RACE BRETONNE
qualités par elle-même pour être conservée pure sans qu'il soit jamais nécessaire de l'altérer par l'infusion du sang durham.
Le croisement du breton par le durham donnerait-il des sujets réellement améliorés ? Nous le pensons d'autant moins que l'extrême aptitude à l'accumulation de la graisse est physiologiquement incompatible avec une production, même ordinaire, de lait.
Le bovidé breton a assez de mérite en soi pour pouvoir être amélioré par lui-même ; et son amélioration résultera nécessairement des améliorations cullurales de son pays d'origine, d'une sélection rigoureuse des reproducteurs, du long allaitement, c'est-à-dire du sevrage aussi tardif que possible, et d'une forte alimentation des jeunes.
Sous-race bordelaise. — Les animaux qu'on rencontre aux environs de Bordeaux paraissent n'être, dit M. A. Sanson, qu'une famille bretonne établie depuis longtemps dans la contrée où elle est connue sous les noms de race bordelaise et de race eouine. Les sujets de cette sous-race sont plus grands, plus développés dans l'ensemble (pie ceux de la race bretonne proprement dite.
Cette variété ou sous-race bordelaise ne serait, d'après certains auteurs, que le produit d'un croisement breton-hollandais qui aurait donné d'excellents résultats. « Sous la douce influence d'un climat maritime, d'une nourriture abondante et de soins incessants, cette sous-race s'est maintenue excellente laitière. Elle tient de la race hollandaise par la taille et l'ampleur des formes, elle emprunte à la race bretonne la finesse et la richesse du lait, et elle
6'i LES VACHES LAITIERES
rappelle les deux par son pelage pie-noir. » (Aujol-
lct.)
Pour Magne, la vache bordelaise serait également un métis breton-hollandais ayant une grande aptitude laitière. Magne considère même que cette « race » créée par croisement serait un fait démonstratif de la possibilité d'acclimater une race loin de son pays. Mais le maître ne paraît pas tenir compte, dans son appréciation, que le bordelais est un pays à climat maritime comme la Hollande et la Bretagne et que l'hygrométrie atmosphérique joue le plus grand rôle dans la production du lait ou dans l'accroissement de l'aptitude laitière.
Race comtoise. — Y a-t-il plusieurs races comtoises ou seulement une seule race dans laquelle on distingue deux principales sous-races : La sous-raee de montagne et la sous-race de plaine ? ou bien ces deux sous-races constituent-elles des races distinctes? Bien qu'il y ait des différences très tranchées et bien nettes entre les deux types comtois, quelques auteurs les décrivent comme des sous-races et d'autres comme des races particulières. Mais, tenant compte des caractères communs, M. Sanson ne distingue que deux variétés comtoises d'une grande race qu'il appelle Jurassique.
Quoiqu'il en soit, nous considérons que les différences, qui existent entre les animaux de la plaine et ceux de la montagne sont assez marquées pour qu'on étudie deux races distinctes dont, d'ailleurs, les aptitudes ne sont pas les mêmes. Dans tous les cas, cependant, les vaches de ces deux races peuvent être considérées comme d'assez bonnes laitières, bien