœuds, répondit Yves non moins triomphalement que sa sœur.
— Mais, malheureux enfants, vous
pouviez VOUS tuer. Leg enfants étaient descendus s’écria Mme Plu- au moyen d’une corde à nœuds.
met effrayée.
Oh! non, madame. Nous sommes
entraînés.
Et comment rentrerez- vous?
Par le même chemin, dit en riant Yves.
— Oh! jamais de la vie! Je ne vous laisserai pas reprendre ce chemin.
* — Alors, madame, dit Lisbeth, tristement,
-Mariette criera et tante sera malade. Ça, c’est sûr et nous ne nous verrons plus.
— Madame, dit Yves à son tour, je vous assure qu’il n’y a aucun danger. D’abord l’étage n’est pas très haut; ensuite, je suis descendu le premier, j’ai tenu la corde bien ferme et Lisbeth est arrivée jusqu’à moi sans encombre.
— Et si des voleurs venaient pendant votre absence et se servaient de yotre corde pour pénétrer chez vous.
— J’ai mis Jupiter au pied de la corde en lui expliquant que personne autre que nous ne devait s’en servir.
— Alors, si Jupiter est votre complice!... dit en souriant M. Plumet.
— Maintenant, racontez-nous ce que votre tante a dit de votre promenade d’hier?
— Oh! elle n’en a rien su.... Lequerq a été discret. Il est fou, je vous dis, complètement fou! Il pense qu’il a vu des esprits... du reste je l’ai convaincu qu’il a dormi toute la journée d’hier.
— Alors, dit Pierre, comment avez-vous soi-disant employé votre temps.
LE LENDEMAIN
— A dormir, à manger, à lire, à soigner nos plantes, à nous déguiser avec tous nos costumes orientaux. Ma tante a trouvé que j’avais bonne mine et que je n’avais pas des yeux tristes comme avant son départ.... Elle pense que nous avons été bien sages....
— Vous êtes obligés de mentir, dit Paul gravement, c’est très mal.
— Oui, répondit Lisbeth et j’en suis bien désolée. Papa qui détestait tant le mensonge!... Aussi, moi, j’ai dit à Yves qu’il vallait mieux s’en aller.
— Mais, mes pauvres enfants, que deviendriez-vous? dit M. Plumet. Votre tante est trop faible pour partir et voyager avec vous. Écrivez encore à votre tuteur... ou bien, je peux le faire moi-même, si vous le souhaitez.
— Oh! oui, monsieur, s’écria Lisbeth, ce serait si gentil de votre part!
— Tante, reprit Yves, dit que son médecin l’a trouvée fort mal et que le voyage l’a beaucoup fatiguée. Elle veut rester quelques jours au lit sans se lever. Alors qu’est-ce que nous allons devenir? Elle a dit aussi que lorsqu’elle retournera à Bordeaux, pour consulter de nouveau le docteur, elle nous emmènera, car elle a été inquiète de nous pendant son absence.
— Si elle savait!... interrompit Paul.
— Oui... mais elle ne sait pas....
— N’entendez- vous pas un aboiement ? Seraitce Jupiter?
— Oh! allons voir.
— Attendez, dit M. Plumet.... Je me rends dans le jardin et je verrai bien s’il se passe quelque chose d’anormal.
— Je vous suis, monsieur, » dit Yves.
Et M. Plumet, prenant sa casquette, sortit, la cigarette aux lèvres.
Du jardin, il vit que Jupiter était à son poste. Le chien remua la quèue lorsqu’il vit ses amis, mais il ne quitta pas sa faction. Un passant, qui venait de longer la grille de la villa Beauséjour, s’éloignait. C’était contre lui que Jupiter avait aboyé.
« C’est une fausse alerte, dit en rentrant M. Plumet, que tous attendaient anxieusement.
— Moi, je pensais que c’était Mariette qui s’était levée.
— Oh! la vue de la corde à nœuds pouvait attirer les gendarmes ou les agents de police.
• — Surtout avec un clair de lune pareil. La mer semble d’argent, et les pins et les tamaris paraissent d’un noir d’encre sur le ciel.
LE LENDEMAIN
— Oh! papa, si on allait se promener le long de la mer.
— Oui! Oui! crièrent les garçons en saisissant leurs casquettes.
— Un instant seulement. Il faut qu’Yves et Lisbeth rentrent au plus vite. Je veux les savoir chez eux. »
La famille sortit. Il faisait en effet très clair au dehors. Toute la nature était comme endormie dans une atmosphère lumineuse et les promeneurs voyaient leurs ombres se profiler sur le sable des allées.
Jean et Jacques escortaient leur nouvel ami pour lequel ils professaient une admiration sans bornes.
« Alors, demandait Yves, vous voulez être marin ?
— Oui, nous nous préparons déjà à entrer au Borda.
— C’est très difficile.
— Aussi nous commençons dès maintenant, car il faut savoir beaucoup de choses. Et vous, ne songiez-vous pas à entrer dans la marine ?
— Moi, je le voudrais bien.... Mais comment voulez-vous que je fasse avec ma sœur? Je ne puis la laisser seule avec tante.... Alors je vais
me préj^arer à l’École Polytechnique, je me ferai artilleur et ainsi je ne me séparerai pas de Lisbeth.
— - Sauf s’il y a la guerre....
— Oh! dans cë cas, rien n’existe plus que la France!
— Oui, vous avez raison. Pierre aussi veut entrer à Polytechnique.
— Alors, comme il est plus âgé que moi, il m’aidera à me préparer.
— Oui, dit Pierre; j’y ai déjà pensé.
— Regardez comme cela change notre vie d’avoir eu le bonheur de vous connaître; cela nous fait oublier Mariette et la mauvaise santé de notre tante.
— Demain, nous parlerons sérieusement, mon enfant, dit M. Plumet. En attendant, il faut aller vous coucher. Nous allons rester là, dans le jardin, et vous, vous rentrerez dans votre chambre par la voie...
— Des airs....
— C’est cela même.
— Demain, nous viendrons de la même façon à moins que nous ne puissions nous échapper.... Mais nous.... Vous ne savez pas, demain soir.... Oh! je ne vous le dirai pas.... Nous vous ferons une surprise!...
LE LENDEMAIN
— Bon! Bon! Allez, mes enfants! Je vous en prie. »
Les enfants se firent encore beaucoup d’adieu, puis Lisbeth et Yves passèrent par l’ouverture de la haie et se trouvèrent dans le jardin de la villa Beauséjour. Yves maintint la corde à nœuds qui pendait de la fenêtre de 1’ « île mystérieuse » après avoir donné une bonne caresse à Jupiter, tandis que Lisbeth embrassait son bon gros nez. Puis, elle grimpa avec l’agilité d’un chat, atteignit le balcon et attendit Yves qui suivit sa sœur. Encore un signe d’adieu. Une lumière brilla, puis les volets se fermèrent dans la villa Silencieuse.
Les petits Plumet, après avoir souhaité une bonne nuit à leurs parents, gagnèrent leur lit. Tandis qu’ils se déshabillaient, ils parlaient de leurs jeunes voisins.
« Tout de même, déclara Pierre, je crains qu’avec toutes ces farces, ça ne finisse mal pour Yves et Lisbeth et qu’ils ne deviennent encore plus malheureux. J’ai peur que Mariette ne leur réserve quelque tour diabolique! »
Là-dessus, il tourna le bouton de l’électricité et tous s’endormirent tandis que la mer continuait à venir mourir en petites vagues là-bas, sur la plage, en face de ces deux maisons, l’une si joyeuse, l’autre si triste.