RACE COMTOISE
que l'une ait en outre l'aptitude au travail et l'autre une aptitude notoire à la production de la viande.
1° Race ïouiiachf, ou montbéliarde. — Cette race n'est que la variété comtoise de la race jurassique [B. T. Jurassieus) de M. A. Sanson; selon le même auteur, c'est une race braehycéphale, dont la crête du chignon est légèrement ondulée. Les chevilles osseuses du frontal se détachent horizontalement ; elles sont à hase circulaire, un peu arquées en avant à partir de la moitié de leur longueur et un peu relevées à la pointe. Le frontal présente une légère convexité entre les hases tles cornes. Les os du nez sont larges et sans dépression à leur suture avec le frontal. La branche externe du petit sus-maxillaire est arquée en dehors ; l'arcade incisive est par conséquent large. Le profil est droit, la face large, aplatie et courte.
MM. Rossignol et Deehamhrc font de la race tourachc ou « montbéliarde » une race eumétrique, bréviligne à profil convexe. Je considère qu'il faut un peu forcer la note pour trouver ce caractère de convexité de la face, soit dans h- taureau soit dans la vache de Montbéliard (fig. 22).
Le type tourache bien caractérisé présente une tète relativement courte, mais grosse avec un chiffnon couvert de poils rudes et frisés. Les oreilles sont épaisses et garnies d'un long poil rude. La bouche est grande ; les naseaux sont bruns (E. Tisserant). L'œil est vif. Les cornes, volumineuses, surtout à la hase, sont relevées vers les pointes, parfois rejetées en arrière. L'encolure est forte et courte, le garrot épais, le dos assez droit, la poitrine ronde et haute. La E. TiiitBRv. Vaches laitières. 4
croupe est un peu étroite avec les hanches prononcées. La région sacrée est saillante et l'attache de la queue élevée, au point que c'est disgracieux chez beaucoup de sujets. Les membres courts sont très forts et solides. D'ailleurs tout le squelette est volumineux et grossier. La cuisse et la fesse sont bien musclées et la région postérieure, la « culotte » des bouchers, très prononcée et convexe, fait saillie en arrière entre les ischions et les jarrets.
La peau est épaisse, dure, peu souple. Le fanon, très développé et pendant, commence a la lèvre inférieure
Fig. 22.
Vache Montbéliarde.
et s'étend en arrière de l'espace interaxillaire. Le pelage est jaune ou roussàtre avec de larges taches blanches. Le poil est hérissé et dur le long du dos.
L'ensemble de l'animal manque d'harmonie, le train postérieur paraissant très étroit relativement aux régions antérieures plus développées.
On rencontre la race tourache, race de Montbéliard, dans le département du Doubs, dans la partie montagneuse de l'arrondissement de Lure qui confine au
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Doubs et à la Haute-Alsace. On la rencontre aussi dans le Jura et dans quelques régions avoisinant les Vosges et les monts Faucilles.
La race, dont nous nous occupons, est assez bonne laitière. Elle donne jusqu'il 2,'f00 litres (Cornevin) d'un lait riche en caséine qu'on utilise dans les Fruitières , pour la fabrication des fromages de Gruvère. D'après M. A. Sanson, la production moyenne ne serait que de 1,839 litres de lait.
Les bœufs sont assez bons travailleurs, mais aussi médiocres que les vaches pour la boucherie.
Dans certaines contrées montagneuses de la Franche- Comté et en particulier dans le Jura, le type touraehe paraît un peu plus petit. Mais il est vrai de dire qu'il a été souvent amoindri par des croisements avec le schwitz.
« Cette race, dit M. Aujollet, tend à disparaître, cédant sa place aux races suisses, plus belles de formes, plus laitières et plus aptes à l'engraissement. »
L'amélioration de la race tourache par elle-même nous paraît assez difficile, étant donné le rude climat qu'elle habite. Nous ne pensons pas, comme l'a conseillé Magne, que le croisement avec la fémeline soit avantageux à moins d'élever les jeunes en stabulation.
1. Les fruitières sont des établissements, appartenante des associations de propriétaires de vaches laitières. Le lait îles vaches des membres de l'association est apporté, chaque jour, à la fruitière ou il est transformé en fromage. Il est tenu compte des apports de chacun des associés et, après la saison, quand les fromages sont vendus, le produit net, défalcation l'aile du prix de fabrication, du page du fruitier ou fromager, du local, etc., est partagé entre tous les associés au prorata de leurs apports respectifs eu lait.
Mais alors on perdrait tout le bénéfice de la rusticité qui résulte du pâturage, par tous les temps, dans la montagne et à d'assez grandes altitudes. Néanmoins une sélection plus attentive et suivie, en même temps qu'un plus long allaitement des jeunes donneraient certainement de meilleurs sujets. Malheureusement l'allaitement artificiel et le sevrage prématuré sont à peu près seuls mis en usage par le comtois.
2°, Race fémeline. — Au point de vue de la caractéristique zoologique et zootechnique, MM. A. San son, Rossignol et Dechambre placent la fémelinc à côté de la tourache dans leurs classifications respectives. En vérité, il est facile de voir dans ces deux types, de nombreux caractères communs. On sent même, a premier examen, que les différences ne proviennent que des milieux dans lesquels ils sont produits et où ils sont élevés.
Si on appelle tourache la race précédemment étudiée et fémeline celle dont nous nous occupons en ce moment, c'est a cause du peu de féminisme des femelles de celle-là qui ont toujours quelque ressemblance avec les mâles ; et parce que les mâles dans celle-ci paraissent, eux-mêmes, avoir la « vocation féminine » de MM. Rossignol et Dechambre.
La fémeline est très fine dans l'ensemble. Le corps est grand et élancé.
La tète sèche paraît un peu longue. Les cornes sont fines et souvent assez mal contournées et réjetées en dehors. Elles sont toujours blanches ou, parfois, jaunâtres dans toute leur longueur. Les oreilles sont minces. L'œil est doux. Le mufle est toujours rosé
ainsi que les
paup
îeres.