ALIMENTATION À L'ETABLE
resserrant la relation nutritive et le rapport adipoprotéique.
« J'ai constitué avec avantage, pour les vaches laitières, une ration dans laquelle la moitié, et même plus, de la matière sèche totale était fournie par la pomme de terre.
« Cette ration leur fut plus profitable (pie celle oii les tubercules n'apportaient que 22 0/0 de la matière sèche; dans celle-ci, l'augmentation de lait du début ne se maintint pas.
« Donnée crue, la pomme de terre favorise la production du lait, tandis que cuite (die pousse à la formation de la [naisse.
« Sous l'influence d'un régime à base de pommes de terre cuites, la teneur du lait en sucre s'élève notablement, mais ne persiste pas aussitôt que le régime change.
« Une expérience d'alimentation aux pommes de terre alternativement crues et cuites prolongée pendant trois mois, m'a montré constamment comme modifications qualitatives du lait: 1° une diminution de la densité, de la proportion d'extrait sec et de la caséine; 2° une augmentation du beurre et des matières minérales.
« Les conséquences pratiques de ces constatations se déduisent d'elles-mêmes pour l'introduction de la pomme de terre dans le régime des bêtes laitières, suivant (pie leur lait est vendu en nature ou que, dans la ferme, on se livre à l'industrie beurrière ou à la fabrication du fromage. »
De son coté, M. Aimé (iirard arrive ii des conclusions analogues dans ses expériences sur l'engraissement des
bœufs et des moutons avec la pomme de terre cuite ou crue. Au dernier concours général agricole (1895) du Palais de l'Industrie, on a pu voir des animaux engraissés, à la ferme de Joinville, par le procédé du savant professeur du Conservatoire des Arts et Métiers.
Un grand nombre de résidus industriels sont aussi employés à l'alimentation des vaches laitières. Les principaux sont les résidus de sucrerie, de distillerie, de féculerie, d'amidonnerie ; les sons, les fleurages, les tourteaux.
Dans les sucreries, où on n'emploie guère que la betterave, il n'est plus question aujourd'hui que des pulpes de diffusion. Le procédé, relativement nouveau, de la diffusion donne plus de produits à l'industriel que les pulpes de compression qui étaient bien meilleures que les premières pour l'alimentation du bétail.
La pulpe de diffusion, qui contient une grande quantité d'eau n'ayant aucun inconvénient pour la bête laitière, peut être donnée à la ration quotidienne de 40 îi 15 kilogrammes par tète. Mais elle ne constitue qu'une partie de la ration et doit être distribuée sous forme de mélange.
D'après les expériences, remontant à l'année 1884, faites par MM. Andouard (de Nantes) et Dezaunoy et rappelés par M. Cornevin, on peut conclure:
1 e Que la pulpe de diffusion conservée en silo et donnée à une vache à la dose de 5 kilogrammes par jour, augmente sa production eu lait de près d'un tiers;
2° Que cette nourriture n'a pas d'inlluence sensible sur la richesse du lait en caséine et en matière minérale, mais elle augmente le beurre et le sucre ;
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3° Qu'elle communique au lait une saveur spéciale et le prédispose à la fermentation acide.
Les pulpes de diffusion s'altèrent fréquemment et donnent naissance à des accidents particuliers ■ sur l'intestin. M. Rossignol père, de Melun, a eu occasion de faire de curieuses observations d'entérite causée par ces produits.
M. le docteur Ârloing, de Lyon, à la suite d'expériences assez concluantes, conseille, pour parer aux dangers de maladie causée par les pulpes conservées, de les faire sécher, ou, si on les emploie humides, d'ajouter environ I kilogramme de sel marin par 100 kilogrammes de pulpe 1 .
Si on utilise la pulpe desséchée, il faut l'humecter avec de l'eau chaude avant de la distribuer.
La drèche de brasserie, ou son de bière, est très employée pour l'alimentation delà vache laitière dont elle parait augmenter la production. Ce n'est cependant pas sans de sérieux inconvénients.
On trouve encore dans le commerce des résidus appelés drèches, provenant de l'amidonnerie, de la srlucoserie et de la distillerie de grains. Ces diverses drèches sont solides ou liquides. Dans tous les cas, elles doivent être données, comme la drèche de brasserie, en mélange avec des fourrages, des balles et des aliments concentrés, les tourteaux oléagineux par exemple.
Mais, dit M. le I) 1 ' Rondot, ces résidus, avant subi la fermentation alcoolique, doivent être considérés comme nuisibles aussi bien pour les animaux, dont ils finissent par altérer la santé, que pour les propriétés plus ou moins nocives qu'ils communiquent à leur lait. Les touraillons de brasserie, qui ne sont que les
germes de l'orge enlevés par la touraille et séchés ensuite, constituent un aliment riche, savoureux et d'une odeur agréable. Les animaux, nous en avons l'expérience-, les mangent avec plaisir. Ils ont l'avantage, d'après M. Cornevin, de neutraliser l'odeur spéciale que les crucifères donnent au lait. On peut donc les employer en mélange avec les tourteaux cpii donnent un mauvais goût au lait.
Nous avons précédemment parlé des tourteaux, nous ne reviendrons pas sur les inconvénients de certains d'entre eux. Nous dirons qu'avec ceux qui peuvent être utilisés par les laitières, on prépare des buvées chaudes, mais seulement au moment delà distribution, dans lesquelles on ajoute, avec profit, des sons, des farines inférieures de blé, des drèches, des pailles et fourrages hachés et aussi des touraillons.
Les résidus de la meunerie, sons, fleurages, remoulages, constituent tous d'excellents aliments et, ordinairement en raison de leur richesse alibile, d'un prix peu élevé. Ces matières, riches en sels, sont considérées par les laitiers comme accroissant la production du lait.
Il ne faut jamais donner les sons autrement que mouillés ou en buvées. La proportion journalière ne peut guère dépasser 4 à 5 kilogrammes pour une vache du poids de 500 kilogrammes. Ils ont l'inconvénient de provoquer des diarrhées rebelles.
Les fleurages et les farines de troisième qualité ne se donnent aussi qu'en buvées claires.
Il est encore d'autres farines de céréales, de graines de légumineuses et autres qu'il ne faut donner qu'avec ménagement et prudence.