MÉTHODES DE DÉTERMINATION DES CARACTÈRES ETHNIQUES
A. Sanson regarde la race comme immuable, invariable dans les caractères essentiels, selon lui, tirés de la forme des os du crâne et de la lace et du nombre et de la forme des pièces du racliis ou colonne vertébrale. En dehors de cela, le même auteur n'admet pas que les caractères secondaires, tels que la finesse du squelette, la variation de la robe ou du pelage, les aptitudes diverses puissent servir à caractériser une race.
Cet exclusivisme systématique fait d'ailleurs le plus grand tort à la théorie de M. Sanson dans l'esprit des hommes de bonne foi, savants ou praticiens.
Voici quelques définitions de la race parmi celles qui nous paraissent les meilleures, laissant au lecteur le soin de choisir celle qui satisfera le mieux son esprit et ses besoins pratiques :
Selon M. A. Sanson, la race ne serait que « la descendance d'un couple primitif. »
C'est purement et simplement le dogme de la création, ne tenant aucun compte des influences infinies pouvant modifier, transformer l'individu. On néglige systématiquement, dans cette définition, les influences nombreuses exercées par l'homme sur les animaux, comme aussi les influences diverses de milieu. En un mot, avec M. Sanson, il n'y aurait pas de variations possibles. Or, c'est précisément le contraire qui a lieu.
MM. Rossignol et Dechambre ont donné une définition nettement darwinienne delà race, et cette définition nous paraît donner pleinement satisfaction à l'idée que les praticiens se font de la race : « La race, disentus, est dans l'espèce un groupe défini, formé sous l'influence des milieux et de l'homme et dont les ca-
ractères sont rigoureusement transmissibles par hérédité. »
« Les éleveurs, dit le professeur Cornevin, dans leur langage n'emploient guère que deux termes : ceux de race et de sous-race, et ils les appliquent plutôt à l'appréciation des caractères qu'à la filiation qu'ils considèrent comme trop sujette à hypothèse. Quelques zootechnistes, Magne et Tisscrant entre autres, avaient adopté cette manière' de carier qu'il n'y a pas d'inconvénient à conserver, et que nous emploierons aussi ».
C'est également notre avis comme c'était celui de
Baudement, de Moll, de Gayot et de beaucoup de savants zootechniciens pratiques.
C'est d'ailleurs la pensée de ces maîtres que nos confrères Rossignol et Dechambre ont traduite en disant qu'une classification économique des animaux domestiques, basée sur les aptitudes, les vocations, aurait l'avantage de ne tenir compte d'aucun esprit de doctrine et de donner aux animaux des qualificatifs tirés exclusivement de la fonction qu'ils remplissent. Et pour corroborer leur opinion, ils ajoutent que « déjà, par suite de nombreux croisements, bien des races locales ont perdu leurs caractères et ne sont plus guère reconnaissables; la fusion ne fera que s'accroître et fatalement on abandonnera la nomenclature actuellement employée, pour la nomenclature économique adaptationnelle, beaucoup plus générale et universelle. »
Malgré ces diverses opinions nous ne devons pas moins préciser les méthodes par lesquelles on arrive assez facilement à déterminer la race de tel ou tel type de vache laitière.