RACE FLAMANDE
sur les joues. La robe, selon Magne, serait caractéristique. Cependant on trouve des familles avec le pelage rouge clair, d'autres sont bruns, pie-rouge ou même rouannes (E. ïisserant). Certains auteurs considèrent ces taches ou ces variations de pelage comme indiquant des croisements remontant à des époques plus ou moins éloienées.
Les taureaux de cette race ont toujours une meilleure conformation que les femelles, mais sont le plus souvent disgracieux quand ils sont âgés (Magne).
La vache flamande a tout ii fait l'aspect féminin ou lemelin [vocation féminine de Rossignol et Dechambre). Elle est excellente laitière et donne jusqu'à 3,800 litres de lait (A. Sanson), 3,100 (Cornevin). Son lait n'est pas très butyreux. Elle est assez exigeante pour la nourriture, mais elle s'engraisse facilement quand la lactation a cessé.
La race flamande, qu'on trouve aussi dans la Flandre belge, habite les départements du Nord et du Pas-de- Calais où se rencontrent les sujets les plus purs. On la trouve aussi dans la Somme, dans l'Aisne, dans l'Oise, dans les grandes fermes de la Brie, où elle concourt à la fabrication du fromage si renommé. Les laitiers de Paris et des environs la préfèrent à cause de l'abondance de son lait, mais ils ne la font pas venir directement du pays d'origine. Ils ne l'achètent que lorsqu'elle a été acclimatée dans les fermes de l'Oise ou de Seine-et-Oise, d'où le nom de fermière sous lequel elle est connue dans les laiteries parisiennes ou de la banlieue de Paris.
Il ne serait guère facile d'améliorer la race flamande au point de vue de la production du lait. Mais il serait
facile de l'amender au point de vue des formes par la sélection des reproducteurs de choix que les éleveurs ont le tort de vendre, à des prix très élevés il est vrai, au lieu de les conserver et de n'employer que des sujets défectueux.
Le croisement avec le durham ne peut que favoriser l'aptitude à l'engraissement aux dépens de l'aptitude laitière. Mais, pas plus que M. Aujollet, nous ne comprenons à aucun point de vue l'avantage qu'il peut y avoir au croisement llamand-schwitz.
A. Sous-race picarde. — On la trouve surtout aux environs d'Amiens, d'Abbeville, de Péronne, de Saint- Quentin, de Beauvais et de Compiègne, dans les vallées de l'Oise et de la Somme. Selon M. A. Sanson, cette sous-race, qu'il appelle variété, se confond facilement avec la flamande sous le nom de houlonnaise.
La picarde est, à tous égards, inférieure à la flamande. Elle est plus petite, mais bien conformée, et son pelage est toujours pie-rouge ou rouge-pie. C'est une bonne laitière dont le produit n'est inférieur que de quelques centaines de litres à celui de la race dont elle dérive.
M. Aujollet prétend que la tète est grosse et que les cornes sont plus relevées. Evidemment cela dépend des familles considérées.
B. Sous-race houlonnaise. — Elle vit sur de bons pâturages. Tout en ayant un pis volumineux, elle est moins bonne laitière que la flamande proprement dite. Elle a le ventre très développé, ce qui tient à la richesse en eau des aliments. La taille est moyenne et les membres sont grêles. Le pelage est assez variable.
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C. Sous-races maroillaise, berguenarde et casseloise. — Elles doivent leurs noms respectifs aux localités où on les trouve le plus ordinairement. Elles ont, à des degrés divers, les qualités et les défauts de la souche primitive, la flamande. Elles ne différent guère que par la taille et par le pelage qui pourtant rentre dans l'ensemble des robes que nous avons déjà indiquées.
Les défauts tle la race flamande et des sous-races, qu'on devrait plutôt appeler variétés, qui en dérivent, proviennent de l'insouciance et de l'avarice des éleveurs. « Le paysan flamand, dit M. Aujollet, est très positif, donner peu et exiger beaucoup paraît être sa formule d'élevage. Le canton de liergues excepté, on ne constate aucune amélioration dans les centres de production; comment pourrait-il en être autrement? La nourriture des jeunes est toujours insuffisante, l'alimentation des mères n'est jamais en rapport avec leur rendement, aussi elle s'usent vite et leur remplacement s'impose fréquemment. »
Nous avons dit plus haut combien aussi est défectueux le système de reproduction. Tous les hons taureaux sont vendus et on ne garde que les médiocres ou mauvais par lesquels on fait saillir un grand nombre de vaches. Nous le répétons, avec une vache aussi bonne que l'est la flamande ou que le sont les variétés ou sous-races, on pourrait aisément faire des animaux parfaits par la simple sélection aidée d'une alimentation rationnelle et abondante des mères et îles jeunes.
Rat'C bretonne (fig. 20).— Cette race, que M. Sanson considère comme une variété de l'irlandaise [li. T. Hibernicus), est dolichocéphale et présente la crête du chignon en courbe ondulée. Les chevilles osseuses,
insérées haut, se détachent des frontaux obliquement de bas en haut et un peu d'arrière en avant. La face présente une légère concavité entre les orbites. Les os propres du nez sont droits. Les branches du petit sus-maxillaire étant peu arquées en dehors, il en résulte une arcade incisive petite. La face est étroite, pointue, allongée (A. Sanson).
La race bretonne est cllipométrique, longiligne, à profil droit (Rossignol et Dechambre).
Aucune race bovine n'est mieux à sa place que la race bretonne en Bretaçme.
Vache bretonne.
La vache bretonne, « utile aux riches, providence du pauvre » (Bellamy), est un joli petit animal, rustique, gai, leste, vif, gracieux, doux et caressant qui réalise, dans une large mesure, tous les bienfaits qu'on peut attendre de la vache : Abondance du lait, beurre délicieux, viande exquise.
On considère qu'il y a plutôt deux variétés de la vache bretonne que deux sous-races ou races proprement dites ; car les sujets de l'une et de l'autre ne
RACE URETONNE
diffèrent que par la taille ou le volume et par les localités qui les hébergent.
La petite variété se trouve aux environs de Vannes, sur toute la cote du département du Morbihan. C'est un pays de landes, pauvre en fourrages. Elle s'étend un peu vers le nord du Finistère. d'Ille-et-Yilaine, et des Côtcsdu-Nord. On la rencontre un peu dans la Loire-Inférieure sur la rive droite du fleuve. Dans cette variété la taille, toujours petite, ne dépasse pas 1 '",07 chez le mâle et reste souvent au-dessous de 1'", (0"',95jchez la vache A. Sanson . Il n'est pas rare de trouver des bêtes de cette variété ne pesant que 150 à 200 kilogrammes.
La tête (fig. 21) est petite, fine, mais un peu longue et sèche. Le mufle et les paupières sont noires. Rarement le mulle serait, dit-on, marbré.
Les cornes, rarement blanches dans toute leur étendue, sont noires et, dans tous les cas, toujours noires il la pointe.
Elles sont Unes, longues et gracieusement contournées en lyre et quelquefois en croissant.
Le cou est mince, déprimé à son bord supérieur (col de cerf elle/ la vache. 11 est légèrement rende chez le taureau. Il v a peu ou pas de binon. Le earrot est saillant, mince ; le dos et les rems sont droits mais un peu tranchants. La poitrine est bien développée dans toutes ses dimensions. Le corps est assez long avec les hanches larges et saillantes. La croupe est courte, tranchante dans la région du sacrum, pointue aux ischions. La queue fine,
Tète de Vache bretonne.
courte, terminée par un gros toupillon, est attachée un peu haut. Ses membres sont tins et courts, avec des épaules et des cuisses maigres. Souvent les jarrets sont rapprochés. L'onglon est petit, très solide, dur et noir.
Les mamelles sont très bien faites, prolongées en avant sous l'abdomen, bien régulièrement globuleuses, assez grosses, très souples, avec les trayons petits, rapprochés et bien disposés en carré. La peau des mamelles est très fine, presque glabre ou recouverte de poils très fins qui, dit M. Sanson, sont souvent de couleur jaunâtre.
Le pelage est noir-pie avec forte prédominance du noir. On trouve aussi des animaux rouge-pie. Les taches blanches se montrent sur les membres, sur les épaules et sur la croupe. L'extrémité de la queue est presque toujours blanche. Les connaisseurs (?) recherchent les marques en tête, avec le mufle et les paupières noires. Le pie-rouge domine sur le versant septentrional des Monts de Bretagne, le pie-noir sur le versant méridional et le gris-étourneau aux environs de Quimper (Aujollet). Le poil est court, fin et brillant.
La peau est très fine et très souple. Elle est toujours ou presque toujours noire aux ouvertures naturelles.
Dans les régions les plus fertiles, sur le littoral du Finistère, dans cette contrée appelée <c Ceinture dorée » par les Bretons, tout en conservant leurs qualités les animaux acquièrent un plus grand poids. C'est la grande variété qui est moins sobre et plus exigeante quant à la quantité et à la qualité des aliments (E. Tisse rant).