CHAPITRE XIII
Une fête improvisée.
Dans l’après-midi du lendemain, tandis que les Plumet se reposaient -sur le sable de la plage, un petit caillou habilement lancé vint tomber aux pieds de Pierre. Celui-ci s’en saisit et s’écria aussitôt.
« Il est enveloppé d’un papier; c’est un message. »
Il s’empressa de le lire, tandis que ses frères et sa sœur l’entouraient avec curiosité pour connaître la teneur de ce billet mystérieux.
Pierre commença :
« Pour Pierre seul.... » Sapristi! s’écria-t-il, c’est confidentiel, » et il lut tout bas le contenu du billet.
Ses frères et Rose se pendirent à son bras :
« Lis tout haut. Tu as commencé, tu dois continuer, Pierre....
tJNE FÊTE IMPROVISÉE.
— Mais non... impossible. Et puis c’est trop drôle. ... Ah ! Ah ! Ah. . . . C’est une surprise. . . . Voyons, petits nigauds, vous saurez bientôt ce qu’il y a d’écrit dans ce billet, seulement, attendez un peu....
— C’est drôle, dit Jean, qu’on t’ait pris pour confident. Nous qui sommes de la marine comme lui, c’était plutôt à nous....
— Je suis l’aîné. ... Ah ! ne soyez pas ennuyés. . . . Vous verrez....
— Tout de même... interrompit Jacques d’un air un peu boudeur.
— Moi, dit Paul, je trouve qu’Yves a raison. Du reste, c’est un garçon qui a des principes. »
Il répétait une phrase dite la veille par son père. Comme il l’avait trouvée à son goût, vite il s’était hâté de l’employer.
« En tout cas, jeunes marins, continua-t-il, je crois que vous êtes en train de devenir indisciplinés. Prenez garde. »
Alors on adressa quelques bonnes plaisanteries aux futurs navigateurs, tandis que Pierre mettait dans son portefeuille le mystérieux billet.
Pendant cette après-midi, Pierre, une ou deux fois, s’absenta, sans raison apparente. Mais on n’y prêta aucune attention.
M. Plumet fit, avec ses enfants une promenade autour du lac du « Bois de Boulogne ». Au retour, lorsque la petite troupe passa sous les fenêtres de la villa Silencieuse, personne ne se montra à la fenêtre de « l’île mystérieuse ». On aurait dit qu’elle était inhabitée.
Pendant le dîner qui eut lieu, sans qu’on en eût prévenu les enfants, une demi-heure plus tôt que de coutume, la conversation revint naturellement sur Yves et Lisbeth.
« Les verrons-nous ce soir? demanda Jean.
— Moi, je crois que oui, répondit Paul. Il doit y avoir anguille sous roche.
— Oh! oui, assura Jacques; Pierre, à chaque instant, ne peut pas s’empêcher de rire.
— Alors, dit Rose, je n’irai pas me coucher, n’est-ce pas maman?
— Non, ma chérie, tu n’iras dormir que lorsque nous serons sûrs que nos petits amis ne viendront pas. S’ils allaient se casser une jambe en passant par la fenêtre ou encore si leur tante allait découvrir leurs escapades!
— Oui, dit M. Plumet, dès demain, j’écrirai un mot à Yves pour voir si, décidément, on ne pourrait pas entrer en relations avec leur tante, afin de lui parler des enfants et de l’amener à modifier les conditions de leur vie.
UNE FÊTE IMPROVISÉE
— Je crois qu’Yves vous a prié de faire des recherches afin de savoir ce qu’est vraiment devenu son père, demanda Paul.
— Oui, j’ai envoyé une note à un ami qui est au Ministère de la Marine ; le commandant O’Reneck a été porté comme disparu, mais enfin....
— Oh! si on le retrouvait!
— J’en doute. Pourtant il faut toujours tout essayer! »
Le dîner était terminé; on ne s’était pas aperçu pendant cette conversation que Pierre avait disparu.
« Où est Pierre?
— Il va sans doute revenir; allons au salon, » dit Mme Plumet. Les volets du salon étaient fermés; les candélabres de la cheminée et le lustre étaient allumés.
« Oh ! Oh ! » s’écrièrent tous les petits Plumet en entrant.
Devant la cheminée se tenait debout une ravissante petite Japonaise, coiffée de coques noires et brillantes, deux énormes fleurs piquées au-dessus de chaque oreille; elle tenait d’une main un éventail et de l’autre une ombrelle ouverte. Elle penchait sa tête à droite et à gauche, comme une personne qui reçoit une
ambassade et qui remplit une fonction pleine de dignité. A sa gauche, penché vers elle, était un mandarin chinois, vêtu d’une magnifique robe de soie brodée bleu sur noir, avec un immense soleil d’or au milieu du dos. De sa calotte de soie noire pendait jusque sur ses talons une tresse noire et luisante. A la gauche de la petite Japonaise, un Mexicain brandissait un long fouet en rejetant sur ses épaules un court châle orné de franges. Ce cavalier avait une culotte de peau de chamois, terminé au bas de chaque jambe par une frange de lanières de cuir.
Son chapeau à larges bords, posé sur l’oreille, lui donnait un air conquérant.
« Oh! Oh! Lisbeth, Yves et Pierre! Ils sont superbes, mais nous voulons, nous aussi, être déguisés! criaient les Plumet en dansant une ronde échevelée autour de la Japonaise, du mandarin et du Mexicain.
Et voilà, apparition inattendue, Jupiter qui fait son entrée dans le salon, habillé en vieille dame. Il a une jupe de soie puce qui l’enveloppe complètement, sur les épaules un châle de cachemire de l’Inde qui est noué de côté; sur la tête, il porte un « cabriolet » garni de trois panaches de plumes dont les brides de
Une fête improvisée.
soie noire viennent s’attacher sous sa gueule. Il ne sait trop quelle contenance garder, ce brave chien; alors il s’assoit sur son derrière, et, il donne alors absolument l’impression
Jupiter était déguisé en vieille dame.
d’être une vieille petite dame à long museau.
« J’ai apporté des vêtements pour vous tous, s’écria Lisbeth, il faut que nous soyons tous costumés.
— Bravo! Bravo! En quoi suis- je, en quoi suis- je?...
— C’est pourquoi j’avais besoin de Pierre.
- — Pierre est allé chez vous?
— Oh non! nous lui avons envoyé des paquets par la fenêtre.
— Et pour les rapporter, comment ferezvous?
— Vous les garderez. Je les ai choisis à la taille de chacun de vous.
— Oh! c’est magnifique! »
Et tous vinrent embrasser Lisbeth qui avait de si bonnes idées.
« Mais ces costumes, c’était votre père qui vous les avait rapportés de ses voyages ? demanda Mme Plumet.
— Oui, à chacun de ses voyages, il nous donnait un costume à notre taille d’alors, c’est pourquoi nous en avons pour Rose, pour Louis.
— Il ne faut pas vous en priver; ce sont des souvenirs pour vous.
— Oh! nous en avons tellement! Et puis surtout, madame, quelle petite chose en comparaison de tout le bonheur que vous nous donnez! »
On habilla Rose en petit bébé de Jérusalem, avec une robe droite tombant jusqu’à ses pieds, des sequins dans les cheveux, des petits bracelets aux bras. Louis fut vêtu d’un costume d’enfant birman, en soie paille brodée
UNE FÊTE IMPROVISÉE
de bleu d'une teinte admirable; il se coiffa d’un bonnet orné de plusieurs pointes terminées chacune par un petit grelot. On lui mit des bracelets dorés autour des chevilles avec lesquels il pouvait à peine marcher. Paul se costuma en Maharadjah. Sur son turban blanc, d’énormes cabochons de verre, qui simulaient les rubis et les émeraudes, étincelaient. Jean et Jacques s’habillèrent, l’un en chef de Peaux-Rouges, avec un arc plein de flèches sur les épaules, et, sur sa tête, une coiffure de plumes qui s’agitaient furieusement à chacun de ses mouvements, l’autre en chef de clan Écossais, avec une jupe dont les couleurs étaient celles d’un clan célèbre dans l’histoire d’Écosse, une veste noire sur une ceinture de satin, des bas courts et la petite toque bien posée sur le côté de la tête; une cornemuse complétait ce costume.
Ainsi déguisés, les Plumet et les O’Reneck dansèrent éperdument. Ce qui mit le comble à leur joie, ce fut lorsque Jean voulut jouer de la cornemuse. Il ne tira que des sons discordants.
« Oh! Assez, assez!
— Attendez, cria Yves, au milieu du tumulte, je vais vous jouer une gigue. Nous la danserons tous.
l&Ü LES VACANCES t>Ë LA E AM ILLE PLUMEÏ’.
— Vous savez jouer de la cornemuse?
— Vous connaissez la gigue?
— Oui! Oui!
— Puis- je danser la gigue, moi qui suis en Japonaise? demanda Lisbeth.
— Je vous l’ordonne, madame, dit le Maharadjah en menaçant Lisbeth de son sabre.
— Alors, j’obéis.
— La musique, la musique! » crièrent tous
les garçons.
Yves prit la cornemuse et il joua très bien une gigue très entraînante pendant laquelle Lisbeth dansa d’une façon tout à fait amusante. Puis, ce furent des éclats de rire lorsque la gigue fut dansée par la petite fille de Jérusalem, le chef Peau-Rouge, le Mexicain, le Maharadjah, le bébé birman, le vieux mandarin dont la longue robe se soulevait très haut par suite de gambades de celui qu’elle revêtait.
« Ah! s’écria Lisbeth en tombant sur un fauteuil, je n’en peux plus....
— Moi non plus !
— Moi non plus! »
Et chacun s’assit sur une chaise, ou sur un ! tabouret, ou même sur le plancher.
« C’est le moment, je crois, de distribuer les rafraîchissements, dit M. Plumet qui avait été
Les enfants exécutèrent une danse endiablée
UNE FÊTE IMPROVISÉE
mis par Pierre dans la confidence dès le matin.
— Ah! ce n’est pas de refus! »
On ouvrit les portes et une table apparut que deux domestiques firent glisser jusqu’au milieu du salon. Sur cette table, il y avait des éclairs au chocolat, des choux à la crème, des babas, des mokas, des brioches, du chocolat, du sirop de groseilles, de la limonade.
« Quel beau souper!
— C’est papa qui l’a commandé.
— Mais alors il savait?...
— Oui, Pierre m’avait prévenu ce matin.
— Dis-nous ce qu’il y avait dans le billet qu’Yves t’a lancé de la fenêtre? demanda Paul.
— Voilà, répondit Pierre, qui eut quelque peine à prendre le papier dans la poche de sa culotte de peau. Je vais vous en donner lecture... permettez-moi, seulement, de finir d’avaler cet exquis chou...
— ... dont la crème te dégouline sur le menton, interrompit Jean.
— On ne dit pas « dégouline », observa Pierre, ce n’est pas correct.
— S’il veut dire « dégouline », il en est bien libre, fit remarquer Jacques, qui avait gardé
un peu de ressentiment de ce que Pierre avait été le confident d’Yves.
— Alors, il ne parlera pas français.
— Si, mon français à moi!
— Voyons! voyons, dit Paul, le billet... lis le billet d’Yves.
— Cette fois-ci, je suis prêt, » répondit Pierre de bonne humeur.
Et il lut les lignes suivantes :
« Mon cher Pierre. Ce soir nous voulons faire une surprise à vos frères et à votre sœur. Il s’agit de nous déguiser. Voulez-vous nous aider? Nous lancerons par la fenêtre des paquets contenant des costumes pour vous tous. Préparez-vous. Signature : Une Japonaise et un mandarin emprisonnés.
« Voilà, continua Pierre, alors j’ai reçu les paquets, je les ai transportés; j’ai aidé Yves et Lisbeth à descendre à l’aide de leur corde à nœuds; ils apportaient les bijoux qui ornent tous vos costumes; puis je me suis habillé.
— Ce qui serait drôle, dit Paul, ce serait la tête de Mariette, si elle nous voyait tous en ce moment.
— Oh! ne parlez pas d’elle! s’écria Lisbeth. Elle serait capable de nous enfermer dans une cave pour le restant de nos jours!
UNE FÊTE IMPROVISÉE
— Soyez tranquille, dit Yves, Mariette est couchée, après avoir fermé elle-même toutes les portes de la maison.
— Qu’avez- vous fait cette après-midi?
demanda Pierre.
— Après le déjeuner, pendant que tante faisait la sieste, nous avons rassemblé les costumes; c’est un fouillis que notre « île mystérieuse », je vous assure, dit Yves.
— Oh! reprit Lisbeth, ne croyez pas que nos affaires soient pêle-mêle dans les armoires. Chaque costume a son carton sur lequel est inscrit le pays d’où il provient et la date à laquelle il a été rapporté. Ainsi le mexicain est de 1914, l’hindou de 1913, le birman de 1910.
— Mais c’est très bien, mon enfant, cet ordre dans vos affaires, dit Mme Plumet.
— Puis, continua Yves, tante nous a appelés. Elle était levée et était assise dans son fauteuil. Elle m’a dit de commencer une lecture, une lecture amusante.
— Laquelle? demanda Paul.
— Quentin Durward, de Walter Scott.
- — En anglais ou en français?
— En français.... Pendant ce temps -là Jffsbeth finissait un carré de guipure.
— Oh! ça, c’est amusant! s’écria ironiquement Jean.
— Ce serait amusant si je le faisais ici, par exemple, ou sur la plage, mais dans cette chambre fermée, ce n’est pas gai! Tante prétend que je suis bouchée pour les ouvrages! Je le pense aussi; il m’est impossible d’écouter ce qu’elle me dit et je ne puis rien apprendre.
— Vous n’êtes pas sortis?
— Si, dit Yves, au bout d’une heure, tante nous a dit d’aller dans le jardin, de tourner en rond autour de la peloqse pendant une heure. Voilà qui est assommant. Vous ne savez pas à quoi nous ressemblions, Lisbeth et moi? A deux chevaux aveugles qui tourneraient la meule d’un moulin.
— Ah ! quelle drôle de comparaison !
— Mais comment votre tante ne pense-t-elle pas que cela doit être bien ennuyeux pour vous de tourner en rond dans ce jardin?
— C’est Mariette qui lui inspire toutes ces idées.
— Après, il a fallu reprendre la lecture, puis, à six heures, nous avons joué au bridge jusqu’à l’heure du dîner. Nous avons dîné, vous devez penser avec quelle impatience ! Enfin, elle nous a dit : « Vous pouvez aller vous
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coucher. Il n’est pas bon pour les enfants de veiller tard et je suis fatiguée. »
Eh bien! que dirait-elle, si elle vous
voyait !
— Au moment de la quitter, nous avons vu Mariette revenant de sa tournée dans la maison. Tous les volets avaient ete fermés, les portes verrouillées, impossible de sortir. Mariette pouvait dormir sur ses deux oreilles.
— Ah ! elle est bien bonne celle-là !
— Si nous exécutions une dernière danse avant de nous séparer, proposa Yves en se levant.
Oui, oui! Une gigue et une farandole! »
crièrent tous les garçons en bondissant sur leurs jambes.
La table fut emportée et la musique et les danses recommencèrent.
Mais au moment où l’entrain était a son comble, pourquoi Yves s’arrêta-t-il comme pétrifié, pourquoi Lisbeth s efiondra-t-elle sur un coussin en devenant toute pâle et que vit-on apparaître dans l’embrasure de la porte, derrière le domestique de la famille Plumet ? « Lequerq! » s’écria Yves.
Puis, prenant un ton agressif en se dirigeant
vers l’arrivant :
« Par où es-tu venu?
— Par le même chemin que monsieur. J’ai tout découvert, la corde à nœuds, le trou dans la haie.... Alors j’ai voulu savoir ce que vous faisiez dans cette villa.... La cuisinière qui m’a aperç-u, dans le jardin, au clair de lune, a cru que j’étais un voleur et a poussé des cris. Enfin, je me suis expliqué avec les domestiques qui ont consenti à m’amener ici.... Vous m’excuserez, Monsieur, ajouta Lequerq en se tournant vers M. Plumet.
— Eh bien, retourne à la maison... par le même chemin.
— Non, monsieur Yves, après monsieur Yves et mademoiselle Lisbeth.... Que dirait Mariette si elle savait?... »
Yves s’approcha du domestique et lui dit d’une voix furieuse.
« Je te défends de rien dire à Mariette; sans cela, je te maudis au nom de papa,... Tu as peur de ta femme... au heu de nous aider.
— Monsieur Yves, ne faites pas cela... et Mademoiselle... MademoiseUe... Il faut donc mentir... je ne sais... je deviens fou....
— Eh bien! dit M. Plumet, pour cette fois, Lequerq ne dira rien. Du reste vous voyez où sont vos jeunes maîtres : il n’y a donc rien à craindre pour eux. Ne parlez pas à Mlle O’Reneck et à
UNE FÊTE IMPROVISÉE
Mariette; je vous donne l’assurance que ces enfants ne reviendront plus ici de cette manière.
— Bien, Monsieur, je vous remercie, car, moi, voyez-vous, je ne sais que faire... et quel est mon devoir?
— Oui, c’est bon, file vite, dit Yves, et rentre!
— Pas avant monsieur Yves et mademoiselle Lisbeth.
— Vieux têtu, va ! Il n’en démordra pas maintenant qu’il est ici. Tenez, Jean et Jacques, vous qui êtes de futurs navigateurs, regardez ce brave marin. Lui qui est si dévoué, si débrouillard, eh bien! il a une peur bleue d’une femme (mouvement de Lequerq) et il est têtu comme cent mulets. Il n’y a rien à faire.
— Oh! non, monsieur Yves, » dit Lequerq en se redressant.
Les Plumet et les O’Reneck se firent encore de tendres adieux. Lisbeth pleurait.
« Je suis sûre que nous ne nous reverrons pas. »
Lequerq avait une figure consternée.
« Ne pleurez pas, mademoiselle Lisbeth!
Oh! si le commandant était ici!
— Oui, interrompit Yves, tu serais moins bête avec Mariette. »
Tous accompagnèrent Yves et sa sœur jusqu’à l’ouverture de la haie.
Yves et Lisbeth passèrent les premiers puis Lequerq.
Arrivés au bas de la corde à nœuds, Lequerq dit à Yves :
« Monsieur Yves, montez d’abord, je tiendrai la corde pour mademoiselle. »
Yves se hissa donc, le premier, ensuite Lisbeth, enfin l’ancien marin qui grimpa aussi facilement que s’il gravissait un escalier.
— Bravo! Bravo! » dirent à mi-voix les deux futurs marins.
La petite Japonaise envoya du haut de la fenêtre un dernier adieu à ses amis et elle disparut avec son frère lorsque la corde eut été tirée par Lequerq.
Et la lune, bien haut dans le ciel, dut s’amuser beaucoup cette nuit-là en voyant un Mexicain, un Écossais, un Peau-rouge, un Maharadjah, un bébé de Jérusalem et un enfant de Birmanie, danser une gigue en projetant sur le sol des ombres qui paraissaient gigantesques.