‹ Les vaches laitièresChapitre 51 sur 130 · ALIMENTATION AU\ PATURAGES 1S · texte numérisé non relu

ALIMENTATION AU\ PATURAGES 1S

ries naturelles permanentes qui bordent les rivières et les fleuves. C'est là qu'on trouve les aliments les plus succulents composés, en grande partie, de graminées et de légumineuses. Les qualités de ces prairies dépendent cependant de la nature du sol et du mode d'irrigation. En Normandie, où les prés sont toujours de bonne qualité, on estime que deux hectares suffisent à bien nourrir trois vaches laitières pendant la belle saison.

Dans ce pâturage on n'a guère à redouter, comme plantes malfaisantes, que le colchique d'automne, qui est assez vénéneux, et les prêles qui peuvent donner des diarrhées. 11 est bon de noter toutefois que les vaches, d'instinct, ont soin d'éviter de brouter ces végétaux, comme elles évitent aussi les renoncules. Cependant, il y a une quinzaine d'années, j'ai constaté, dans nia clientèle, la mort de deux vaches, sur quatre, empoisonnées par la renoncule scélérate mangée dans les prés.

Si on peut impunément laisser paître, toute une journée, des vaches laitières dans des prairies temporaires composées de graminées et île quelques rares légumineuses, comme le sainfoin, la lupuliue (minette), il serait dangereux de laisser trop longtemps des animaux dans des trèfles ou des luzernes où elles seraient exposées il contracter des météorisations souvent mortelles.

La valeur des pâturages en montagne est très variable avec la nature du sol et avec l'altitude. Il faut, en moyenne, un hectare pour nourrir une vache laitière. Les graminées et les légumineuses ne représentent guère que deux cinquièmes de la flore de

ces montagnes, où dominent les ombellifères (Boitel- Cornevin).

Dans les montagnes, où les animaux séjournent plusieurs mois, où ils ne sont jamais rentrés sous des abris, les vaches, comme dans les plaines normandes, sont traites sur place.

On ne laisse jamais les animaux passer la nuit dans les bois. Il y a en effet quelque danger, malgré une active surveillance, d'en perdre quelques-uns quand le troupeau est nombreux. Ils sont d'ordinaire ramenés le soir à l'habitation toujours assez voisine.

Les pâturages en forêt sont toujours médiocres. Les végétaux y sont étiolés. On compte qu'il faut environ trois hectares de ces pâturages pour nourrir une seule vache. Les animaux sont exposés à y rencontrer des plantes vénéneuses, comme le muguet, des renonculacées, etc. Sans parler des jeunes pousses d'arbres du printemps, dont ils sont très friands, et qui occasionnent une forme d'hématurie, ou pissement de sang, parfois grave.

Malgré ces quelques inconvénients des pâturages, c'est encore là que se trouvent les meilleures conditions d alimentation.

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