DANS LA VILLA D*A COTE
devait être pire que ce qu’ils prévoyaient!
Tante Marie, au salon, assise dans son éternel fauteuil, les pieds sur son tabouret, les lunettes sur le nez, ne semblait pas troublée;
Yves et Élisabeth entraînaient l’âne rapidement.
pourtant ses lèvres étaient serrées et ses yeux étaient rouges.
« Mes enfants, dit-elle tout bas à Yves et à Lisbeth lorsqu’ils s’approchèrent d’elle, Mariette a fait une scène horrible. Elle m’accuse d’être trop faible avec vous; elle m’a dit que c’est de ma faute si vous vous êtes ainsi sauvés. Elle prétend qu’il faut fermer toutes les portes
à clef, les fenêtres, les volets... mais chut! la voilà!
— Eh bien! Eh bien ! cria Mariette en entrant dans le salon, qu’avez-vous fait? Où êtes- vous allés sans me prévenir, comme des petits vagabonds.
— Mais... commença Yves.
— C’est bon! C’est bon.... Regardez votre tante, elle est dans un joli état. »
En effet la tante, dans son fauteuil, avait presque perdu connaissance. Aussitôt Lisbeth s’élança vers elle, lui fit respirer des sels. Mlle O’Reneck entr’ouvrit les yeux. Profitant d’un instant où Mariette s’était éloignée pour aller chercher un verre d’eau, Mlle O’Reneck dit à Lisbeth :
« Reste... reste avec moi, ne m’abandonne pas. »
Et, une fois de plus, les deux enfants se turent par égard pour leur tante.
Lorsque Mariette eut encore un peu crié, elle s’arrêta brusquement.
« Tenez, vous avez vu ces caisses qui viennent de Paris... encore des choses inutiles....»
Elle sortit de la pièce en grommelant, tandis qu’Yves et sa sœur s’approchaient des caisses dont les couvercles avaient déjà été décloués.