RACE BRETONNE
En considérant la petite taille de la vache bretonne, on constate un grand rendement en lait qui, d'après Bellamy et M. A. Sanson, atteindrait 1,400 à 1,800 litres par an, avec une grande proportion de beurre. M. Cornevin attribue à la bretonne une production moyenne annuelle de 1,600 litres. La matière sèche atteindrait 15 0/0 dont 5,704 de beurre (A. Sanson 1 ». Le beurre de Bretagne est d'ailleurs justement renommé. L'habitude du pays, dit M. A. Sanson, est d'estimer les vaches, non point d'après la quantité de lait, mais d'après la quantité de beurre qu'elles produisent par semaine. Cette quantité serait de 2 kilogrammes à )i kilog. 500. Le meilleur moyen d'améliorer la bretonne, à laquelle on reproche l'exiguïté, parfois excessive, île sa taille, serait de lui fournir en tout temps nue alimentation plus succulente dont elle profiterait malgré même sa sobriété. Et, au lieu d'abandonner la reproduction et les soins des veaux au hasard, il serait plus sage de la diriger avec une sélection rigoureuse des vaches et des taureaux et de soigner les veaux en leur abandonnant tout le lait des mères et ensuite en les nourrissant fortement, même pendant l'allaitement, et surtout après le sevrage
En ce qui concerne l'élévation de la taille de la race bretonne, nous avons fait une observation très significative. Nous avions acheté, au mois d'avril 1885, un lot de six vaches et un taureau bretons qui furent amenés à l'école pratique d'agriculture de La Brosse. Le lot était composé de trois vaches dont une âgée de 10 ans au moins, une seconde de (i ans et une troisième de 3 ans 1/2 à 4 ans. Les trois autres étaient génisses et âgées de 1 a ? ans.
E. Tiiiimiuv. Vaches laitières.
Les trois pre-
mières, adultes, n'ont pas changé. Les trois autres sont devenues beaucoup plus fortes. Les deux plus âo-ées nous ont donné chacune une femelle qui ont été conservées jusqu'à l'âge de 3 ans et de 4 ans. Elles sont devenues beaucoup plus fortes que leurs mères qui étaient très petites. Elles ont été de passahles laitières mais bien inférieures à leurs mères.
Depuis une douzaine d'années, M. Jules Guichard, sénateur de l'Yonne, a introduit des bretonnes dans son beau domaine de Forges, près Montereau (Seineet-Marne) ; en 1892, toutes les bêtes que j'y ai vues, bien que nées de types purs et petits, étaient considérablement grandies. Et, pour les non initiés aux caractères ethniques, elles pouvaient, à cause de la robe, 'être prises pour des hollandaises de taille moyenne.
D'après notre expérience personnelle nous considérons que dans les générations successives, la vache bretonne souvent exportée, d'un acclimatement facile et d'une remarquable longévité, qui a quitté les bords de l'Océan et de la Manche, ne se trouvant plus dans le milieu hygrométrique qui lui convient, perd une partie de ses qualités laitières en même temps que, par la taille et l'ampleur acquises, elle devient une meilleure bête de boucherie. On peut du reste dire qu'en tout cas, la viande de la bretonne est exquise.
En 1887, au Concours régional deNevers, nous avons eu occasion de voir un lot parfaitement réussi de métis durham-bretons. Tous les sujets, très grandis, avaient conservé la robe du type breton. Mais il était facile de voir l'influence du sang durham à l'examen du crâne, aux formes générales et à l'accumulation de la oraisse au maniement du cimier. La race a assez de