‹ Les vacances des jeunes boërsChapitre 37 sur 62 · S14 LES VACANCES · texte numérisé non relu

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drik, de forcer l'un des blesboks en poursuivant le troupeau.

Ce projet adopté, les quatre tireurs décrivant un large circuit, allèrent prendre leur place en avant des antUopes, et Klaas et Jan furent laissés derrière le troupeau qu'ils avaient la mission de faire avancer.

En moins de quelques minutes les chasseurs arrivèrent à leur poste, et de l'endroit où ils étaient cachés ils guettaient d'un œil avide les antilopes, dont la bande approchait peu à peu.

La raie blanche dont la face des blesboks est marquée devenait à chaque instant plus distincte» leur mufle brillait aux yeux des boêrs; quelques pas encore et les antilopes seraient à portée des balles de nos tireurs. Mais tout à coup relevant la tête et poussant un cri étrange, les premières du troupeau bondirent et piquèrent droit devant elles, suivies de toutes leurs compagnes.

« Les voilà donc ! » pensa chacun de nos amis en s'agenouillant, le fusil à l'épaule, derrière la butte qui lui servait de cachette.

c Enfin f murmura le gros Willem, c'est moi qui vais rire à mon tour! »

Mais une nouvelle déception lui était réservée; chaque fois que les blesboks se trouvaient sous le vent d'une fourmilière, qui abritait l'un des chasseurs, ils faisaient un écart et passaient à une dis-

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tance où il aurait été ridicule de leur tirer un coup de fusil; le gros Willem avait le doigt sur la détente, lorsque songeant à ce qu'une balle perdue ajouterait à son humiliation, il laissa retomber son arme et permit aux antilopes de passer.

L'instant d'après les blesboks étaient assez loin des chasseurs pour n'avoir plus rien à craindre; et comme il^ n'étaient pas poursuivis, et qu'en définitive on ne les avait point attaqués, ils s'arrêtèrent et se remirent à pâturer comme ils avaient fait jusqu'alors.

Hendrik était dans tout l'orgueil du triomphe; à lui de montrer comment on chassait les blesboks, et d'en forcer une demi-douzaine à lui seul.

« En avant! » s'écria-t-il.

Tous les chasseurs remontèrent à cheval» s'élan« cèrent du côté des antilopes et ralentirent leurs montures au moment où ils approchaient du troupeau, afin de ne pas l'effaroucher.

Aussitôt qu'ils arrivèrent à la distance de 400 mètres, les blesboks se remirent en marche, comme ils avaient fait la première fois. « En avant! > cria de nouveau Hendrik ; les chiens furent lâchés, les chevaux bondirent, et la chasse effleura la plaine avec la rapidité de l'aquilon.

Mais les boôrs n'avaient pas fait un mille qu'Hendrik découvrit sa méprise. Limiers et chasseurs étaient distancés par les antilopes, et chaque se-

conde augmentait la distance qui les séparait du troupeau.

Les cavaliers s'échelonnèrent à leur tour, pressant leurs chevaux couverts d'écume ; et vingt minutes après le départ, Hendrik, seul, avec un ou deux chiens, continuait à galoper sur les traces des blesboks.

Hans et Arend, jugeant qu'il était impossible à leurs montures de suivre une pareille chasse, y avaient renoncé presqu'au début, et le gros Willem n'avait pas envie de réussir. Quant aux deux collégiens, ils formaient l'arrière-garde, et finissant par rejoindre les trois autres qui s'étaient arrêtés, ils virent, ainsi que leurs camarades, la masse pourprée des antilopes et les épaules d'Hendrik disparaître au milieu des fourmilières qui s'efiTaçaient à l'horizon.

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