ACTE III, SCÈNE XI
notaire s'est embrouillé l'esprit quand la table est tombée ici, tantôt, et il a ramassé un chiffon pour» Tautre.
ISABELLE
Non, c'est vous ! Elle l'a fait exprès !
VIOLETTE
Oui , mam'selle.
PÉDROLINO. t
Tu l'as fait exprès , pourquoi ?
VIOLETTE
Eh ! donc I . . . tu ne devinés pas ! .. .
PASCARIEL.
L'acte est bon, il existe !
LE DOCTEUR
Il n'existe pas.... La croix valant signature n'est qu'au bas
de la chanson, voyez 1 et tenez, prenez vos titres !
(11 leur jette au nez la chanson da notaire.)
LÉANDRE
Soit !... nous aurons affaire aux gens de main-morte, et nous en tirerons pied ou aile.
Vous aurez affaire à la justice; et comme on vient de m'apprendre que l'un de vous, maître Pascariel, est accusé de vol, vous ferez bien, vous, ses complices, de gagner le large, si vous ne voulez être mis en prison.
LE NOTAIRE
Et pendus, jusqu'à ce que la chose soit éclaircie.
LÉANDRE
C'est votre avis, notaire ?
LE DOCTEUR
Et le mien, à moi, docteur en droit.
L É A N R B , offrant sa main à Isabelle.
Bien obligé de la consultation ! Partons, mon incomparable!
(Ils sortent par le fond.)
PASCARtEL, à Colombine.
Ma charmante! filons! (ils suivent.)
LE DOCTEUR
Quant à nous, nous laissons l'héritage aux hospices et sous la protection de la loi.
VIOLETTE
Entends-tu, Pédrolino ? nous lâchons Théritage !
Nous... tu... (Tremblant.) Eh bien, alors, nous allons nous en aller au pays?
VIOLETTE
Et nous marier...
PÉDROLINO , vivement et levant la main.
Aussi vrai que j'aime Dieu, je n'ai point embrassé la Colombine.
VIOLETTE
Je le sais bien, va, mon fils ! mets-toi à genoux !
PÉDROLINO, S'y jetant.
Dans le feu, si tu veux !...
VIOLETTE
Tends la joue!...
PÉDROLINO.
Oui ! baille-moi le, plus furieux soufflet !... ça enlèvera le venin du serpent !
VIOLETTE
Tiens ! (Elle l'embrasse.) Le v'ià ôté !