‹ Les vacances des jeunes boërsChapitre 51 sur 62 · Rooye-bok, red-buck, antilope rouge · texte numérisé non relu

Rooye-bok, red-buck, antilope rouge

animaux pour des grisboks ou des steinboks ; je vois cependant à leurs cornes que vous avez dit vrai ; ce sont bien des rooyeboks, des pallalis, comme les appellent les indigènes, ou d'après les savants des antUopes melampus.

Tous nos amis regardèrent les cornes des pallahs, puisque c'était le caractère distinctif de ces animaux ; elles avaient à peu près cinquante centimètres de longueur et dessinaient une lyre dans le genre de celles des springboks, mais d'une forme moins régulière; elles s'écartaient l'une de l'autre de plus de trente centimètres vers le milieu, et se rejoignaient presque à leur extrémité ; rien n'était plus facile que de se rappeler cette forme étrange , et nos chasseurs étaient bien sûrs de ne pas oublier cette courbe particulière, grâce à laquelle le naturaliste avait reconnu avec certitude l'espèce de ces antilopes.

Chose bizarre, on n'apercevait dans toute laharde qu'une paire de cornes ayant acquis son entier développement ; c'était la preuve que la bande ne renfermait qu'un mâle adulte ; car le pallah ne vit pas en société, mais en famille , et les femelles de cette espèce n'ont pas de cornes. Le groupe dont il s'agit était composé d'un vieux mâle, de ses femelles, et de jeunes faons des deux sexes qui formaient ensemble une douzaine d'individus.

D'après ce que nos chasseurs avaient entendu

dire, les pallahs sont défiants et rapides ; il en résulte qu'on a beaucoup de peine à les approcher ou à les forcer, et qu'il est nécessaire d'employer la ruse quand on veut les atteindre et s'emparer de leur venaison.

Nos jeunes gens s'étaient mis dans la tète de joiur dre à leurs trophées les cornes du vieux pallah, et se consultèrent sur les moyens à prendre pour arri« ver à ce but.

On arrêta les chariots ainsi que nous l'avons dit, mais les bœufs ne devaient être dételés que si la chasse était heureuse. On camperait alors dans le vallon, afin d'avoir le temps de faire sécher la viande et de préparer les cornes de l'animal.

C'est du sommet d'un éperon de la montagne qui fermait la vallée que nos chasseurs, avaient aperçu les pallahs. Du haut de cette éminence ils dominaient la plaine où paissaient les antilopes et en découvraient toute la surface, à l'exception d'une bande étroite qui se trouvait immédiatement audessous d'eux, et qui leur était cachée par le rebord delà montagne.

Des bouquets d'arbres étaient disséminés tout autour du vallon ; une herbe longue et touffue croissait dans les intervalles qui séparaient ces massifs, et devait permettre aux chasseurs de ramper de l'un à l'autre, sans être aperçus des antilopes. *

Il fut donc décidé qu'Hendrik et Willem iraient

se placer de l'autre côté du vallon, dont ils feraient le tour en se glissant dans Therbe , et en gagnant successivement les massifs d'où ils guetteraient les pallahssans éveiller leur défîance. Une fois parvenus à leur poste, les deux chasseurs attaqueraient les antilopes qui, placées entre deux feux, essayeraient vainement de leur échapper. A droite s'élevaient les flancs abrupts de la montagne, à gauche la rivière roulait ses eaux profondes; il n'était pas probable que les pallahs prissent Tune ou l'autre de ces deux directions , et le plan de campagne des voyageurs paraissait être bien conçu.

Nos amis attachèrent leurs montures à quelques arbres situés sur la rampe où ils étaient alors, et descendirent la 'corniche qui surplombait la vallée.

Ils marchaient vite et découvrirent peu de temps après la partie du vallon qu'ils n'avaient point encore aperçue ; quelle ne fut pas leur surprise en y voyant d'autres animaux couchés çà et là au milieu des grandes herbes; le pelage de ces derniers était fauve et ressemblait par la couleur à celui de certaines antilopes; mais leur tête ronde, leur corps allongé, leurs membres courts et robustes, leur queue nerveuse, terminée par un bouquet de poils, révélaient à première vue que ce n'était pas une troupe de ruminants paisibles , mais une bande de carnassiers redoutables.

Page 1