‹ Les vaches laitièresChapitre 32 sur 130 · RACE DES ILES DE LA.. MANCHE · texte numérisé non relu

RACE DES ILES DE LA.. MANCHE

pouvant donner jusqu'à 2,185 litres de lait par an (Cornevin), ce lait est extrêmement riche en crème exquise donnant un beurre toujours de qualité extrafine. Le lait, qui contient 14,00 pour 100 de matière sèche, n'a pas moins de 5,06 de Leurre.

On conçoit les rigueurs administratives d'un pays, qui possède une race bovine aussi précieuse, contre tout introducteur de bovins étrangers. Les animaux, qui seraient amenés dans les iles, seraient saisis, confisqués et l'introducteur condamne ii l'amende.

Fig. 31. — Vache Jerseyalw, pour montrer la conforauUion du pis relativement à la ligne du ventre.

Il est inutile ici de parler d'améliorations autres que celles résultant de bons soins spéciaux et d'une sélection attentive et rigoureuse.

La vache Jersyaise introduite en France sur le littoral de la Manche aurait donné, par son croisement avec la bretonne, des produits moins rustiques qu'ellemême. Nous l'avons rencontrée à l'extrême est de la France, dans l'arrondissement de Lure, à Francbevelle, chez un agronome aussi distingué qu'érudit,

M. Galmiche-Bouvier, qui vient de mourir jeune encore. C'est, en 1881 qu'il a importé des Jerseyais au pied des Monts Faucilles et jusqu'à présent ces animaux ont donné des résultats satisfaisants dans un pays de montagnes et de forêts. M. Galmiche-Bouvier vendait son beurre exquis à de grandes maisons de pâtisserie de Paris sur le pied de 3 fr. 50 à 4 fr. et plus le kilogramme.

Race (le Kerry. — C'est à proprement parler la race irlandaise de M. A. Sanson, dont nous avons indiqué les caractères à propos de la race bretonne. Nous ne nous souvenons pas avoir jamais vu de types de celle race dont la taille, le plus souvent, ne dépasse pas 90 centimètres. Nous emprunterons lu description à nos amis MM. Rossignol et Dechambrc qui en ont fait une ellipométrique, médioligne, à profil droit.

La race irlandaise du Kerry est remarquable par 1 exiguïté de sa taille et de son volume.

La robe est fauve foncé presque noir, avec le dessous du ventre plus clair, ainsi que le pourtour du mufle, des paupières, de l'anus et de la vulve. Ce pelage est celui des animaux sauvages qui vivent sous bois, c'est une robe sylvestre. Les cornes sont disposées en croissant au-dessus de la tète ; elles sont noires sur presque toute leur longueur.

La peau est souple, onctueuse, la mamelle développée.

La taille varie de m ,90 à 1 mètre.

Cette race habite les régions montagneuses et pauvres de l'Irlande ; elle est originaire des côtes occidentales de cette île.

RACE DURIJAM 107

La vache du Kerry est remarquable par son aptitude laitière; elle est la providence des pauvres populations irlandaises ; à ses autres qualités ellejoint une sobriété extraordinaire.

Race Dlirhaill [fig. 32). — Puisque certains auteurs, grands éleveurs de Durham, grands a durhamistes », MM. le marquis de Boisgelin, Grollier et d'autres prétendent qu'il y a des familles très laitières dans cette race de haute lignée aristocratique, nous sommes bien obligé de nous incliner et d'en parler ici. Aussi bien, nous avons trouvé, en arrivant à La Brosse le 1 er octobre 188?, quelques vaches Durham qui étaient véritablement de remarquables laitières tant par l'abondance que par la qualité du lait que, pourtant, ces bêtes ne conservaient pas bien longtemps, G mois au plus.

En raison de la puissance extraordinaire d'assimilation des animaux de race Durham, il est facile de concevoir que sous l'influence d'une gymnastique spéciale certaines vaches ont pu devenir bonnes laitières et transmettre, dans de certaines limites, cette aptitude par hérédité. Mais ce ne sont que des exceptions qui ne paraissent avoir aucun intérêt sérieux pour l'éleveur qui veut gagner de l'argent dans l'exploitation de la vache laitière.

Nous devons aussi, et surtout, nous occuper de la race Durham parce qu'elle a été, selon nous, trop vantée comme race améliorante ou devant améliorer toutes nos races françaises. II y a lieu de mettre les éleveurs de la petite culture en garde contre l'engouement irréfléchi des éleveurs fortunés qui ont préconisé le Durham, par dilettantisme plutôt que guidés par une saine expérience basée tout il la fois sur la science et

sur l'observation judicieuse. Qui saura jamais, à côté de déboires peu importants, les ruines amenées parle

croisement intempestif et irrationnel du Durham avec nos bonnes laitières ?

Page 1