ALIMENTATION A L ETA BLE
cette eau par la macération et par la cuisson, lit, à l'appui de celle opinion, le savant zootechnicien eite des faits très probants des avantages de ce mode de préparation des aliments. L'eau de macération, de cuisson ou d'infusion est elle-même consommée et contribue ii accroître la production du lait.
Tous les grains de céréales, seigle, orge, avoine et menu; blé — quand les prix de vente sont très bas — peuvent être employés à l'alimentation de la vache laitière. Dans aucun cas les grains ne doivent être ilonnés à l'état naturel. Ils ont l'inconvénient de pouvoir être déglutis sans être mastiqués et tombent, par leur propre poids, an fond du rumen il où ils sont difficilement ramenés et provoquent ainsi des embarras de ce premier estomac.
Le seigle et 1 avoine seront employés concassés ou aplatis plutôt (pie cuits. Le seigle cuit fermente rapidement, et, quand il a plus de dix-huil à vingt-quatre heures de cuisson, il peut devenir dangereux. L'avoine ne cuit pas, elle se laccornil. La macération est préférable pour ces deux grains. D'après M. le docteur Rondot et M. Cornevin, la farine d'avoine donne un goût exquis au lait.
L'orge et le blé seront donnés cuits ou simplement macérés. Mais la première eau, qui aura servi à la cuisson de l'orge, sera jetée; le péricarpe du grain renferme en effet une résine qui agit défavorablement sur le lait. L'orge peut aussi être donnée concassée ou aplatie ou même réduite eu faillie grossière. Les animaux ne s 'accommodent pas bien de la larme de blé.
Les graines de légumineuses, et particulièrement les léveroles cuites, macérées, concassées ou réduites
en farine, conviennent aux laitières. Il n'en est pas de même, d'après Kuhn, des graines de vesces et de lupin. Le pois diminue aussi la sécrétion du lait.
D'après les recherches récentes et d'une grande importance de MM. Aimé Girard et Cornevin, la pomme de terre est un excellent aliment pour la vache laitière. Nous donnons ici les conclusions, sur cette question, du travail de M. Cornevin inséré dans le Bulletin du Ministère de l'Agriculture (année 1894).
« Privées de toute nourriture autre que des pommes déterre qu'elles reçoivent à discrétion, crues et convenablement divisées, les vaches en prennent par jour environ 7 pour 100 de leur poids vif.
« Sous l'influence de ce régime exclusif, il y a élévation du rendement en lait, mais perte du poids vif; l'apparition est très nette et très remarquable.
« Les déjections sont ramollies, blanchâtres et elles renferment des granulations de fécule non attaquées par le travail digestif: il n'y a pas de sucre dans les urines.
« Les pommes de terre cuites sont bien prises par les vaches laitières ; mais quand elles sont données seules, à l'exclusion de tout fourrage, la rumination se fait mal et la digestion est entravée ; on ne peut pas persister dans ce régime.
« Qu'elle soit crue ou cuite, la pomme de terre doit être mélangée a d'autres aliments pour constituer une ration convenable au double point de vue de la production de la viande grasse et du rendement en lait.
« Ce mélange a pour résultat de favoriser les actes mécaniques et chimiques de la digestion, d'élever le coefficient de digestibilité de la pomme de terre, en