‹ Les vacances des jeunes boërsChapitre 39 sur 62 · Un peu plus de seize kilomètres · texte numérisé non relu

Un peu plus de seize kilomètres

deux ou trois fois, au nioiuent où il se rapprochait dec^ntilopes, son cheval avait mis le pied dans un de ces maudits trous, et les blesboks avaient repris leur avantage.

Cependant il lui répugnait de renoncer à l'entreprise; il se rappelait l'assurance avec laquelle il s'était vanté de réussir, et songeait aux railleries qui accueilleraient son retour; il pensait au gros Willem et il éperonnait son cheval.

S'il avait pu seulement rapporter la dépouille et les cornes d'un blesbok, les rieurs auraient été pour lui!

Toutefois il commençait à désespérer du succès. Les antilopes lui semblaient toujours aussi légères, tandis que son cheval bondissait avec effort et soufflait péniblement. Il eut compassion de la pauvre bête; mais au moment où il allait tirer la bride, il aperçut une chaîne de montagnes qui se dressaient en face de lui ; elles semblaient traverser la plaine, ou pour mieux dire former un angle dont le sommet constituait une impasse, vers laquelle se dirigeaient les blesboks.

La bande serait arrêtée par cette barrière, il la rejoindrait enfin, et se cachant derrière un rocher, ' ou parmi les broussailles qui croissent au flanc de la montagne, il pourrait s'approcher d'elle et tirer sur l'un des mâles.

Tout en faisant ces réflexions, Hendrik prome-

naît ses regards sur les deux lignes qui se dessinaient devant lui, et reconnut avec joie qu'elles étaient formées de rochers abrupts, que selon toute apparence il était impossible de franchir; les antilopes allaient être acculées entre ces deux murailles où elles seraient prises comme dans une trappe. Elles reviendraient sur lui; et. tirant au milieu de cette multitude , dont les flots pressés ne trouveraient pas le moyen de s'étendre, il ne pouvait manquer d'abattre plusieurs bëtés; une seule d'ailleurs était tout ce qu'il voulait.

Son espoir se ranimant à cette vue, notre chasseur retrouva de nouvelles forces, et adressant à son cheval quelques paroles d'encouragement, il continua de poursuivre les blesboks. Un mille à peine à franchir et il aurait terminé sa course !

Il n'était plus qu'à cinq cents mètres de la montagne, qu'à trois cents pas des antilopes, qui fuyaient toujours en droite ligne vers l'angle des murailles qui se dressaient à l'horizon.

Hendrik était certain du succès ; avant qu'une minute se fût écoulée , il faudrait nécessairement que le troupeau s'arrêtât, ou qu'il revînt sur ses pas.

Il était temps de préparer son arme, et, comme il s'agissait de tirer sur une masse compacte, notre ami chercha, parmi ses balles, plusieurs chevrotines qu'il se hâta de glisser dans le canon de son fusil ; puis ayant regardé la capsule, afin de s'assurer

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pas dirigées avec autant d'assurance vers une impasse où elles auraient été acculées.

Hendrik, à son tour, franchit le col étroit qui s'élargissait immédiatement , et vit avec chagrin le dos pourpré des blesboks à une distance où il était im« possible de songer à les atteindre.

Vivement désappointé , notre chasseur mit pied à terre , fit quelques pas en chancelant, et alla s'asseoir sur une roche. Il ne prit pas même la peine d'attacher son cheval, lui laissa la bride sur le cou , et permit à la pauvre bêle , haletante et couverte d'écume , de faire ce qu'elle voudrait.

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