‹ Les vacances des jeunes boërsChapitre 25 sur 62 · Le risdale ou rizdale vaut en Hollande 5 fr. 48 centimes · texte numérisé non relu

Le risdale ou rizdale vaut en Hollande 5 fr. 48 centimes

feu ; il n'aurait pas même pu toucher un éléphant, bien moins encore un oiseau ; mais s'il ne savait pas tenir un fusil, le bushman était, par contre, un archer de premier ordre. Avec son arc d'enfant, qui n'avait pas un mètre de longueur, il pouvait lancer une flèche non moins sûre que la balle d'une carabine, et frapper de mort tout aussi bien qu'avec le roër du gros Willem.

A voir le roseau fragile dont le fer barbelé était si peu de chose et la hampe si légère, vous n'auriez jamais supposé qu'une arme si frêle pût suffire piour abattre un animal de la taille et de la force de l'autruche; et cependant, avec un roseau pareil Facetanné avait tué plps d'une girafe, tant la flèche des bushmen est une arme redoutable.

Mais comment cela se fait-il ? Ce n'est pas sa dimension qui peut la rendre aussi dangereuse, ni la puissance avec laquelle elle peut être lancée ^u moyen d'un arc aussi faible ; il y a autre chose que la force de l'arc ou le poids de la flèche pour que cette arme puisse être aussi meurtrière.

Vous dites vrai, mon enfant ; il y a le poison qui s'insinue dans la blessure, et les flèches du nègre des Von Bloom, comme celles de tous les véritables bushmen, étaient empoisonnées.

L'emploi que tous les sauvages de la terre font de l'arc et des flèches, qui, dans tous les pays, affectent la même forme, peut être regardé comme l'un

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des faits les plus curieux de l'histoire de la race humaine. On retrouve celte arme universelle chez des peuplades complètement isolées du reste des hommes; elle y est construite d'après les mêmes principes et diffère seulement par quelques détails qui ont rapport aux circonstances locales. On a vu des tribus chez qui les usages, les mœurs, les goûts et le caractère étaient entièrement opposés, n'avoir de commun entre elles que cet engin de destruction.

Est-ce le résultat d'un môme besoin qui, sous l'empire de la nécessité, a produit partout le même effet? L'existence de cette arme primitive chez les nations les plus éloignées les unes des autres, serait-elle la preuve que tous les peuples ont eu la même origine, ou qu'ils ont communiqué entre eux à une époque dont le souvenir est effacé î

Quel que soit l'intérêt qui s'attache à cette question, elle serait ici hors de propos et nous mènerait beaucoup trop loin.

Mais un fait non moins curieux est celui que pré- Sente la coutume d'empoisonner les flèches ; nous la retrouvons çà et là chez des peuplades de races différentes, disséminées sur tous les points du globe ; et chez toutes ces peuplades l'usage et la préparation de la matière vénéneuse sont, à peu de chose près, les mêmes.

Ajoutons que cette coutume appartient à des tribus tellement séparées les tmes des autres qu'il

n'est pas probable, je dirai même qu'il est impos* sible qu'elles aient jamais pu communiquer entre elles. Nous ne pouvons pas admettre qu'il y ait eu, à aucune époque, de relations entre les chunchos de l'amazone et les bushmen d'Afrique, pas davantage entre ceux-ci et les peaux rouges de l'Amérique du Nord ; et cependant chez tous ces peuples on empoisonne les flèches, et Ton se sert pour cet usage de substances complètement analogues. Tous emploient un mélange de poison végétal et du fluide subtil que produisent les glandes maxillaires des serpents dont la morsure est venimeuse. Le crotale ^ et le moccason, ainsi que plusieurs racines de différente espèce, fournissent aux Indiens de l'Amérique du Nord les éléments du poison àiQèche ; ceux de l'Amérique du Sud emploient pour le même usage, sous le nom de wov/rali ou de, eu/rare^ un suc vénéneux mêlé au poison de divers serpents, soit du corail (echidna ocellata\ du serpent à sonnettesdiamant (crotalus horridus)^ de la vipère trigonocéphale (trigonocephalm lanceolaia), ou du maître des buissons {lachesis rhombeata). Dans le midi c^e TAfrique on obtient les mêmes effets en mêlant au suc de la racine bulbeuse d'une amaryllis le venin de la vipère gonflée, ou celui de plusieurs yariétés de najas, qui sont les cobras de cette région.

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