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II. — ■ Anatomie et physiologie sommaires

Avant d'indiquer, clans un chapitre spécial, les signes qui permettent de choisir une vache au point do vue de son aptitude laitière, il nous a paru utile d'entrer dans quelques considérations anatomo-physiologiques sur l'organe essentiel de la sécrétion du lait,

A. Anatomie. — La mamelle est une glande externe

ri

en relation fonctionnelle avec l'appareil de la génération. Chargée de fournir au jeune animal un élément complet, d'une assimilation facile pour les faibles moyens

dont dispose son intestin débile, elle n'acquiert sa constitution définitive cl son aptitude sécrétoire qu'à l'époque du part.

Examinée à ce moment, la mamelle de la vache est une masse de forme variable située dans la région inguinale, occupant la place des bourses clic/, le mâle. On y distingue un corps glandulaire ou parenchyme et un appareil d'excrétion constitué' par les trayons ou tétines et les canaux qui y aboutissent.

Le corps glandulaire se compose de quatre lobes réunis deux ii deux latéralement, dans une sorte de gaine conjonctive qui prend insertion sur la tunique abdominale et concourt il la fixation de l'orcane. Cette enveloppe Gbreuse délimite aussi deux mamelles distinctes, simplement accolées par uiif de leurs laces latérales.

La peau qui recouvre la mamelle est mince, douce au toucher, parfois luisante, onctueuse, riche en glandes

sébacées et très rarement colorée. Elle est recouverte par une sortie de duvet le plus ordinairement très fin, ou parfois de poils fins et soyeux un peu plus longs, qui disparaissent, comme le duvet, à la base des tétines.

Au point de vue de la constitution intime, l'organe mammaire est une glande sébacée ïamifiéo et monstrueusement développée, dont la charpente fibro-élastique, partant de la face interne de la tunique d'enveloppe, supporte un grand nombre d'éléments identiques, sortes de renflements dichotomiques des canaux excréteurs du lait. Ces éléments sont les acini(f\g. 33).

L'acini a une paroi propre, en forme de cul-de-sac, à la surface de laquelle viennent se ramifier, en de fins capillaires, les artères de l'organe. La face interne est tapissée par plusieurs couches superposées de cellules polyédriques à granulations réfringentes, cellules dont les caractères changent de la profondeur à la surface, témoignant ainsi d'un travail accompli dans leur sein.

Chaque groupe d'acini déverse son produit dans un canal lactifère qui s'abouche avec ses voisins de façon à former un certain nombre de branches importantes ou canaux collecteurs qui s'ouvrent dans les sinus galactophorea appelés aussi citernes du luit ou réservoirs de la mamelle. Ces sinus ou citernes, au nombre de quatre, sont situés à la base de chaque trayon. Le lobule glandulaire peut aussi être comparé à une grappe de raisin dont les grains seraient des acini et dont le pédoncule ramifié serait un canal collecteur avec ses divisions lactifères.

Les citernes du lait s'abouchent directement avec le canal excréteur tapissé par une muqueuse très fine changeant peu à peu de caractères au niveau de Fou-

verturc extérieure de chaque mamelon et se confondant insensiblement avec la peau (fig. 34).

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Fio. 33. — Formation des glandes.

Un muscle lisse, véritable sphincter, ferme l'ouverture du trayon.

a, a, (/, Conduits principaux qui viennent s'ouvrir dans la cavité du télin: c, c, c, (»ranulcs glanduleux; ( / ( rf, iul>e conique du té Un présentant un certain nombre de |>lis à sa surface interne; p, ouvirlurc du létin.

Mamelon ou trayon de varie

ivert.

La mamelle est alimentée parla branche postérieure

de 1 artère honteuse externe, qui s'unit par de nombreux

rameaux à sa congénère du côté opposé et se ramifie en un très grand nombre de divisions flexueuses, assurant à l'organe une circulation et une irrigation abondantes.

Un réseau de capillaires, à mailles très serrées, fait suite aux artères, pénètre jusque dans les profondeurs de l'organe, met le sang en contact avec les éléments anatomiques. Le fluide nourricier rentre dans la circulation générale par un certain nombre de veines dont la plus importante est la sous-cutanée abdominale qui rampe à la face externe de la paroi ventrale pour se jeter dans la veine tboracique, après avoir traversé l'appendice xyphoïde du sternum par une ouverture appelée porte du lait on fontaine du lait.

B. Physiologie. - — a. Evolution. — Rudimentaire pendant le jeune âge, la mamelle ne commence à se développer qu'à la première gestation. Cependant il n'est pas rare de rencontrer de jeunes bêtes, n'ayant pas encore vêlé, présenter à la traite quelque peu de lait. Ordinairement ce fait est la conséquence des manipulations exercées par la personne préposée à la garde des animaux ou encore des succions pratiquées journellement par des bêtes du même troupeau qui contractent facilement l'habitude de teter leurs voisines. L'activité glandulaire, qui était à l'état latent, s'est éveillée sous l'influence de ce stimulus. On verra, dans un chapitre ultérieur relatif à la traite, le profit que l'homme a pu tirer de la mise en pratique des excitations externes pratiquées méthodiquement sur la mamelle. Cette glande, à l'état rudimentaire, existe aussi chez de jeunes maies qu'on a vus quelquefois donner du lait aussi bien que de jeunes femelles.

Les modifications de la mamelle, concomitantes de celles de l'appareil génital, s'expliquent facilement si l'on se rend compte que les appareils d'irrigation et d'innervation de cet organe appartiennent au système abdominal et (pie tonte fluxion sur l'utérus a son contrecoup sur la sécrétion lactée. Ces modifications se traduisent par un changement de forme, de volume et surtout de constitution. Les Acini, rares jusque-là, noyés dans une niasse de tissu fibro-élastique, prolifèrent. Leurs cellules, de rondes qu'elles étaient, deviennent polyédriques; les vaisseaux se multiplient, changent de calibre et la sécrétion commence.

Le premier lait, à propriétés purgatives, appelé colostrum, est destiné à débarrasser l'intestin du jeune des produits épithéliaux qui l'encombrent. Il est rapidement remplacé par un lait plus riche en matières grasses (beurre et en lactose (sucre de lait),

La sécrétion, une fois établie, continue pendant un temps plus ou moins long, variable avec la race, le mode d'alimentation, l'individualité, l'âge du sujet, etc.

b. Mécanisme de la sécrétion lactée. — ■ On s'est efforcé, depuis longtemps, de saisir le mécanisme de la sécrétion du lait. Mais, étant donné la composition complexe de ce liquide, ainsi que l'indique le tableau suivant de Von (ioliren :

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