PRÉ FA CK
les plus sincères pour la rondeur, la finesse, la bonhomie, l’aulorité douce et sympathique dont il a fait preuve dans le rôle du docteur Brunei. — M. Ribes, dans un rôle ingrat, ardu s’il en fut jamais, a su, par sa diction, sa tenue, sa chaleur, esquiver les difficultés sans nombre qui eussent effrayé tout autre que lui. Aux yeux de quiconque se préoccupe des choses de l’art, le rôle du comte Raoul lui fera autant et même plus d’honneur qu’un rôle plus brillant et plus long. — M“® Rousseil est une Armande comme il m’eût été difficile d’en trouver une autre. Cette jeune comédienne, dont la place est déjà marquée parmi les comédiennes hors ligne, possède une voix merveilleuse et une conviction émue, ardente, nerveuse môme, qui fait passer dans le cœur des spectateurs tous les orages de la passion contenus dans celui de la duchesse. Elle a remporté une victoire complète qui, j’en ai la certitude, ne sera pas stérile pour son avenir plein de promesses. — M“® Delahaye, toute charmante dans un personnage effacé, m’a laissé le regret de n’avoir pas su tirer meilleur parti d’un talent fin, distingué, naturel, que le public et la presse ont unanimement remarqué. — M. Fassier, qui ne fait que passer dans ce drame, a prouvé, dans une scène du deuxième acte, toute la jeunesse et tout le charme d’un talent qui s’es.saye.
Que dirais-je de M'*® Thuillier? Amante passionnée, et chaste épouse, à la fois Andromaque et Ilermione, Desdemone et Rodogune, elle nous a rappelé ces deux grands noms qui planent au-dessus de la tragédie antique et du drame moderne : Rachel, Dorval.
PRÉFACE
Je liens encore et tout particuliérement à remercier M. Eugène Pierron de sa mise en scène intelligente et soignée; l’art minutieux et délicat avec lequel il a su mettre en relief les nombreux détails de cette tragédie intime, prouve un zèle éclairé en même temps qu’une merveilleuse compréhension du théâtre.
Quant à M. Ch, de la Rounat, qui ne craint pas d’ouvrir son théâtre aux tentatives convaincues, il doit savoir combien en lui j’estime et j’aime l’homme et l’artiste.
Amédée ROLLAND.