ACTE II, SCÈNE IX
mousquelerie de tes yeux estropie ma liberté! Eh quoi, ta conscience peut-elle dormir en repos, quand elle a à faire tant de restitutions ?
PÉDROLINO.
Oh! si vous continuez comme ça , vous allez me faire tomber comme une linotte devant un crapaud. On dirait que vous marmottez des charmes pour m'abasourdir ; eh vBai! v'ià qu' ça m' prend! (il bâille.)
COLOMBINE, â part.
Quelle franche brute ! (Haut.) Je vois que tu t*ennuies; tiens, jouons à quelque jeu en attendant nos dames.
PÉDROLINO.
Jouons! ^aTOus empêchera de tant causer.
GOLOMBINE.
A quoi jouerons-nous bien ?
PÉDROLINO.
Ah ! il ne manque pas de jeux : il y a le saute-mouton , le chêne fourchu , la cabriole et pile-moutarde.
GOLOMBINE.
Voilà des exercices bien propres pour une personne de mon sexe !
PÉDROLINO.
Eh bien , jouons à la main chaude ?
GOLOMBINE.
A deux? ou ne peut pas se tromper.
PÉDROLINO.
Oh ! que si. On se met dans la main des choses à deviner. Je vous y mets une pierre? Il faut que vous n'alliez pas vous imaginer que c'est une paille. Vous me piquez d'une épingle? Je suis bien pris si je dis que c'est d'une pioche.
COLOMBINE
Quel innocent IxTiens, jouons au pied de bœuf.
Oh I ça , c'est des jeux à se tâter les mains.
COLOMBINE
Eh bien , crains-tu que les miennes ne Técorcheut?
( Elle les lai passe sar la jone.)
PÉDROLINO.
Pouah ! comme vous sentez bon I ça fait tourner le cœur. Allons , jouons-nous? (A part.) Attends ! attends ! je vas t'ôter le goût de jouer des pattes avec moi.*
( lis jouent, les mains placées sur les genoux de Pédrollno, qui s'est assis sur on banc à droite. Colombine s'agenouille sur ses talons près de lui.)
COLOMBINE
Une.
Deux.
Trois.
Sept
PÉDROLINO.
COLOMBINE
PÉDROLINO.
COLOMBINE, d'un ton caressant.
Tu en passes trop d*un coup !
PÉDROLINO.
Je n'en passe guère. Allez 1 huit.
COLOMBINE
Eh bien , huit. Ne serrez donc pas si fort 1 . . .
PÉDROLINO.
Dirait-on pas que je vous étrangle les mains! Y êtes-vous? Neuf, je tiens mon pied de boeuf! (Il frappe de toute sa force.)